En Amazonie péruvienne, des affrontements avec des autochtones ont coûté la vie à un policier. Ce drame s’inscrit dans un contexte plus large de «violence invisible», a dénoncé le 28 avril 2026 Mgr Cadenas Cardo, vicaire d'Iquitos. Pollution, manque de soins de santé et pauvreté affligent ces communautés.
Fin avril, durant plusieurs jours, des affrontements entre les forces de l’ordre et des populations autochtones (plus précisément le peuple Achuar de la communauté de Providencia, rapporte Vatican News) ont eu lieu le long du fleuve Corrientes, entraînant la mort d’un policier et faisant plusieurs blessés.
La zone abrite l’une des plus grandes raffineries du bassin de l’Amazone. Le conflit aurait dégénéré après que la police soit intervenue pour libérer l’équipage d’un petit pétrolier retenu en otage par des indigènes, et pour lequel une rançon avait été demandée. Dénonçant l’abandon dans lequel vit leur communauté, les preneurs d’otages ont expliqué dans leur communiqué que la rançon servirait à l’amélioration des services de santé, de l’éducation et des biens de première nécessité.
Le profit avant l’environnement
Après avoir exprimé ses condoléances aux proches de l’agent tué, Mgr Cadenas Cardo a expliqué que cette «violence visible» est à mettre en parallèle avec celle que subit depuis des années les communautés autochtones. Les déversements incessants de pétrole ont bouleversé le territoire, endommageant la flore et la faune et impactant l’approvisionnement alimentaire des communautés. Des puits abandonnés ou mal scellés ont ainsi pollué plusieurs rivières.
«Tout est lié et interconnecté», signale dans sa déclaration le vicaire qui pointe du doigt une logique économique qui privilégie le profit au détriment de la vie humaine. Les rapports indépendants sur les conséquences de l’industrie pétrolière dans la région n’ont pas été suivies de politiques publiques efficaces. «A-t-on décontaminé certains territoires? A-t-on créé des sources de revenus alternatives afin que les gens ne dépendent pas exclusivement du pétrole? Manifestement non», répond le vicaire d'Iquitos.
Pour une reprise du dialogue
Rappelant que la paix est indissociable de la justice, Mgr Cadenas Cardo a appelé tous les intervenants à «désarmer le langage», car «comprendre ne signifie pas justifier». Citant l’appel du pape Léon XIV à construire une «paix désarmée et désarmante», il a insisté sur la nécessité d’une reprise du dialogue parvenir à des solutions durables. (cath.ch/vm/lb)