Le frère carme déchaussé polonais Grzegorz Gawel, incarcéré au Bélarus depuis septembre 2025 sous l’accusation d’«espionnage», a été libéré, ainsi quatre autres personnes, dont le journaliste Andrzej Poczobut, lauréat du prix Sakharov en 2025.
Le religieux âgé de 28 ans a été libéré le 28 avril au Bélarus, dans le cadre d’un échange avec la Pologne, ont annoncé ses confrères de la province polonaise de l’ordre des Carmélites déchaussés. Selon les Carmélites, le frère Gawel «a désormais besoin de temps pour se reposer après cette expérience difficile».
L'échange de prisonniers s'est déroulé dans le cadre du «format 5 pour 5», qui prévoit l'échange de cinq personnes condamnées pour espionnage au Bélarus et en Fédération de Russie contre cinq citoyens russes et du Bélarus détenus dans divers pays de l'Union européenne. La partie du Bélarus a remis à la Pologne, entre autres, outre le Père Gawel, le journaliste Andrzej Poczobut, qui purgeait une peine de huit ans de prison pour avoir couvert une manifestation contre le gouvernement, ainsi que l’entrepreneur polonais Tomasz Bieroza, condamné à 14 ans.
La Russie a quant à elle transféré deux officiers des services secrets moldaves. Du côté européen, les cinq personnes échangées sont Alexander Belan, condamné en Moldavie pour trahison et ancien chef adjoint du Service d’information et de sécurité moldave, Uladzislau Nadzeika, détenu en Pologne pour espionnage, et l’archéologue russe Alexander Butyagin, dont l’extradition avait été demandée par l’Ukraine pour «fouilles illégales» en Crimée occupée, ainsi que la citoyenne russe Nina Popova, épouse d’un fonctionnaire. Le nom du cinquième individu échangé, un agent des services secrets, n’a pas été divulgué, rapporte Vatican News.
Deux prêtres libérés en novembre 2025
En novembre dernier, deux prêtres ont été libérés au Bélarus: le Père Henryk Akalotovich, curé de l'église Saint-Joseph à Valozhyn, et Andrzej Yuchniewicz, des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée (OMI) en service au sanctuaire diocésain de Notre-Dame de Fatima à Shumilino. Ils étaient accusés de divers délits et détenus depuis au moins deux ans.
La diplomatie de Rome, qui se développe en toute discrétion, obtient ainsi des résultats tangibles, notamment suite au déplacement en octobre 2025 du cardinal Claudio Gugerotti, préfet du Dicastère pour les Églises orientales, mandaté par le pape Léon XIV. Selon la Conférence épiscopale de Biélorussie, cette visite aurait donné une impulsion positive à d’autres contacts qui ont abouti à la décision du président Loukachenko, «en signe de miséricorde et de respect pour le pape», de gracier et de libérer deux prêtres catholiques détenus.
Reprise du dialogue
À cette occasion, la Conférence épiscopale du Bélarus a souligné «la reprise du dialogue entre la République du Bélarus et les États-Unis, ainsi que le renforcement des contacts avec le Vatican». En Biélorussie, pays à 83 % orthodoxe et où les catholiques ne représentent qu’environ 6 % de la population, d’autres religieux sont toujours emprisonnés continuent de susciter l’inquiétude. Deux prêtres de nationalité bélarusse sont actuellement incarcérés au Bélarus: l’un est de rite latin et l’autre de rite grec. (cath.ch/vaticannews/be)