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    L'Eglise réformée vaudoise (EERV) est dans la tourmente depuis quelques années suite aux accusations d'abus contre l'un de ses pasteurs | photo: la cathédrale de Lausanne, lieu emblématique de l'EERV © Lucas Maystre/Flickr/CC BY-SA 2.0

    Le théologien vaudois Daniel Marguerat fait face à des accusations d'abus

    Des accusations d’abus sexuels visant le théologien protestant vaudois Daniel Marguerat ont été relayées par le journal français Le Cri le 30 avril 2026. L’affaire, qui est associée au licenciement des deux journalistes de Protestinfo en octobre, avait déjà été révélée dans la presse romande, mais sans nommer le pasteur.

    Pour Le Cri, il s’agissait d’un «secret de polichinelle». Le quotidien Le Temps avait en effet déjà ébruité les accusations contre Daniel Marguerat en 2024. Mais le journal ne le mentionnait que comme un ‘professeur de la faculté de théologie de l’Université de Lausanne, connu pour ses ouvrages de vulgaristation’. Des indications le rendant déjà largement reconnaissable. Le journal catholique français explique avoir choisi de divulguer son nom sous le motif que le théologien est une «personnalité publique».

    Comportements inappropriés

    Le Cri relève ainsi trois signalements effectués entre 1997 et 2012. Le premier, révélé par Le Temps en 2024, concerne une plainte pour «violences sexuelles» déposée par une étudiante de la faculté de théologie de l’UNIL, alors que Daniel Marguerat y enseignait, en 1997.

    En 1999, un dossier monté par des étudiants et transmis au décanat contenait le témoignage d’un étudiant assurant avoir été embrassé de force par le professeur. Un troisième signalement remonte à l’été 2012, lorsqu’une doctorante de Daniel Marguerat avait remis à l’Eglise évangélique réformée vaudoise (EERV) un document décrivant des «comportements inappropriés» du théologien. La même année, un responsable des ressources humaines de l’université avertissait que «plusieurs étudiantes, devenues pasteures stagiaires, se sont plaintes de l’attitude de leur ancien professeur».

    Enquête avortée

    Dans Le Cri, ainsi que sur les ondes de la RTS, le théologien a contesté les accusations. Il reconnaît uniquement des gestes déplacés envers une étudiante, qu'il dit regretter. "Il y a 30 ans, on n'était pas dans l'ère MeToo. Poser sa main sur l'épaule d'une étudiante et avoir un geste de familiarité n'était pas du tout considéré comme un abus. Et ce sont des gestes de ce type-là qui m'ont été reprochés. Il n'y a eu aucune violence sexuelle", a-t-il assuré.

    Les signalements n’ont débouché sur aucune action concrète, que ce soit de la part de l’UNIL, de l’Etat de Vaud, ou de l’EERV. Une constatation qui a amené Lucas Vuilleumier et Anne-Sylvie Sprenger, alors journalistes de l’agence de presse protestante romande Protestinfo, à lancer une enquête sur le sujet, dès 2024. Ils ont notamment investigué sur de possibles collusions entre Daniel Marguerat et des personnalités dirigeantes de l’EERV. L’Eglise vaudoise est membre de la Conférence des Eglises romandes (CER), qui est l’employeur de Protestinfo. Mais, en octobre 2025, l’enquête a été brutalement interrompue par le licenciement des deux journalistes.

    Une affaire qui a pris de l’ampleur

    Anne-Sylvie Sprenger et Lucas Vuilleumier ont immédiatement reçu un important soutien. Certains ont imputé leur mise à l’écart à une volonté de faire avorter une enquête qui aurait pu être embarrassante pour l’Eglise réformée vaudoise. Une accusation démentie par les milieux concernés, pour lesquels le licenciement était dû à une «rupture de confiance» résultant des méthodes d’investigation des journalistes.

    L’affaire a pris une grande ampleur, suscitant même, en novembre 2025, une demande de réintégration des deux journalistes de la part de la Plateforme du Conseil de l’Europe pour la sécurité des journalistes. La démarche a été suivie début mars 2026 d’une interpellation du conseiller national Olivier Feller demandant à la Confédération de clarifier sa position dans «l’affaire Protestinfo».

    La CER a décidé en novembre 2025 de créer une commission chargée de faire la lumière sur les licenciements. Elle doit rendre ses conclusions en juin 2026. A noter qu’aucune plainte pénale n’a été déposée contre Daniel Marguerat et que ce dernier est présumé innocent. (cath.ch/lecri/rts/arch/rz)

     

     

     

     

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