Le programme actualisé du pape en RDC et Soudan du Sud
Le pape François effectuera son 40e déplacement à l’étranger depuis son élection en Afrique, du 31 janvier au 5 février 2023. Il visitera d’abord la République démocratique du Congo (RDC), atterrissant à Kinshasa le 31 janvier.
Le programme actualisé du pape en RDC et Soudan du Sud
Quand le pape embrassa les pieds des chefs ennemis du Soudan du Sud
Au Congo, Jean Paul II avait soutenu une Église «africanisée»
Pourquoi le pape va-t-il au Soudan du Sud?
RDC: le pape rencontrera des victimes d'exactions
Dans les coulisses du voyage du pape en RDC
Les sept plaies du Soudan du Sud
"Le monde nous a oubliés", alerte l'évêque de Goma
La RDC: le plus grand pays catholique d’Afrique
RDC: les paroisses de Kinshasa se mobilisent pour la venue du pape
Sant'Egidio encourage le Soudan du Sud à la paix
Quand catholiques et anglicans évangélisaient le sud du Soudan
Une marée humaine accueille le pape pour la messe à Kinshasa
Kinshasa: le pape appelle à une «grande amnistie du cœur»
RDC: le pape choqué par le témoignage des victimes des conflits
RDC: le pape invite à donner «de la voix à ceux qui n'en ont pas»
Les jeunes Congolais invités à se dresser contre la corruption
Le pape convoque les chefs soudanais au tribunal de l'histoire
Soudan du Sud: le pape demande aux religieux de «soutenir le peuple»
Soudan du Sud: le pape appelle à protéger les femmes
Le pape invite les catholiques sud-soudanais à refuser la violence
Le pape confie à Marie «la paix dans tout le continent africain»
Le programme actualisé du pape en RDC et Soudan du Sud
Le pape François effectuera son 40e déplacement à l’étranger depuis son élection en Afrique, du 31 janvier au 5 février 2023. Il visitera d’abord la République démocratique du Congo (RDC), atterrissant à Kinshasa le 31 janvier.
Le programme actualisé du pape en RDC et Soudan du Sud
Le pape François effectuera son 40e déplacement à l’étranger depuis son élection en Afrique, du 31 janvier au 5 février 2023. Il visitera d’abord la République démocratique du Congo (RDC), atterrissant à Kinshasa le 31 janvier.
Quand le pape embrassa les pieds des chefs ennemis du Soudan du Sud
Le pape François à genoux devant les responsables du Soudan du Sud, leur embrassant les pieds pour appuyer sa supplication de paix. Une image hors du commun, qui a pris tout le monde par surprise et qui a marqué les esprits, le 11 avril 2019, au Vatican.
Au Congo, Jean Paul II avait soutenu une Église «africanisée»
En se rendant en République démocratique du Congo, du 31 janvier au 3 février 2023, le pape François marchera sur les pas de son prédécesseur Jean Paul II.
Pourquoi le pape va-t-il au Soudan du Sud?
Du 3 au 5 février 2023, le pape François se rendra dans un pays peu connu du continent africain, le Soudan du Sud. Ce déplacement historique aux fortes dimensions diplomatiques et œcuméniques se veut d’abord une réponse à la soif de paix du peuple sud-soudanais.
RDC: le pape rencontrera des victimes d'exactions
Durant son voyage en République démocratique du Congo (RDC) (31 janvier-3 février 2023), le pape François doit rencontrer à Kinshasa des personnes victimes des violences à l’est du pays. Mgr Melchisédech Sikuli, évêque du diocèse de Butembo-Beni, raconte la situation tragique de sa région où les att...
Dans les coulisses du voyage du pape en RDC
Deux diplomates chevronnés, Ettore Balestrero et Deogratias Ndagano, l’un nonce, l’autre ambassadeur, ont été au cœur des préparatifs du voyage du pape en République démocratique du Congo (RDC). Diego Giovani peaufine la liturgie et George Jacob Koovakad gère notamment la logistique et la sécurité.
Les sept plaies du Soudan du Sud
C’est un peuple profondément meurtri et désillusionné par une guerre civile et d'autres conflits armés qui paraissent sans fin que va rencontrer le pape François du 3 au 5 février 2023 au Soudan du Sud. De cette visite, les Soudanais du Sud n’attendent rien de moins qu’un miracle: celui d’une réconc...
"Le monde nous a oubliés", alerte l'évêque de Goma
À 57 ans, Mgr Willy Ngumbi Ngengele est l’évêque de Goma, un diocèse situé au cœur d’un conflit qui ravage la région du Nord-Kivu (Congo RDC).
La RDC: le plus grand pays catholique d’Afrique
Le pape François s’apprête à se rendre pour la première fois de son pontificat en République démocratique du Congo, du 31 janvier au 3 février 2023. Selon les chiffres communiqués par le Saint-Siège*, le pays compte plus de 52 millions de catholiques, soit près de la moitié de la population de ce pa...
RDC: les paroisses de Kinshasa se mobilisent pour la venue du pape
A quelques jours de l’arrivée du pape François en République démocratique du Congo (RDC), le 31 janvier prochain, les paroisses de Kinshasa, la capitale, se mobilisent aussi bien dans la prière que pour l’accueil du Saint-Père. A Ste Thérèse-de-Ndjili, Ste-Anne et Sacré-Cœur de Gombé ou encore Elim...
Sant'Egidio encourage le Soudan du Sud à la paix
En 2020, la signature de la 'Déclaration de Rome’ entre les différentes factions a constitué une avancée tangible pour déplacer la confrontation du terrain militaire au terrain politique. C'est ce qu'explique à I.MEDIA Paolo Impagliazzo, secrétaire général de Sant’Egidio et artisan de la médiation p...
Quand catholiques et anglicans évangélisaient le sud du Soudan
L’histoire du christianisme au Soudan du Sud remonte au VIe siècle déjà. Mais sa véritable implantation débute au XIXe siècle, avec l’arrivée des missionnaires comboniens et des anglicans, relate l’agence missionnaire vaticane Fides.
Une marée humaine accueille le pape pour la messe à Kinshasa
Au deuxième jour de sa visite à Kinshasa, le 1er février 2023, le pape François célèbre une messe à l’aéroport Ndolo de Kinshasa devant plus d’un million de fidèles dans une chaude ambiance.
Kinshasa: le pape appelle à une «grande amnistie du cœur»
Jésus «connaît tes blessures, il connaît les blessures de ton pays, de ton peuple, de ta terre!» a déclaré le pape François à une foule de plus d’un million de fidèles congolais lors de la messe célébrée à l’aéroport Ndolo de Kinshasa le 1er février 2023.
RDC: le pape choqué par le témoignage des victimes des conflits
À la nonciature apostolique de Kinshasa, le pape a écouté les horreurs subies dans leur chair par les victimes des violences à l’Est de la RDC, le 1er février 2023. Visiblement marqué par ce qu’il venait d’entendre et de voir, il a dénoncé les mécanismes ethniques et économiques qui ont plongé cette...
RDC: le pape invite à donner «de la voix à ceux qui n'en ont pas»
«Le pouvoir est un service», a déclaré le pape François devant des représentants d’associations caritatives catholiques de la République démocratique du Congo (RDC), reçus dans la nonciature de Kinshasa le 1er février 2023.
Les jeunes Congolais invités à se dresser contre la corruption
«Indignez-vous, sans jamais céder aux flatteries, séductrices mais empoisonnées, de la corruption», a demandé le pape François. Il s’adressait aux milliers de jeunes Congolais rencontrés le 2 février 2023 au stade des Martyrs de Kinshasa.
Le pape convoque les chefs soudanais au tribunal de l'histoire
«Les générations futures honoreront ou effaceront la mémoire de vos noms en fonction de ce que vous faites maintenant», a prévenu le pape François dans un discours extrêmement sévère à l’égard des autorités du Soudan du Sud réunies au Palais présidentiel de Djouba, le 3 février 2023.
Soudan du Sud: le pape demande aux religieux de «soutenir le peuple»
«Nous ne pouvons pas rester neutres face à la douleur causée par les injustices et les violences, car là où une femme ou un homme est lésé dans ses droits fondamentaux, le Christ est offensé», a déclaré François pour sa deuxième prise de parole au Soudan du Sud.
Soudan du Sud: le pape appelle à protéger les femmes
Lors d’une rencontre avec des déplacés internes durant laquelle a été rappelée l’urgence humanitaire au Soudan du Sud, le 4 février 2023, le pape François a renouvelé son appel aux dirigeants pour que le processus de paix reprenne et que la population puisse retrouver une vie digne.
Le pape invite les catholiques sud-soudanais à refuser la violence
«Déposons les armes de la haine et de la vengeance pour embrasser la prière et la charité», a exhorté le pape François lors de la messe célébrée à Djouba, la capitale du Soudan du Sud, le 5 février 2023, au dernier jour de sa tournée en Afrique.
Le pape confie à Marie «la paix dans tout le continent africain»
«Que l’espérance et la paix demeurent au Soudan du Sud!», a lancé le pape François au terme de la messe célébrée à Djouba devant les plus de 100’000 fidèles rassemblés au mausolée John Garang.
Le programme actualisé du pape en RDC et Soudan du Sud
Le pape François effectuera son 40e déplacement à l’étranger depuis son élection en Afrique, du 31 janvier au 5 février 2023. Il visitera d’abord la République démocratique du Congo (RDC), atterrissant à Kinshasa le 31 janvier. Puis il se rendra le 3 février à Djouba, la capitale du Soudan du Sud.
Pour ce voyage de 6 jours, le pape parcourra en tout 12’630 kilomètres en avion, soit près de 17h30 de vol. En RDC, le voyage se déroulera sur le même fuseau horaire que celui de Rome ou de Paris (+1h UTC). À Djouba (+2h UTC), il sera une heure de plus qu’à Rome ou à Paris.
Au cours de son périple africain, le pape prononcera dix discours, deux homélies et un angélus. Dans chacun des pays visités, il rencontrera en privé les jésuites de la région.
Mardi 31 janvier
Le pape François partira de l’aéroport de Rome Fiumicino à 08h10 (+1h UTC) pour un voyage de 6h50 à bord d’un A359 affrété par la compagnie italienne ITA Airways. L’avion survolera l’Italie, la Tunisie, l’Algérie, le Niger, le Tchad, la République centrafricaine, le Cameroun, la République du Congo et la RDC. Il atterrira à 15h à l’aéroport international Ndjili de Kinshasa, où une courte cérémonie d’accueil est prévue avec la présence notamment du Premier ministre congolais, Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge.
