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    Au Cameroun, la population civile est la première victime des combats et de la répression © Caritas Internationalis

    Cameroun: les évêques préoccupés par la montée du tribalisme

    Les évêques du Cameroun ont réaffirmé leur vive préoccupation, le 10 décembre 2019, dans une lettre pastorale, face à la montée en puissance du tribalisme dans leur pays, qui est confronté depuis trois ans à un conflit sécessionniste meurtrier dans les régions anglophones du sud-ouest.

    «Force est de constater que la racine principale du tribalisme dans notre pays s’enlise dans les intérêts politiques de quelques citoyens véreux qui instrumentalisent et exacerbent le sentiment tribal des faibles afin de contrôler le pouvoir», a dénoncé la Conférence épiscopale nationale du Cameroun (CENC) dans le document publié sur internet.

    «Il ne s’agit donc nullement de l’amour de la tribu ni de la protection du

    groupe auquel ils appartiennent, mais de la volonté d’utiliser des ruses pour

    faire diversion et ensuite se positionner pendant que les pauvres et démunis se

    battent entre eux».

    Appelés à vivre ensemble

    Les évêques ont relevé que phénomène de la haine, du tribalisme et de la

    stigmatisation éthique se sont invités dans le débat public. Ils avaient déjà

    évoqué «la dégradation du tissu social» dans une lettre pastorale publiée en 1996.

    La déclaration, signée de Mgr Abraham Komé, évêque de Bafang et président de la CENC, souligne que le phénomène du tribalisme a refait surface «pendant et après la dernière élection présidentielle» de 2018. Depuis, «nous assistons à une dégradation croissante et hautement préoccupante du climat social». Cette dégradation se manifeste par «des attitudes, des paroles et des comportements susceptibles de dégénérer en conflits tribaux encore plus dévastateurs». «Nous sommes appelés à vivre ensemble et donc, à nous ouvrir à l’universel, à tout homme et à toute femme au-delà de ses origines», ont encore indiqué les évêques.

    Long règne du président Biya

    Le long règne du président Paul Biya, au pouvoir sans partage depuis 1982, et ses conséquences ont fini par créer une frustration. Celle-ci s’est manifestée depuis la victoire du président Biya à l’élection présidentielle de 2018. Pour ses détracteurs, lui et son parti s’appuient sur leurs clans pour diriger le pays. Ses partisans contestent et rejettent ces accusations.

    Pour Ernesto Yene, acteur de la société civile, «la population ne doit pas

    tomber dans le piège politique. Lorsqu’on veut déjà conserver ou acquérir le

    pouvoir, on a toujours une tendance facile à s’appuyer sur le village, le

    groupe ou sur la tribalité», a-t-il souligné sur le site La Voix de l’Afrique.

    Pour montrer sa bonne foi, le gouvernement a décidé de légiférer sur la question. Il a déposé, en novembre dernier à l’Assemblée nationale, un projet de loi visant à faire du tribalisme un délit. Le texte, encore à l’étude par les députés, prévoit des sanctions contre les auteurs d’offense à une tribu et d’incitation à la haine tribale. Ils seront poursuivis et condamnés jusqu’à deux ans de prison ferme et à une amende de plus de 5000 francs. (cath.ch/ibc/bh)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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