Rome, 10 mars 2015 (Apic) Le président de la Conférence des évêques de France (CEF), Mgr Georges Pontier a exprimé sa très vive inquiétude face au projet de loi 'Laborde' «visant à étendre l’obligation de neutralité à certaines personnes ou structures privées accueillant des mineurs et à assurer le respect du principe de laïcité». Il y voit l’inspiration manifeste d’une méfiance vis-à-vis des religions dont il faudrait protéger les mineurs.
Entre-temps la présentation de la loi 'Laborde' devant l’Assemblée nationale française agendée au 12 mars a été reportée au 12 mai 2015, a indiqué à l''Apic le directeur adjoint de la communication de la CEF. Mais ce report, pour des raisons visiblement électorales à la veille des élections départementales, ne change rien à la question. Face à ce texte, la CEF souligne que lier le respect de la neutralité à la nature du financement est un dévoiement de la lettre comme de l’esprit de la loi de 1905 qui régit la laïcité française.Vers une société vidée de toute référence religieuse ?Dans un communiqué, les évêques français dénoncent fermement "une nouvelle attaque qui cherche non plus seulement à reléguer les religions dans la sphère privée mais dorénavant à les cacher en les faisant disparaître progressivement de tout lieu de vie sociale"."En minant ainsi peu à peu, insidieusement, notre modèle de laïcité, ce n’est pas un Etat laïc qu’on veut garantir mais promouvoir une société vidée de toute référence religieuse. Nous ne pouvons l’accepter; cela ne correspond en rien à la réalité de notre société", dénonce vigoureusement Mgr Pontier. (apic/com/mp)