C’est en papamobile que le pape accomplira en partie les 25 kilomètres qui séparent l’aéroport du Palais de la nation, résidence officielle du président de la RDC – et ancienne résidence du gouverneur général belge à Léopoldville. À 16h30 débutera une courte cérémonie de bienvenue qui se poursuivra par un entretien à huis clos avec Félix Tshisekedi, président de la RDC depuis janvier 2019.
À 17h30, le pape François prononcera le premier discours de son voyage en s’adressant aux autorités politiques et religieuses du pays, au corps diplomatique et à la société civile réunis dans les jardins du Palais de la nation. Environ 1’000 personnes seront présentes. Un discours du président Tshisekedi précédera la prise de parole du pape.
À l’issue de l’événement, le pontife de 86 ans sera conduit à la nonciature apostolique en voiture. Située à 750 mètres du Palais présidentiel, la nonciature se trouve au nord de la capitale, à quelques centaines de mètres du fleuve Congo qui marque la frontière avec le Congo Brazzaville. Le pape y logera les 3 nuits.
Mercredi 1er février
À 9h30, le pape célébrera la première messe publique de son voyage au cours de laquelle il prononcera une homélie. La messe aura lieu sur le tarmac de l’aéroport «Ndolo», à l’est de la ville et devrait rassembler plusieurs centaines de milliers de personnes. Certaines sources locales parlent d’ores et déjà d’1,5 million de fidèles attendus. Avant la célébration, le pape fera un tour en papamobile accompagné du cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa. La messe sera célébrée pour les diocèses du pays, la paix et la justice, selon le missel romain. La célébration eucharistique se fera en français et en lingala.
Après un déjeuner en privé à la nonciature, le pape recevra à 16h30 des victimes des conflits à l’Est de la RDC, dans le salon de la représentation apostolique. Après avoir écouté une série de témoignages, il prononcera un discours.
Dans la version initiale du voyage en Afrique prévu en juillet, le pontife devait faire un aller-retour en avion pour rejoindre la ville de Goma, à l’extrême Est du pays, pour célébrer une messe dans un camp de déplacés et rencontrer des victimes des violences. Pour des raisons de sécurité, cette étape a été supprimée du programme et remplacée par cette rencontre.
En début de soirée, à 18h30, le pape retrouvera à la nonciature des représentants d’associations caritatives en RDC. François prononcera le dernier discours de sa journée et dînera en privé à 19h30.
Jeudi 2 février
À 9h30, le pape, qui aura célébré la messe en privé à 7h, rencontrera des jeunes et des catéchistes dans le stade des Martyrs. 80’000 jeunes devraient y être présents selon nos informations. Après un tour en papamobile, le pape prononcera un discours.
De retour à la nonciature à 10h45, le pape déjeunera en privé puis recevra la visite du Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde Kyenge, en poste depuis février 2021.
À 16h30, il retrouvera pour une rencontre de prière les prêtres, diacres, religieux et séminaristes du pays, dans la cathédrale Notre-Dame du Congo, dans le centre-nord de Kinshasa. L’édifice a été construit en 1947, quand le pays était encore sous domination belge.
En début de soirée, à 18h30, il réunira à la nonciature apostolique les membres de la Compagnie de Jésus du pays pour une rencontre privée. Le pape François, ancien provincial des jésuites d’Argentine, a instauré cette tradition de retrouver les membres de la Compagnie du pays qu’il visite. Habituellement, les échanges entre le pape et les jésuites locaux paraissent quelques semaines plus tard dans la revue jésuite La Civiltà cattolica.
Vendredi 3 février
Après avoir célébré une messe en privé à 6h30, le pape rencontrera à 8h30 les quelque 55 évêques de RDC au siège de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO). Il prononcera devant eux son dernier discours en RDC.
À 10h10, il sera attendu à l’aéroport international Ndjili de Kinshasa pour une courte cérémonie de congé en présence du président de la République. Le pape s’envolera ensuite à bord du même A359 affrété par la compagnie ITA Airways pour un vol d’une durée de 3h20 durant lequel il survolera l’Ouganda.
L’avion papal atterrira à 15h (+2h UTC) à l’aéroport international de Djouba. Là, l’archevêque de Canterbury Justin Welby et le modérateur de l’Assemblée générale de l’Église d’Écosse Iain Greenshields monteront à bord de l’avion pour saluer le pape.
Passée la courte cérémonie de bienvenue sur le tarmac de l’aéroport où le président de la République Salva Kiir sera présent, le pape sera attendu à 15h45 au Palais présidentiel pour une rencontre formelle avec ce même président, en poste depuis la création du pays en 2011. Une photo doit avant avoir lieu avec le président et les trois leaders chrétiens.
Durant l’entretien entre le pape et Salva Kiir seront parallèlement réunis dans une salle les vice-présidents du pays, l’archevêque de Canterbury et le modérateur de l’Église d’Écosse ainsi que le cardinal secrétaire d’État Pietro Parolin, le préfet du dicastère pour la Promotion de l’unité des chrétiens – le cardinal Kurt Koch -, le substitut de la secrétairerie d’État Mgr Edgar Peña Parra, le secrétaire pour les Rapports avec les États Mgr Gallagher et puis le nonce apostolique dans le pays.
Au terme de leur rencontre, le pape et le président rejoindront le groupe. Parmi les vice-présidents réunis figure Riek Machar, un opposant de Salva Kiir. En 2019, au Vatican, le pape François s’était mis à genou devant lui et le président Salva Kiir pour les supplier d’œuvrer pour la paix.
À 17h, le pape prononcera son premier discours au Soudan du Sud en s’adressant aux autorités, à la société civile du pays et au corps diplomatique réunis dans le jardin du Palais présidentiel.
Le pape sera ensuite conduit dans la nonciature apostolique du pays, temporairement installée dans le quartier de Tong Ping, la zone des ambassades. Une nouvelle nonciature – dont la première pierre a été bénie en juillet 2022 – doit être prochainement inaugurée. Le pape dînera en privé à 18h.
Samedi 4 février
À 9h, le pape, qui aura célébré la messe en privé à 7h, retrouvera les évêques, prêtres, diacres, religieux et séminaristes du pays dans la cathédrale Sainte Thérèse, construite en 1952 et située au sud-est de la capitale, non loin du Nil blanc, le fleuve qui borde la ville.
À 11h, le pape rencontrera les jésuites du pays à la nonciature apostolique puis déjeunera en privé à 12h.
À 16h30, le pape prononcera un discours devant des personnes «déplacées internes», au «Freedom Hall», un complexe situé au centre de la capitale et qui peut accueillir 2’000 personnes. Dans le programme initial du voyage prévu en juillet 2022, le pape devait visiter les personnes déplacées internes du «IDPs Camp» de Djouba. Cette étape a donc été modifiée. En janvier 2022, environ 33’000 personnes étaient comptabilisées dans les camps de Djouba pour déplacés internes, soit 2’000 de plus comparé à l’année précédente.
Enfin, à 18h, le pape participera à une prière œcuménique au Mausolée «John Garang» de Djouba et prononcera le dernier discours de son voyage. C’est dans ce mausolée qu’est enterré le grand inspirateur de l’indépendance du Soudan du Sud, reconnu officiellement comme pays par les Nations unies en 2011.
Justin Welby, archevêque de Canterbury et le révérend Iain Greenshields, modérateur de l’Église presbytérienne d’Écosse, seront à ses côtés et prendront également la parole.
Dimanche 5 février
À 8h15, le pape François fera un tour en papamobile devant le Mausolée «John Garang» de Djouba où il célèbrera une messe à 8h45. Il prononcera une homélie devant quelque 53’000 fidèles puis, à la fin de la messe, récitera la prière de l’Angélus.
À 11h, il participera à une courte visite de congé à l’aéroport international de Djouba où sera présent le président du pays. Il quittera le Soudan du Sud à 11h30. À bord de l’avion seront présents l’archevêque de Canterbury Justin Welby et le Modérateur de l’Assemblée générale de l’Église d’Écosse Iain Greenshields.
Au terme de 7 heures de vol, l’avion de la compagnie ITA Airways se posera à l’aéroport de Rome Fiumicino à 17h15 après avoir survolé le Soudan, l’Égypte, la Grèce. Durant le voyage, le pape accordera, comme à son habitude, une conférence de presse devant les journalistes accrédités pour ce voyage – dont un de l’agence I.MEDIA. A priori, Justin Welby et Iain Greenshields participeront aussi à ce temps d’échange avec les médias.
À son retour à Rome, le pape pourrait faire un détour par la basilique romaine Sainte-Marie-Majeure pour rendre grâce pour son voyage, comme il le fait traditionnellement. (cath.ch/imedia/hl/ic/rz)
Articles les plus lus
20/04/2026 - 16:05
Le nombre de paroisses réformées dans le canton de Vaud sera divisé par trois
Le nombre de paroisses de l’Église évangélique réformée vaudoise (EERV) doit passer de 86 à environ 30 d’ici 2029.
22/04/2026 - 19:00
"En Suisse, il y a une forte augmentation des demandes d'exorcisme"
En Suisse romande comme en Europe et aux États-Unis, le nombre de personnes se disant possédées ne cesse de croître, tout comme les demandes d’exorcisme. La possession serait-elle un simple trouble psychique? Une croyance teintée d’obscurantisme? La psychanalyste Marie Renaud-Trémelot répond.
23/04/2026 - 19:00
Léon XIV, un lion qui n’hésite pas à rugir
La tournée africaine qui s’achève ce 23 avril 2026 a agi comme un révélateur, imposant la stature internationale de Léon XIV et dévoilant des facettes jusque-là méconnues de son pontificat. Par ses paroles fermes dans chacun des quatre pays visités, Léon XIV est apparu comme ‘un lion qui sait rugir...
Quand le pape embrassa les pieds des chefs ennemis du Soudan du Sud
Le pape François à genoux devant les responsables du Soudan du Sud, leur embrassant les pieds pour appuyer sa supplication de paix. Une image hors du commun, qui a pris tout le monde par surprise et qui a marqué les esprits, le 11 avril 2019, au Vatican. Retour sur les circonstances de ce geste du pape François, qui s’apprête à retrouver à Djouba le 3 février 2023 les deux dirigeants ennemis, Salva Kiir et Riek Machar.
Avril 2019. Le Vatican s’apprête à vivre un événement atypique: une retraite spirituelle à la tonalité diplomatique et œcuménique pour rapprocher les leaders ennemis du Soudan du Sud. Le jeune pays est en effet traversé par une grave crise politique et ethnique depuis sa création en 2011 – la guerre civile y a fait 400’000 morts et 4 millions de réfugiés et de personnes déplacées – et le Saint-Siège n’épargne pas ses efforts pour la réconciliation.
Un esprit de respect et de confiance
Cet événement, organisé les 10 et 11 avril par la Secrétairerie d’État et le Bureau de l’archevêque de Cantorbéry, a pour objectif d’offrir une «occasion propice à la réflexion et à la prière, ainsi qu’à la rencontre et à la réconciliation, dans un esprit de respect et de confiance». Y sont venus notamment le président catholique Salva Kiir, en poste depuis 2011 et le chef rebelle presbytérien Riek Machar, son principal opposant – devenu vice-président du pays depuis la formation d’un gouvernement d’union nationale en 2020.
Au terme de cette retraite prêchée par Mgr John Baptist Odama, archevêque de Gulu (Ouganda), et le père Agbonkhianmeghe Orobator, président de la Conférence des supérieurs majeurs d’Afrique et de Madagascar, le pape François et l’archevêque de Cantorbéry Justin Welby, côte à côte, exhortent les leaders à faire la paix. Concluant la rencontre, Salva Kiir et Riek Machar signent un engagement commun pour avancer vers une pacification de leur nation.
C’est alors que, prenant ses collaborateurs de court et faisant fi de tout protocole, le pape François se dirige vers les deux hommes politiques et se met à genoux devant eux, leur baisant les pieds, dans une attitude de supplication, provoquant une certaine sidération autour de lui. «Devant le peuple, [ayez] les mains jointes. (…) Permettez-moi de vous demander cela du fond du cœur, de mes sentiments les plus profonds», implorait-il quelques instants auparavant.
Un geste «prophétique»
Presque quatre ans plus tard, Paolo Impagliazzo, secrétaire général de Sant’Egidio et responsable de la médiation menée par la communauté au Soudan du Sud, y voit un geste «prophétique». Cette initiative de François a été reçue de deux façons, note-t-il: d’abord «avec un grand étonnement, comme si le pape représentait le peuple sud-soudanais qui demandait la paix aux leaders». Ainsi ceux, «qui n’ont pas de voix, ont trouvé leur propre voix dans le pape».
Cependant, certains n’ont «pas immédiatement compris pourquoi un pape devait s’incliner, baiser les pieds de ces leaders», constate encore Paolo Impagliazzo. Ceux-là n’ont réalisé que plus tard «la portée de ce geste, et se sont sentis renforcés».
Afin de donner un horizon positif concret aux leaders du Soudan du Sud, le pape François a exprimé à maintes reprises son souhait de se rendre dans le jeune pays une fois que le conflit serait réglé et que la situation serait plus stable.
Le 24 décembre 2020, puis le 9 juillet 2021, à l’occasion du 10e anniversaire de l’indépendance du pays, dans des messages cosignés avec l’archevêque de Cantorbéry et le modérateur de l’Église d’Écosse, le pape encourageait les dirigeants à «faire des efforts encore plus importants».
Le pontife n’a cessé, ces dernières années, de réitérer son souhait de visiter le pays. Un vœu qui devrait donc bientôt être réalisé. Dès son arrivée au Soudan du Sud, le 3 février, le pape se rendra au palais présidentiel pour rencontrer en privé le président Salva Kiir, puis, dans la foulée, le vice-président Riek Machar. Il fera ensuite un discours aux autorités. (cath.ch/imedia/ak/bh)
Articles les plus lus
20/04/2026 - 16:05
Le nombre de paroisses réformées dans le canton de Vaud sera divisé par trois
Le nombre de paroisses de l’Église évangélique réformée vaudoise (EERV) doit passer de 86 à environ 30 d’ici 2029.
22/04/2026 - 19:00
"En Suisse, il y a une forte augmentation des demandes d'exorcisme"
En Suisse romande comme en Europe et aux États-Unis, le nombre de personnes se disant possédées ne cesse de croître, tout comme les demandes d’exorcisme. La possession serait-elle un simple trouble psychique? Une croyance teintée d’obscurantisme? La psychanalyste Marie Renaud-Trémelot répond.
23/04/2026 - 19:00
Léon XIV, un lion qui n’hésite pas à rugir
La tournée africaine qui s’achève ce 23 avril 2026 a agi comme un révélateur, imposant la stature internationale de Léon XIV et dévoilant des facettes jusque-là méconnues de son pontificat. Par ses paroles fermes dans chacun des quatre pays visités, Léon XIV est apparu comme ‘un lion qui sait rugir...
Au Congo, Jean Paul II avait soutenu une Église «africanisée»
En se rendant en République démocratique du Congo, du 31 janvier au 3 février 2023, le pape François marchera sur les pas de son prédécesseur Jean Paul II. Il était venu à deux reprises, en mai 1980 et en août 1985, dans ce vaste pays qui s’appelait alors le Zaïre.
Le pontife polonais s’était par ailleurs rendu au Soudan en 1993, sans toutefois pouvoir se rendre au Sud, alors en conflit contre le régime de Khartoum. Du 3 au 5 février, le Soudan du Sud, qui a accédé à l’indépendance en 2011, recevra ainsi sa première visite pontificale.
Pour la première étape de sa première tournée en Afrique, Jean Paul II, dans la pleine vigueur de ses 59 ans, embrasse la terre zaïroise à son arrivée à Kinshasa le 2 mai 1980. Avec la double commémoration du 20e anniversaire de l’indépendance et du centenaire de l’arrivée des Pères blancs, le pontife polonais saisit l’occasion de redonner à l’Église locale son souffle et sa visibilité, après une période durant laquelle le président Mobutu s’était dressé contre un catholicisme associé à l’ancienne puissance coloniale belge.
Un régime Mobutu hostile à l’Eglise
Au début des années 1970, le dictateur avait pris une série de mesures visant à effacer le catholicisme de la vie sociale du pays. Ainsi, la fête officielle de Noël avait été supprimée, l’enseignement religieux interdit, tout comme la possibilité de donner un prénom chrétien aux enfants.
Devant cette situation, le Saint-Siège n’a toutefois jamais coupé les ponts avec le régime. Le dirigeant zaïrois trouve en Jean Paul II un interlocuteur respecté, venant à sa rencontre au Vatican dès 1979, avant plusieurs autres entretiens durant lesquels le pape fera preuve d’une grande fermeté sur la défense de la liberté religieuse. Le soutien du pontife polonais à l’émancipation des nations africaines vis-à-vis de l’Europe redonne alors à l’Église catholique une légitimité dans l’espace public, en tant qu’institution faisant désormais pleinement partie de l’identité africaine.
Mobutu, dont le régime était alors proche du monde communiste, sera confronté à l’humour quelque peu désarçonnant de Jean Paul II à son arrivée à Kinshasa. Après qu’une jeune fille ait offert au pontife un bouquet de fleurs tout en chantant les louanges du Parti unique zaïrois, le pape polonais lance au président: «Elle sait fort bien prêcher l’Évangile, cette demoiselle!».
«Dieu n’a pas ménagé ses grâces pour le Zaïre»
«Je salue chacune des nations africaines. Je me réjouis avec elles qu’elles aient pris en mains leur propre destin», déclare Jean Paul II dès son arrivée au Zaïre, le 2 mai 1980. Dans un contexte de grande fragilité institutionnelle, le pape se montre respectueux de l’identité africaine. «Chaque nation a encore une longue marche à parcourir pour forger son unité; approfondir sa personnalité et sa culture; réaliser le développement qui s’impose en tant de domaines, et cela dans la justice, avec le souci de la participation et de l’intérêt de tous», déclare-t-il à l’aéroport de Kinshasa.
Il émet aussi un message d’encouragement aux catholiques locaux. «Dieu n’a pas ménagé ses grâces pour le Zaïre: une pléiade d’ouvriers de l’Évangile sont venus de loin, ont consacré leur vie pour que vous aussi, vous ayez accès au Salut en Jésus-Christ. Et les fils et les filles de ce pays ont accueilli la foi», déclare le pontife polonais dans ce pays qu’il considère comme l’exemple d’une évangélisation réussie.
Dans son discours devant le président Mobutu, Jean Paul II dit espérer que les relations avec les autorités civiles amèneront à «échanger des vues, de façon constructive, sur les problèmes les plus fondamentaux pour l’homme, sa dimension spirituelle, sa dignité et son avenir» ainsi que «sur la liberté que demande l’Église d’annoncer l’Évangile au nom du respect des consciences inscrit dans la plupart des constitutions ou des lois organiques des États».
La promotion d’une Église émancipée
Devant les ambassadeurs, Jean Paul II souligne que l’Afrique a connu, depuis la décolonisation, «des modifications indéniables de sa structure politique et sociale». Il exprime cependant sa «grave préoccupation» en voyant que ces jeunes nations éprouvent «quelques difficultés à atteindre en une si brève période leur équilibre intérieur», évoquant le manque de garanties internationales dans leur «processus de souveraineté».
Cette question de la prise en main de l’Afrique par les Africains eux-mêmes ne se situe pas seulement sur un plan politique, mais aussi ecclésial. Elle sera au cœur d’une messe célébrée par Jean Paul II, durant laquelle il consacre huit nouveaux évêques du continent: quatre pour le Zaïre, deux pour le Burundi, un pour le Soudan et un pour Djibouti. Devant 500’000 fidèles, le pape met en valeur «l’africanisation» de la liturgie, qui s’exprime notamment dans une procession des offrandes dansée, au rythme du tam-tam.
Cependant, avec une tonalité proche de celle du cardinal Ratzinger lorsqu’il viendra sur place, en tant que préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, pour évaluer la validité théologique du rite zaïrois, le pape rappelle aux évêques africains que cette inculturation doit s’exprimer dans la fidélité «au patrimoine identique essentiel de la même doctrine du Christ». Jean Paul II invite particulièrement les nouveaux évêques à miser sur le temps long, dans la communion avec Rome. «Cette œuvre, pour laquelle je tiens à vous exprimer toute ma confiance, requiert beaucoup de lucidité théologique, de discernement spirituel, de sagesse et de prudence et aussi de temps», insiste-t-il dans son homélie.
Une visite endeuillée
Cette visite du pape fut endeuillée par une bousculade qui fit neuf morts et environ 500 blessés, piétinés dans un mouvement de foule, le long des grilles du Palais du peuple à Kinshasa, le 4 mai 1980. Après ce drame, le pape annulera une rencontre culturelle prévue à la nonciature, et confiera sa douleur et sa proximité pour les victimes. «C’est comme dans le mystère pascal, où la Passion se mêle avec la Résurrection. Notre foi nous aide à passer par des douleurs, et aussi à porter aux âmes qui sont tristes la consolation et l’espérance de la résurrection», confiera-t-il en quittant Kinshasa.
Jean Paul II se rendra ensuite au Congo-Brazzaville, tout proche, où il rencontrera notamment le président Denis Sassou N’Guesso, alors à la tête d’un régime d’obédience marxiste-léniniste, et toujours en poste actuellement. Il reviendra ensuite en territoire zaïrois pour une étape à Kisangani, la grande ville du centre du pays, jusqu’au 6 mai 1980. Cette première tournée africaine l’amènera ensuite au Kenya, au Ghana, en Haute-Volta (pays qui sera rebaptisé Burkina Faso quatre ans plus tard) et en Côte d’Ivoire.
1985: la béatification d’une religieuse martyre
Sa deuxième visite au Zaïre, plus courte, du 14 au 16 août 1985, s’était intégrée dans une vaste tournée sur le continent africain, qui l’a également conduit au Togo, en Côte d’Ivoire, au Cameroun, en République centrafricaine, au Kenya et au Maroc.
Le pontife polonais avait notamment procédé à la béatification de Marie Clémentine Anwarite, lors d’une messe célébrée en la Solennité de l’Assomption, à Kinshasa. Cette religieuse des sœurs de la Sainte-Famille, née en 1939, avait été assassinée en 1964 à coups de lance par un milicien de la rébellion Simba qui voulait la violer. «Je te pardonne parce que tu ne sais pas ce que tu fais», lui aurait-elle déclaré avant de mourir.
Le pontife polonais s’était officiellement associé, au nom de l’Église, au pardon accordé par la religieuse à son assassin. Anonymement, cet ancien milicien rebelle était présent dans la foule lors de la béatification de cette religieuse présentée par Jean Paul II comme une «martyre de la pureté».
Le message de réconciliation dans un Soudan alors unifié
Le second pays visité par le pape François lors de son 40e voyage apostolique sera le Soudan du Sud, du 3 au 5 février. Ce pays indépendant depuis 2011 recevra ainsi sa première visite papale. Son grand voisin du nord, le Soudan, dont ce pays s’est scindé après un long combat pour l’indépendance, avait quant à lui reçu une visite de Jean Paul II dans la capitale, Khartoum, le 10 février 1993.
Durant ce court et délicat voyage dans un régime islamique, le pape était resté prudent quant aux revendications indépendantistes des États du Sud, majoritairement chrétiens. «Écoutons les voix de nos frères et sœurs, en particulier ceux qui sont opprimés par la pauvreté, la faim et la violence, qui réclament la justice et la paix, et une nouvelle ère de dialogue et d’entente», lancera-t-il toutefois au président Omar El-Béchir venu l’accueillir à sa descente d’avion.
«Je suis heureux d’avoir pu venir à Khartoum, même s’il n’a pas été possible d’envisager une visite plus étendue dans d’autres régions du pays, afin d’offrir le message de réconciliation et d’espoir qui est au cœur du catholicisme et que je porte à tout le peuple soudanais, indépendamment des différences de religion ou d’origine ethnique», précisera-t-il lors de son passage au palais présidentiel. (cath.ch/imedia/cv/rz)
Articles les plus lus
20/04/2026 - 16:05
Le nombre de paroisses réformées dans le canton de Vaud sera divisé par trois
Le nombre de paroisses de l’Église évangélique réformée vaudoise (EERV) doit passer de 86 à environ 30 d’ici 2029.
22/04/2026 - 19:00
"En Suisse, il y a une forte augmentation des demandes d'exorcisme"
En Suisse romande comme en Europe et aux États-Unis, le nombre de personnes se disant possédées ne cesse de croître, tout comme les demandes d’exorcisme. La possession serait-elle un simple trouble psychique? Une croyance teintée d’obscurantisme? La psychanalyste Marie Renaud-Trémelot répond.
23/04/2026 - 19:00
Léon XIV, un lion qui n’hésite pas à rugir
La tournée africaine qui s’achève ce 23 avril 2026 a agi comme un révélateur, imposant la stature internationale de Léon XIV et dévoilant des facettes jusque-là méconnues de son pontificat. Par ses paroles fermes dans chacun des quatre pays visités, Léon XIV est apparu comme ‘un lion qui sait rugir...
Pourquoi le pape va-t-il au Soudan du Sud?
Du 3 au 5 février 2023, le pape François se rendra dans un pays peu connu du continent africain, le Soudan du Sud. Ce déplacement historique aux fortes dimensions diplomatiques et œcuméniques se veut d’abord une réponse à la soif de paix du peuple sud-soudanais, durement frappé par les sanglants conflits qu’endure le pays depuis sa récente création, en 2011.
Le pape François vient donc en premier lieu apporter un soutien spirituel à la population du Soudan du Sud après des années de souffrance. Ce pays anglophone d’Afrique de l’Est, majoritairement chrétien, est né de deux guerres d’indépendance successives dans les années 1980 et 1990 qui ont provoqué la mort de deux millions de personnes et l’exil de quatre millions d’autres.
À peine créé, le pays a replongé dans la violence quand, en 2013, le président Salva Kiir a limogé son vice-président, Riek Machar. Cette guerre civile résulte de rivalités ethniques et de tensions concernant les importantes richesses naturelles dont dispose le pays. Elle s’est poursuivie presque sans interruption jusqu’en 2018, et la signature d’un accord de paix porté par l’Éthiopie, l’Ouganda, le Soudan et le Kenya à Addis Adeba – soutenu par l’Église catholique.
La retraite de mars 2019 au Vatican
Cependant, le conflit a ensuite menacé de se réactiver, le délai de 100 jours fixés par les médiateurs pour former un nouveau gouvernement incluant Riek Machar n’ayant pas été respecté. Pour éviter une nouvelle escalade, une «retraite» avec les belligérants a été organisée en mars 2019 au Vatican par le Saint-Siège, l’Église d’Angleterre et l’Église d’Écosse, les trois principales confessions chrétiennes présentes dans le pays. Elle a notamment été rendue possible grâce à l’action de la communauté Sant’Egidio, une association internationale catholique très présente au Soudan du Sud et engagée dans le dialogue interreligieux et la défense de la paix.
Cette rencontre a été marquée par le «geste prophétique» du pape François qui s’est agenouillé et a embrassé les pieds des deux leaders pour les supplier de faire la paix. Le pontife, l’archevêque de Canterbury et le modérateur de l’Église d’Écosse ont alors promis de se rendre ensemble au Soudan du Sud à condition qu’un accord de gouvernement soit trouvé entre les différentes factions sous 100 jours.
Un œcuménisme par l’action
L’accord gouvernemental est finalement trouvé début 2020. Cependant, l’organisation du voyage des trois leaders religieux est retardée par la pandémie. Puis, un déplacement prévu en juillet 2022 est ajourné en raison de problèmes de santé du pape François et de risques sécuritaires en République démocratique du Congo (RDC), où le pape devait également se rendre. Finalement, le voyage est reprogrammé en février 2023.
Ce projet de voyage au Soudan du Sud existait cependant de longue date, a rapporté au média italien Oltremare le Père Daniele Moschetti, missionnaire combonien au Soudan du Sud, qui fut le premier à alerter le pape sur la situation du pays. Le pontife, a-t-il expliqué, a été forcé d’abandonner deux précédents projets de voyage en 2015 et 2017 en raison des conditions de sécurité.
Dans la ligne de Fratelli tutti
Ce déplacement est un «pèlerinage pour la réconciliation et le pardon», explique à l’agence I.MEDIA l’archevêque anglican Ian Ernest, représentant du palais de Lambeth à Rome. Selon lui, il s’inscrit dans la promotion de ce que le pape François appelle «l’œcuménisme par l’action». Il trouve un écho dans un autre concept clé du pontificat, celui de «fraternité humaine».
L’idée défendue par François, notamment dans son encyclique Fratelli tutti (2020), est que les religions, plutôt que de s’opposer et de nourrir les conflits, ont la capacité de travailler ensemble pour la paix. Au Soudan du Sud, François et les deux leaders religieux anglican et écossais vont pouvoir exercer ce principe en montrant leur unité et en appelant ensemble le gouvernement à poursuivre ses efforts pour stabiliser le pays.
À Djouba, capitale du pays, le pontife rencontrera le président Salva Kiir puis le vice-président Riek Machar. Il participera aussi à un temps de prière œcuménique au Mausolée «John Garang», où repose ce dernier, père fondateur de l’indépendance du Soudan du Sud.
Objectifs diplomatiques et pastoraux
Le voyage du pontife s’inscrit aussi dans un processus de fondation puis de renforcement progressif des relations entre le Vatican et le Soudan du Sud, note Marco Impagliazzo, secrétaire général de Sant’Egidio, interrogé par I.MEDIA. L’ouverture des relations diplomatiques entre les deux pays date de février 2013, soit quelques semaines avant l’élection du pape François. En décembre de la même année, le pontife argentin avait nommé le premier nonce apostolique du pays africain, Mgr Charles Daniel Balvo, qui exerça cette mission depuis la nonciature de Nairobi au Kenya où il était aussi représentant du pape.
En 2018, au départ du nonce australien, le Saint-Siège a annoncé l’ouverture prochaine d’une nonciature au Soudan du Sud. En attendant, le nouveau nonce nommé en mars 2019, le Néerlandais Mgr Hubertus Matheus Maria van Megen, est resté basé au Kenya. Les travaux de la nonciature ont été officiellement lancés par le cardinal secrétaire d’État Pietro Parolin lors d’un déplacement en 2022 et la prochaine ouverture du lieu – possiblement lors du voyage du pape – devrait constituer une nouvelle étape importante dans le renforcement des relations entre les deux pays.
Ce voyage pastoral a enfin pour but de venir à la rencontre des fidèles et responsables des sept diocèses du Soudan du Sud, qui compte environ 3 millions de catholiques, soit plus du tiers de la population. Afin de les encourager à poursuivre leur mission pacificatrice dans le pays, le pape François aura donc à cœur de «renforcer l’Église locale» par sa présence, souligne Marco Impagliazzo. (cath.ch/imedia/cd/rz)
Articles les plus lus
20/04/2026 - 16:05
Le nombre de paroisses réformées dans le canton de Vaud sera divisé par trois
Le nombre de paroisses de l’Église évangélique réformée vaudoise (EERV) doit passer de 86 à environ 30 d’ici 2029.
22/04/2026 - 19:00
"En Suisse, il y a une forte augmentation des demandes d'exorcisme"
En Suisse romande comme en Europe et aux États-Unis, le nombre de personnes se disant possédées ne cesse de croître, tout comme les demandes d’exorcisme. La possession serait-elle un simple trouble psychique? Une croyance teintée d’obscurantisme? La psychanalyste Marie Renaud-Trémelot répond.
23/04/2026 - 19:00
Léon XIV, un lion qui n’hésite pas à rugir
La tournée africaine qui s’achève ce 23 avril 2026 a agi comme un révélateur, imposant la stature internationale de Léon XIV et dévoilant des facettes jusque-là méconnues de son pontificat. Par ses paroles fermes dans chacun des quatre pays visités, Léon XIV est apparu comme ‘un lion qui sait rugir...
RDC: le pape rencontrera des victimes d'exactions
Durant son voyage en République démocratique du Congo (RDC) (31 janvier-3 février 2023), le pape François doit rencontrer à Kinshasa des personnes victimes des violences à l’est du pays. Mgr Melchisédech Sikuli, évêque du diocèse de Butembo-Beni, raconte la situation tragique de sa région où les attaques perpétrées par des groupes rebelles sont devenues ordinaires.
En août prochain, Mgr Melchisédech Sikuli fêtera les 25 ans de son ordination épiscopale pour le diocèse de Butembo-Beni, un territoire à l’est de la RDC, près de la frontière avec l’Ouganda. Durant ce quart de siècle, l’évêque de 70 ans a vécu au rythme des atrocités commises par les nombreux groupes armés dans la région du Nord-Kivu. En 2003, c’était lui qui avait alerté la presse pour dénoncer l’attaque de localités au moyen d’hélicoptères lance-flammes. Les années ont passé et la sécurité dans cette région riche en minerais ne s’est pas améliorée.
16/01/2023
RDC: 14 personnes tuées dans une église
Quatorze personnes ont été tuées et une vingtaine d'autres gravement blessées, le 15 janvier 2023, par l'explosion d’une bombe artisanale dans une église pentecôtiste de Kasindi-Lubirigha, au nord-est de la République démocratique du Congo (RDC).
Ainsi, le 15 janvier dernier, un attentat dans une église pentecôtiste de Kasindi, sur le territoire du diocèse, a fait 14 morts et une quarantaine de blessés. «Cela aurait très bien pu avoir lieu dans une église catholique», raconte l’évêque. «D’ailleurs, il y a un an, on a eu une grenade qui a explosé dans une de nos églises. Heureusement, des mamans venues avant la messe avaient remarqué quelque chose de bizarre. La grenade a explosé avant l’arrivée des fidèles», poursuit-il.
Pillages, meurtres et enlèvements
L’attentat dans l’église pentecôtiste a été attribué aux terroristes d’ADF/MTM. La nébuleuse que certains affilient à l’État islamique aurait voulu se venger de pertes infligées par l’armée dans ce territoire de Beni, qui borde l’Ouganda. Pour l’évêque de Butembo-Beni, la région n’a en réalité pas connu la paix depuis la fin du règne du dictateur Mobutu, en 1997.
«À partir de 2010, on a vu se développer ces rebelles d’ADF/MTM, avec leur islam fondamentaliste. Il y a des attaques, des kidnappings… Des jeunes sont emmenés dans les forêts et ne reviennent pas. Les quelques rescapés nous racontent qu’on leur apprend là-bas une nouvelle manière de prier, on leur change leur nom, on leur inculque cette idéologie: 'celui qui n’est pas comme eux est contre eux’», alerte Mgr Sikuli. Partout où ils font irruption, les rebelles appliquent leurs sinistres méthodes: «Villages, écoles, structures médicales… Ils tuent à l’arme blanche, pillent les biens, emmènent avec eux enfants, jeunes, adultes femmes et hommes pour transporter les biens pillés… Puis ils incendient maisons et autres biens avant de se retirer», décrit l’évêque.
«Difficile de déterminer qui se cache derrière 'les égorgeurs’»
Parmi les personnes enlevées, Mgr Sikuli se souvient bien sûr des trois prêtres assomptionnistes de la paroisse Notre Dame des Pauvres de Mbau, dans le territoire de Beni (Nord-Kivu). «Cela fait plus de 10 ans maintenant… Nous n’avons plus beaucoup d’espoir de les revoir un jour», confie-t-il.
Une religieuse assassinée
Des drames comme celui-ci, Mgr Sikuli pourrait en raconter des dizaines encore. En octobre dernier, une incursion armée à Maboya a fait plusieurs morts, dont une religieuse. «Ils sont venus des forêts car ils avaient besoin de médicaments. On ne sait pas combien ils sont dans leurs forêts. Parfois, ils viennent chercher des filles… Mais là, ils voulaient des médicaments et sont allés défoncer la pharmacie. Ils se sont trouvés devant une religieuse qui venait d’aider une femme à accoucher. Ils ont pris les médicaments et ont demandé à la sœur de les accompagner dans la forêt. Elle a refusé. Ils lui ont tiré une balle dans la poitrine puis ont mis le feu à la pharmacie. On a retrouvé son corps calciné», retrace l’évêque.
Difficile pour lui de déterminer précisément qui se cache derrière ceux que tous surnomment «les égorgeurs». «C’est un mélange: il y a des Ougandais, qui prennent la RDC comme une base arrière pour leur rébellion, des Rwandais, arrivés avec le génocide, des Tanzaniens ou encore des Arabes», énumère-t-il.
Trafic de matières premières
À la question de savoir pourquoi la communauté internationale ne fait rien pour enrayer les violences et mettre au pas les groupes rebelles, le prélat ne se fait pas d’illusion. «La région est riche en minerais, en coltan notamment, en fer, en pétrole. On sait que les puissances occidentales, par acteurs interposés, viennent se fournir ici. Elles n’ont pas intérêt à ce que la situation change», accuse-t-il, rapportant qu’un trafic de matières premières, et d’or notamment, existe à la frontière avec le Rwanda.
«Le pape a raison de dénoncer l’exploitation de l’Afrique par les puissances occidentales»
«Le pape a raison de dénoncer l’exploitation de l’Afrique par les puissances occidentales», insiste-t-il. Lors de son périple en RDC, il est probable que le pontife argentin condamne à nouveau ce commerce. D’ailleurs, dans un entretien avec Mundo Negro publié le 13 janvier dernier, le pontife a encore déploré cette «idée que l’Afrique existe pour être exploitée»; une idée «injuste» et pourtant présente dans «l’inconscient collectif de nombreuses personnes».
Le pape rencontrera des orphelins des massacres
Dans le premier programme du voyage en RDC, prévu originellement en juillet 2022, le pape François devait se rendre à Goma, pour rencontrer des victimes des violences et célébrer une messe dans un camp de déplacés. Pour des raisons de sécurité et de santé, ce déplacement a été annulé. Dans le nouveau programme, cette étape à l’est du pays a été supprimée.
«Ce fut une grande déception évidemment», souffle Mgr Sikuli, qui tempère toutefois. «Ce sera quand même un réconfort de le voir à Kinshasa. Nous attendons le pape depuis 37 ans et la dernière venue de Jean Paul II. Je suis certain qu’il ne manquera pas d’évoquer le défi de la sécurité et de la réconciliation dans notre région», assure-t-il.
Le pape, qui – selon l’agence I.MEDIA– tenait fermement à se rendre à Goma, a finalement insisté pour intégrer dans le deuxième programme une rencontre avec les victimes des violences du Nord-Kivu. Selon ces informations, ils devraient être une cinquantaine en tout à retrouver le pape à la nonciature de Kinshasa, des femmes violées, des hommes mutilés, des ex-enfants soldats ou travaillant dans les mines.
«Notre diocèse emmène une dizaine d’enfants dont les parents ont été égorgés devant eux. C’est un petit échantillon des 800 écoliers orphelins que le diocèse, avec des organisations caritatives», explique l’évêque. À 70 ans et après près d’un quart de siècle à la tête d’un diocèse meurtri, il espère que cette rencontre avec le successeur de Pierre sera un temps de compassion et d’espérance. (cath.ch/imedia/hl/rz)
Articles les plus lus
20/04/2026 - 16:05
Le nombre de paroisses réformées dans le canton de Vaud sera divisé par trois
Le nombre de paroisses de l’Église évangélique réformée vaudoise (EERV) doit passer de 86 à environ 30 d’ici 2029.
22/04/2026 - 19:00
"En Suisse, il y a une forte augmentation des demandes d'exorcisme"
En Suisse romande comme en Europe et aux États-Unis, le nombre de personnes se disant possédées ne cesse de croître, tout comme les demandes d’exorcisme. La possession serait-elle un simple trouble psychique? Une croyance teintée d’obscurantisme? La psychanalyste Marie Renaud-Trémelot répond.
23/04/2026 - 19:00
Léon XIV, un lion qui n’hésite pas à rugir
La tournée africaine qui s’achève ce 23 avril 2026 a agi comme un révélateur, imposant la stature internationale de Léon XIV et dévoilant des facettes jusque-là méconnues de son pontificat. Par ses paroles fermes dans chacun des quatre pays visités, Léon XIV est apparu comme ‘un lion qui sait rugir...
Dans les coulisses du voyage du pape en RDC
Deux diplomates chevronnés, Ettore Balestrero et Deogratias Ndagano, l’un nonce, l’autre ambassadeur, ont été au cœur des préparatifs du voyage du pape en République démocratique du Congo (RDC), du 31 janvier au 3 février 2023. Mgr Diego Giovani Ravelli a peaufiné la liturgie et Mgr George Jacob Koovakad gère la logistique et la sécurité. Autant de démarches discrètement coordonnées par le secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), Mgr Donatien Nsholé.
Max Savi-Carmel pour cath.ch
Mi-janvier 2020, lors de sa visite au Vatican, le président de la RDC, Félix Tshisekedi, réitère son invitation au pape à venir à Kinshasa. Mais il aura fallu attendre trois ans et un report pour que se concrétise la visite tant attendue du pontife en RDC. Quand Deogratias Ndagano arrive à Rome en octobre 2022, le nouvel ambassadeur de la RDC auprès du Saint Siège reçoit du chef d’État congolais, Felix Tshisekedi, une mission sans équivoque: "Se consacrer entièrement à la visite du Saint-Père". A l’ambassade, Via del Castro Pretorio, il multiplie les audiences de prélats et les réunions quotidiennes à cet effet.
Et quand le 9 janvier dernier, en marge des vœux du corps diplomatique accrédité auprès du Vatican, François confirme l’information, dans la foule, Deogratias Ndagano a de quoi afficher un large sourire. Mais comme à chaque déplacement du souverain pontife hors d’Italie, le protocole est plutôt minutieux et l’organisation exigeante. En RDC comme au Vatican, plusieurs personnes y ont travaillé aussi ardemment que discrètement.
La nonciature au premier plan
Le 31 janvier à 15h, heure de Kinshasa, Mgr Ettore Balestrero, nonce apostolique en RDC, sera la première personne à voir le souverain pontife à l’atterrissage du vol AZ4000 en provenance de Rome. Conformément au protocole, le prélat génois de 56 ans montera à l’entrée de l’appareil d’Italia Trasporto Aereo pour souhaiter la bienvenue à François. L’ambassadeur du Vatican aura été de toutes les étapes de la visite. "Plusieurs allers-retours entre Kinshasa et Rome" selon une source à la Nonciature et surtout, "une brève séance de travail" avec le pape en personne avant l’annonce officielle, fin 2022, du voyage.
C’est d’ailleurs lui qui, conscient de la fragilité sécuritaire imposée par la guerre à l’est du pays, a suggéré que "l’étape de Goma puisse être écartée". Lorsque fin novembre, le Saint-Père lui confirme par téléphone le voyage, il se rend dès le lendemain à la présidence de République pour l’annoncer à Félix Tshisekedi.
Quand, début 2023, le Premier ministre congolais, Jean-Michel Sama Lukonde, a voulu s’assurer que l’état de santé du pontife n’imposerait pas un second report de la visite apostolique, c’est encore au nonce que s’adresse Jean-Michel Sama Lukonde. Le 6 janvier, l’ambassadeur du Vatican est à la primature avec Mgr Nsholé, secrétaire générale de la CENCO, pour rassurer le chef du gouvernement. Depuis, Mgr Etttore Balestrero rédige des mémos quotidiens pour informer la Secrétairerie d'État de l’avancée des préparatifs.
Mgr Nsholé, discret "coordinateur"
Fin janvier 2022 à Kinshasa. Mgr Nsholé reçoit une délégation arrivée la veille de Rome. A sa tête, Mgr George Jacob Koovakad. Quatre mois plus tôt, l’évêque indien a remplacé le béninois Dieudonné Datonou comme organisateur des voyages pontificaux. Dès lors et malgré le report, c’est Donatien Nsholé qui coordonne à Kinshasa toutes les initiatives relatives à ce voyage. A Rome, Mgr Koovakad fait de même et les deux hommes font régulièrement le point par téléphone. Depuis, le prélat élevé au rang de chapelain du pape par François enchaîne réunions et concertations dès le lever du soleil, dans son bureau du premier étage du siège de la CENCO. Il fait le lien entre l’épiscopat local et la Nonciature apostolique mais aussi règle les détails logistiques avec la personne chargée de l’aménagement technique des sites où se dérouleront les étapes de la visite.
Mgr Donatien Nsholé organise aussi la mobilisation des fidèles, plus de 1,5 millions de personnes sont attendues pour la grande messe du 1er février, à l’aéroport de Ndolo en plein cœur de Kinshasa. Mais au-delà des subtilités bilatérales, le volet pastoral est capital pour François qui voyage d’abord en tant que représentant de l’Église catholique, d’où son attention particulière aux détails liturgiques.
Ravelli aux commandes de la liturgie
La liturgie et les célébrations sont en effet deux aspects sur lesquels le pape ne lâche rien. En nommant simultanément, en septembre 2021, l’organisateur de ses visites et le maître des célébrations liturgiques pontificales, l’évêque de Rome veut faire de Mgr George Jacob Koovakad et Mgr Diego Giovanni Ravelli le duo incontournable de ses déplacements. Le premier s’est déjà rendu "au moins trois fois en RDC" avec récemment une délégation de gardes suisses pour les questions sécuritaires, le second travaille depuis le Vatican à tous les détails des messes que le pape célèbrera aussi bien en public qu’en privée à la nonciature où il devrait résider. Le délicat usage du rite zaïrois lors de célébrations pontificales a fait l’objet de pointilleuses appréciations par Mgr Ravelli.
Défini par le Père Malenge, correspondant de Radio Vatican en RDC comme "la liturgie romaine pour les diocèses du Zaïre, (ancien nom du Congo, ndlr)", le rite zaïrois se caractérise par un important recours aux chants et pas de danses, notamment pendant l’offrande. Pour Giovanni Ravelli, "il faut rester prudent pour ne pas paraître folklorique". Mais plus que tout, la sécurité reste le principal enjeu de ce 40e voyage du pape hors d’Italie, le 4e en Afrique.
Défi sécuritaire pour le "shérif"
Contrairement aux autres chefs d’état, l’organisation des voyages du pape revient à une petite équipe, "à peine une demi-dizaine de personnes" avec à leur tête le "shérif", souvent un évêque. Bien que la sécurité des déplacements soit l’apanage du pays hôte, l’actuel "shérif " Mgr Koovakad a dû suivre ce volet de près. Visite des sites, rencontres avec les autorités sécuritaires à Kinshasa, d’autant que François qui murmure des "Ave Maria" pendant ses tours en papamobile ne "veut pas que son entourage immédiat porte des armes".
Mgr Koovakad insiste pour que les accès au site de la grande messe, une trentaine en tout, soient bien contrôlés. Il s’est aussi attaché à l’idée de cliniques mobiles, environ vingt sont prévues, "avec du sang de tous les groupes sanguins". Il a demandé que le contrôle de l’espace aérien soit discret et, "sans une remarquable présence d’hélicoptères" car le pape vient avant tout "comme un pasteur à la rencontre de ses fidèles".
Avec 110 millions d’habitants dont 60% de catholiques, l’Eglise a, dans ce pays grand comme 57 fois la Suisse, le monopole de la santé et de l’éducation et est très active dans la vie politique. Le nonce apostolique n’a-t-il pas raison de rappeler que "la RDC est plus qu’importante pour l’Eglise et le pape"? (cath.ch/msc/bh)
Articles les plus lus
20/04/2026 - 16:05
Le nombre de paroisses réformées dans le canton de Vaud sera divisé par trois
Le nombre de paroisses de l’Église évangélique réformée vaudoise (EERV) doit passer de 86 à environ 30 d’ici 2029.
22/04/2026 - 19:00
"En Suisse, il y a une forte augmentation des demandes d'exorcisme"
En Suisse romande comme en Europe et aux États-Unis, le nombre de personnes se disant possédées ne cesse de croître, tout comme les demandes d’exorcisme. La possession serait-elle un simple trouble psychique? Une croyance teintée d’obscurantisme? La psychanalyste Marie Renaud-Trémelot répond.
23/04/2026 - 19:00
Léon XIV, un lion qui n’hésite pas à rugir
La tournée africaine qui s’achève ce 23 avril 2026 a agi comme un révélateur, imposant la stature internationale de Léon XIV et dévoilant des facettes jusque-là méconnues de son pontificat. Par ses paroles fermes dans chacun des quatre pays visités, Léon XIV est apparu comme ‘un lion qui sait rugir...
Les sept plaies du Soudan du Sud
C’est un peuple profondément meurtri et désillusionné par une guerre civile et d'autres conflits armés qui paraissent sans fin que va rencontrer le pape François du 3 au 5 février 2023 au Soudan du Sud. De cette visite, les Soudanais du Sud n’attendent rien de moins qu’un miracle: celui d’une réconciliation nationale. Le point sur la situation politique.
Être un Soudanais de Sud de moins de quarante ans, c’est n’avoir connu que la guerre. La deuxième guerre civile soudanaise a déchiré le pays de 1983 à 2011. Elle a opposé les populations du sud, majoritairement non arabes, chrétiennes ou animistes, à celles du nord, arabes et musulmanes. Elle a conduit à la partition du Soudan et à la naissance de la République du Soudan du Sud en 2011. Elle a été suivie, de 2013 à à 2018, par une nouvelle guerre civile, qui s'est jouée entre les partisans du président sud-soudanais, le catholique Salva Kiir, et ceux du vice-président, le presbytérien Riek Machar. Les deux hommes avaient combattu ensemble auprès du leader indépendantiste John Garang* et son Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), avant que des dissensions internes au mouvement mènent Riek Machar à prendre la tête d’une nouvelle faction indépendantiste. Depuis, de nouveaux conflits armés ont fait leur apparition.
Un peuple exsangue
De l’avis d’observateurs, l’espoir semble avoir quitté aujourd’hui la population, pourtant connue pour sa capacité de résilience. Les calamités qui la frappent s’enchaînent. La guerre et ses stigmates, couplées à de nouvelles violences localisées, a fait 400’000 morts, plus de 2 millions de déplacés et 2 millions de réfugiés dans les pays limitrophes (sur 10,5 millions d’habitants). Quatre habitants sur dix ont donc quitté leur foyer!
S’ajoutent à cela la sécheresse, un cycle d’inondations sans précédent depuis 2019 au nord du Jonglei et dans les États d’Unité et du Haut-Nil, et la déstabilisation économique du pays due, notamment, à la chute du cours du pétrole (90% des ressources de l’État). Le taux de chômage est de l’ordre de 60%.
Selon le HCR, 6,8 millions de Soudanais du Sud ont besoin d'une aide vitale urgente. L’ONU a alerté le 3 novembre 2022 la communauté internationale sur les risques de famine dans le pays.
Une guerre de pouvoir tribale
La guerre civile au Soudan du Sud a eu comme arrière-fond un conflit tribal entre les ethnies des deux leaders chrétiens, respectivement les Dinkas et les Nuers. Riek Machar reprochait déjà à John Garang de favoriser les Dinkas. Cette rivalité tribale traverse aujourd’hui toutes les strates de la société. Par exemple, tout nouvel engagement d’employés par l’État ou par les ONG présentes dans le pays exige le respect de l’équilibre entre Dinkas et Nuers pour ne pas être accusé de favoritisme.
Des espoirs de paix sans cesse déçus
Plusieurs cessez-le feu et accords de paix ont été signés entre Salva Kiir et Riek Machar, pour être aussitôt bafoués. Une première gouvernance commune entre Salva Kiir et Riek Machar a bien été tentée en 2016, mais elle n’a duré que quelques mois. Puis, en 2018, un nouvel accord de paix a été signé entre les deux belligérants. Des mois de pourparlers et d’impasses s’en ont suivi. Un gouvernement d'unité nationale de transition a finalement été formé en février 2020, grâce notamment à la médiation de la communauté Sant’Egidio, avec Salva Kiir comme président et Riek Machar comme vice-président.
Ce gouvernement de transition a été reconduit pour deux ans en août 2022 et les élections générales, prévues en 2023, repoussées en 2025. Ni Kiir ni Machar ne souhaitent la tenue d’élections, n’étant pas assurés des résultats. De toute façon, le gouvernement est incapable d’organiser le recensement de la population. Comment le faire avec tous les déplacés et les réfugiés vivant dans des camps?
Le gouvernement avance aussi d’autres priorités pour repousser les élections, comme la malnutrition dont souffrent des millions de Soudanais du Sud ou les violences tribales qui balayent plusieurs régions du pays.
La question des gouverneurs locaux
Ces violences sont souvent liées au mode de nomination des gouverneurs des différents États qui composent la République. La mésentente au sein du gouvernement de Djouba a conduit à une vacation des pouvoirs locaux, qui a laissé toute latitude à d’autres mouvements, notamment tribaux, de fomenter des conflits.
«La logique de partage du pouvoir de l'accord de paix s'est traduite par la nomination de commissaires locaux dont le rôle est de réprimer les populations locales plutôt que de les représenter, explique un connaisseur du terrain. Dans l’État de Warrap, par exemple, les attaques des communautés locales par des Dinkas éleveurs de bétail sont soutenues par des politiciens de Djouba pour affaiblir les fonctionnaires en place.»
«Parmi les défis majeurs du pays pour assurer un avenir paisible, poursuit notre interlocuteur, la lutte contre la corruption devrait être une priorité. Elle concerne au premier chef les dirigeants du pays, mais s’étend aux soldats, policiers et membres des forces de sécurité, dont les salaires ne sont pas régulièrement assurés.»
Multiplication des sources et zones de conflits
Une opposition armée a ainsi pris le maquis au sud de Djouba, le Front de salut national, dirigée par le général Thomas Cirilo. Elle réclame une plus grande autonomie pour l’Equatoria. Et c’est sans compter les milices islamiques qui ont attaqué, en mai 2021, des villages dans la région d’Abyei, au nord du pays, et fait des dizaines de victimes.
Enfin, l'Armée populaire de libération du Soudan/Mouvement d'opposition (SPLM-IO), dirigée par le premier vice-président Riek Machar, s’est elle-même retrouvé divisée. L’aile militaire du mouvement accuse Machar de népotisme et d'avoir abandonné la vision du parti. Cette lutte interne a de lourdes répercussions dans le processus de pacification du pays. Des combats ont éclaté entre ces factions rivales en août 2022 dans l’État du Haut-Nil. Le conflit s’est depuis propagé dans le Nil supérieur et dans les parties nord des États de Jonglei et d’Unité (riche en pétrole).
La Commission des Droits de l'Homme au Soudan du Sud a déclaré en novembre passé qu'elle avait des motifs raisonnables de croire qu'un commissaire de comté dans l'État d'Unité avait orchestré des viols collectifs (dont certaines victimes n’avaient que neuf ans!) dans un camp de l’armée. Les abus documentés par les experts de l’ONU comprenaient également des brûlés vifs, des décapitations, des victimes de viol forcées à porter les têtes coupées...
Cette nouvelle escalade de violence a provoqué la fuite de 3000 personnes vers le Soudan, «intensifiant encore la crise des réfugiés sud-soudanais, la plus importante d’Afrique», déclarait le HCR le 7 décembre dernier. Elle a provoqué «le déplacement forcé d’au moins 20’000 personnes depuis le mois d’août 2022, certaines d’entre elles ayant été contraintes de fuir pour sauver leur vie jusqu’à quatre reprises en raison du conflit qui fait rage». Au moins 75% de ces nouveaux déplacés sont des femmes et des enfants, y compris ceux non accompagnés, assurent les ONG locales. Les déplacés de l’État de Jonglei qui retournent dans leurs villages ont retrouvé leurs maisons incendiées et ont été forcés de manger des plantes aquatiques sauvages pour survivre.
Une avancée: l’unification des forces armées
En avril 2022, les dirigeants rivaux se sont finalement engagés sur une disposition clé du fragile accord de paix: la formation d’un commandement unifié des forces armées. Jusque-là, les troupes rassemblées sur des sites communs à travers le pays désertaient en raison du manque de nourriture et d'autres biens essentiels. Les soldats retournaient affamés et frustrés dans leurs villages, contribuant au climat d’instabilité.
L’insécurité que faisait régner des groupes d’hommes armés non identifiés n’a épargné personne: neuf humanitaires ont été tués en 2020; en 2021, le nouvel évêque de Rumbek s’est fait tirer dessus chez lui, un pasteur et quatre autres membres de l’Église épiscopale ont été tués par des hommes en uniforme dans le comté de Lainya, deux sœurs engagées à Djouba dans des programmes d’aide ont été tuées sur la route reliant la capitale à l’Ouganda, un convoi du PAM transportant de la nourriture a été attaqué dans le comté de Yei, faisant un mort et plusieurs blessés. (cath.ch/lb)
*Le pape participera le 4 février à une prière œcuménique au Mausolée «John Garang» de Djouba, où est enterrée cette figure centrale de l’indépendance du Soudan du Sud. Il y célèbrera même la messe le lendemain. Un acte symbolique visant à réconcilier les anciens combattants pour l’indépendance.

La cathédrale Sainte-Thérèse de Djouba où le pape va rencontrer les évêques, le 4 février 2023 | © Lucienne Bittar
Le rôle des acteurs religieux et de l’Église
Le Soudan du Sud, chrétien, ne connaît pas de conflits religieux. La population du pays est chrétienne à 65% (principalement catholique et anglicane). Viennent ensuite les membres de religions traditionnelles et les musulmans.
La séparation entre l’Église et l’État est inscrite dans la Constitution transitoire du pays, qui garantit le traitement égalitaire de tous les groupes religieux. Un principe qui se traduit dans les faits. Chrétiens et musulmans coexistent en bonne entente et s’associent volontiers lors d’événements publics. Ainsi le Conseil des Églises du Soudan du Sud et le Conseil islamique travaillent régulièrement ensemble en vue de la consolidation de la paix, comme le souligne le Rapport 2021 sur la liberté religieuse de l’Aide à l’Église en détresse.
L’Église catholique, de fait, est très engagée dans les initiatives de paix, que ce soit au niveau local ou du Vatican. Les Soudanais du Sud gardent en tête l’image du pape s’agenouillant pour embrasser les pieds du président Kiir et du vice-président Machar en avril 2019, au Vatican. Ils l’attendent avec espérance, ainsi que l'archevêque de Canterbury Justin Welby.
«La présence physique du pape François dans notre pays permettra à ses paroles de pénétrer plus efficacement les foyers et les cœurs, témoigne Betram Gordon, directeur de la Société de St-Vincent de Paul du Soudan du Sud. Il connaît les souffrances et les besoins du peuple. Il appellera les dirigeants du pays à écouter le désir de paix du peuple. Il va aussi prier pour la renaissance du fort et riche héritage chrétien du Soudan du Sud qui a souffert depuis l'indépendance du Soudan en 1956.» LB
Articles les plus lus
20/04/2026 - 16:05
Le nombre de paroisses réformées dans le canton de Vaud sera divisé par trois
Le nombre de paroisses de l’Église évangélique réformée vaudoise (EERV) doit passer de 86 à environ 30 d’ici 2029.
22/04/2026 - 19:00
"En Suisse, il y a une forte augmentation des demandes d'exorcisme"
En Suisse romande comme en Europe et aux États-Unis, le nombre de personnes se disant possédées ne cesse de croître, tout comme les demandes d’exorcisme. La possession serait-elle un simple trouble psychique? Une croyance teintée d’obscurantisme? La psychanalyste Marie Renaud-Trémelot répond.
23/04/2026 - 19:00
Léon XIV, un lion qui n’hésite pas à rugir
La tournée africaine qui s’achève ce 23 avril 2026 a agi comme un révélateur, imposant la stature internationale de Léon XIV et dévoilant des facettes jusque-là méconnues de son pontificat. Par ses paroles fermes dans chacun des quatre pays visités, Léon XIV est apparu comme ‘un lion qui sait rugir...
"Le monde nous a oubliés", alerte l'évêque de Goma
À 57 ans, Mgr Willy Ngumbi Ngengele est l’évêque de Goma, un diocèse situé au cœur d’un conflit qui ravage la région du Nord-Kivu (Congo RDC). En juillet 2022, le pape François avait prévu de s’y rendre. Mais pour des raisons de sécurité, notamment, il avait dû y renoncer.
Mgr Ngumbi emmènera à Kinshasa une délégation de victimes des conflits de l’est de la RDC pour une rencontre avec le pape qui sera l’un des temps forts du voyage papal. Entretien.
Quelle est la situation sécuritaire dans votre diocèse?
Mgr Ngumbi: Le diocèse de Goma est actuellement coupé en deux. Toute une partie est occupée par les rebelles du M23 [Groupe armé formé en mars 2009 et essentiellement composé de rwandophones du nord du Congo qui accusent la RDC de marginaliser les Tutsis, NDLR]. Je ne peux donc pas me rendre dans ces zones occupées et les prêtres qui sont de ce côté ne peuvent pas venir me voir. Mon diocèse compte environ 1 million de fidèles, et près de 250’000 se trouvent aujourd’hui dans la partie contrôlée par le M23. Pour l’heure, ces hommes leur laissent la liberté de célébrer les messes. Les rebelles forment un mélange. Il y a parmi eux des catholiques.
Comment vit la population?
La situation est difficile. Ce qui nous préoccupe particulièrement est le problème des écoles. Elles ne fonctionnent plus depuis près d’un an. Le M23 voudrait les faire rouvrir mais les parents se méfient et préfèrent ne pas laisser leurs enfants aller à école. Il y a donc des milliers d’enfants déscolarisés. C’est un grand malheur.
"Toute une génération n’a jamais connu la paix!"
En juillet 2022, le pape devait venir dans votre diocèse. Ce déplacement en Afrique a finalement été annulé. L’étape de Goma a été supprimée dans le deuxième programme du voyage. Est-ce que vous comprenez cette décision?
À l’annonce du report du voyage, les gens ont été déçus. Mais comme la rébellion du M23 se poursuivait, les gens ont compris la difficulté de faire venir le pape, en plus de ses ennuis de santé. Maintenant, on voit bien que la raison sécuritaire a été la raison principale de la suppression de l’étape de Goma. Par exemple, le site sur lequel le pape devait célébrer la messe en juillet dernier se situe désormais sur la ligne de front. Cela aurait été impossible d’organiser une messe à cet endroit.
Vous allez donc accompagner à Kinshasa des personnes qui ont été victimes des violences dans la région…
C’est une demande du Saint-Père lui-même. Comme il ne pouvait plus venir, il a émis le vœu de rencontrer des victimes de l’est du pays à Kinshasa. Ainsi, des victimes vont venir de l’Ituri, de Bunia, de Butembo, de Beni, de Goma et puis Bukavu ou bien Uvira, au Sud Kivu. En tout, il y aura une cinquantaine de victimes. Elles sont en train d’arriver à Goma. Nous passerons quelques jours ensemble pour faire connaissance et nous partirons à Kinshasa pour rencontrer le pape.
19/01/2023
RDC: le pape rencontrera des victimes d'exactions
Durant son voyage en République démocratique du Congo (RDC) (31 janvier-3 février 2023), le pape François doit rencontrer à Kinshasa des personnes victimes des violences à l’est du pays. Mgr Melchisédech Sikuli, évêque du diocèse de Butembo-Beni, raconte la situation tragique de sa région où les att...
Qui sont ces victimes qui rencontreront le pape?
Il y a des jeunes filles qui ont été abusées, emmenées dans les forêts par des rebelles pour servir comme esclaves sexuels. Certaines en sont revenues avec des grossesses. Il y a aussi des hommes victimes de violences, qui ont échappé à la mort. Le pape entendra des témoignages de gens qui ont réussi à s’échapper des ADF [groupe de rebelles que certains affilient à l’État islamique, NDLR]. Seront présents également des enfants qui ont été enrôlés par des forces armées, d’autres emmenés pour travailler dans les mines. Et puis il y aura des victimes de l’éruption volcanique de mai 2021 qui avait touché la région de Goma.
Dans cette délégation de victimes, tous ne sont pas chrétiens. Il y a par exemple des musulmans qui ont subi les violences des ADF. Les violences ne concernent pas que les chrétiens, elles touchent tout le monde.
Qu’attendez-vous de la venue du pape en RDC?
Nous attendons qu’il donne un message qui nous parle de réconciliation. Dans cette région, avec toutes ces guerres et cette violence, il y a beaucoup de blessures. Les groupes armés présents ici sont pour la plupart des groupes de défense. À chaque fois, ils veulent protéger leur communauté des autres. Le pape va envoyer un message de réconciliation, de paix et de justice. Il y a tant d’injustices ici, au niveau de la répartition des richesses par exemple. Nous avons besoin de paix. Cela fait presque 30 ans que nous n’avons pas de paix, depuis le génocide au Rwanda voisin. Toute une génération n’a jamais connu la paix!
Espérez-vous un appel du pape à la communauté internationale?
Bien sûr. D’abord, le plus urgent serait que la communauté internationale nous aide sur un plan humanitaire. Avec le conflit en Ukraine, le monde nous a oubliés. Si je prends seulement la ville de Goma et sa périphérie, nous avons 150’000 déplacés de guerre. Aujourd’hui, ce sont seulement les habitants de la ville qui viennent en aide aux déplacés, en leur donnant un peu de nourriture, quelques habits, des couvertures. Nous n’avons pas l’impression qu’il y ait un engouement du monde extérieur sur le plan humanitaire.
"Nous attendons du pape qu’il rappelle que des élections doivent être libres et transparentes"
Ensuite, nous savons que derrière les groupes armés, dont le M23 fait partie, il y a des commanditaires qui viennent de l’extérieur. Nous avons parlé il y a peu de temps du massacre de Kishishe par le M23, en décembre. Ce village était juste à côté d’une zone de minerai stratégique… C’est autour de ces zones que se déroulent des massacres. Et on sait aussi que ces minerais ne profitent pas au Congo, ni même au Rwanda, mais finissent leur course en Occident.
Le pape dénonce régulièrement l’exploitation de l’Afrique par l’Occident…
Oui, c’est un soutien très important. Il faut que l’exploitation des ressources profite à notre peuple, à nos enfants, à nos écoles et hôpitaux. Nous n’avons pas de route ici! Pour visiter certaines paroisses, je dois prendre un hélicoptère, avec la protection de la Monusco.
Et puis le pape déplore aussi le trafic d’armes en Afrique. Nous ne fabriquons pas d’armes ici! Elles viennent de l’Occident. À qui ces guerres profitent-elles?
Des élections présidentielles sont prévues cette année en RDC. Le pape pourra-t-il encourager le bon respect de l’État de droit, alors que les résultats des précédentes élections avaient été contestés par les évêques de RDC?
Nous attendons du pape qu’il rappelle que des élections doivent être libres et transparentes, sans corruption ni trafic. Nous rêvons de cela. Je crois que le pape en parlera. En cette année électorale, il ne peut pas ne rien dire à ce sujet. Mais nous savons que pour que ces élections se passent bien, il faudrait que la paix revienne… (cath.ch/imedia/hl/rz)
Articles les plus lus
20/04/2026 - 16:05
Le nombre de paroisses réformées dans le canton de Vaud sera divisé par trois
Le nombre de paroisses de l’Église évangélique réformée vaudoise (EERV) doit passer de 86 à environ 30 d’ici 2029.
22/04/2026 - 19:00
"En Suisse, il y a une forte augmentation des demandes d'exorcisme"
En Suisse romande comme en Europe et aux États-Unis, le nombre de personnes se disant possédées ne cesse de croître, tout comme les demandes d’exorcisme. La possession serait-elle un simple trouble psychique? Une croyance teintée d’obscurantisme? La psychanalyste Marie Renaud-Trémelot répond.
23/04/2026 - 19:00
Léon XIV, un lion qui n’hésite pas à rugir
La tournée africaine qui s’achève ce 23 avril 2026 a agi comme un révélateur, imposant la stature internationale de Léon XIV et dévoilant des facettes jusque-là méconnues de son pontificat. Par ses paroles fermes dans chacun des quatre pays visités, Léon XIV est apparu comme ‘un lion qui sait rugir...
La RDC: le plus grand pays catholique d’Afrique
Le pape François s’apprête à se rendre pour la première fois de son pontificat en République démocratique du Congo, du 31 janvier au 3 février 2023. Selon les chiffres communiqués par le Saint-Siège*, le pays compte plus de 52 millions de catholiques, soit près de la moitié de la population de ce pays d’Afrique estimée à un peu plus de 105 millions d'habitants.
Cela fait de la RDC le plus grand pays catholique d’Afrique, avec près de 20% des catholiques du continent africain (257 millions). Le pays représente un peu moins de 4% des catholiques du monde entier (1 milliard 360 millions, selon les chiffres de Fides publiés en octobre 2022).
La RDC est ainsi le premier pays catholique francophone au monde en termes de fidèles. Bien que le nombre de catholiques congolais ait augmenté ces dernières années – ils étaient un peu plus de 43 millions en 2015 selon le Vatican -, la population du pays a grandi davantage – 81 millions en 2015 versus 105 millions en 2021. Les catholiques congolais sont ainsi passés sous la barre des 50% de la population totale.
Concernant le nombre de prêtres catholiques dans le pays, il reste faible au regard de la communauté catholique (6.162 prêtres). En comparaison, la France comptait encore près de 14.000 prêtres en 2021. Le nombre de prêtres en RDC est relativement stable depuis 2015 où l’on comptait 5.957 prêtres diocésains et religieux. À noter toutefois que le nombre de prêtres diocésains augmente légèrement quand le nombre de prêtres religieux diminue : en 2015, le pays comptait 2.042 prêtres membres de communautés religieuses, soit 1.000 de plus qu’aujourd’hui.
L’Église en République démocratique du Congo compte par ailleurs sur un réseau très important de laïcs, investis dans les missions pastorales et sociales. Le pays compte 76.794 catéchistes.
La concurrence des évangéliques
L’un des enjeux du voyage du pape en République démocratique du Congo est d’encourager une Église catholique fortement concurrencée par les Églises évangéliques qui connaissent un succès croissant ces dernières années. « Pour le catholicisime, la RDC représente un paquebot d’un point de vue numérique. Mais cette Église est aujourd’hui menacée par la prolifération des Églises du réveil », glisse un bon connaisseur de la région. Le Vatican estime que 22% de la population congolaise est protestante et 19% font partie des milieux évangéliques et pentecôtistes.
Par ailleurs, l’Église en RDC souffre d’un manque de visibilité au sein de l’Église universelle. Elle ne compte qu’un seul cardinal, en la personne de l’archevêque de Kinshasa, Fridolin Ambongo, élevé à la pourpre cardinalice en 2019 par le pape François.
« Au-delà de la RDC, je constate qu’au sein de la Curie romaine, il n’y a plus aucun africain chef de dicastère depuis les départs du cardinal Sarah et du cardinal Turkson », note un diplomate qui imagine que ce voyage est aussi pour le Saint-Siège une occasion d’identifier des profils pour servir à Rome. « Compte-tenu des priorités affichées du pape François pour les périphéries, cela me semblerait logique qu’il procède à des nominations de personnalités africaines », juge-t-il.
*Les statistiques varient selon les sources. Le rapport de la CIA indique que les catholiques représentent 30% de la population de la RDC. Il assure toutefois que les chrétiens dans leur ensemble forment 90% de la population du pays.
Articles les plus lus
20/04/2026 - 16:05
Le nombre de paroisses réformées dans le canton de Vaud sera divisé par trois
Le nombre de paroisses de l’Église évangélique réformée vaudoise (EERV) doit passer de 86 à environ 30 d’ici 2029.
22/04/2026 - 19:00
"En Suisse, il y a une forte augmentation des demandes d'exorcisme"
En Suisse romande comme en Europe et aux États-Unis, le nombre de personnes se disant possédées ne cesse de croître, tout comme les demandes d’exorcisme. La possession serait-elle un simple trouble psychique? Une croyance teintée d’obscurantisme? La psychanalyste Marie Renaud-Trémelot répond.
23/04/2026 - 19:00
Léon XIV, un lion qui n’hésite pas à rugir
La tournée africaine qui s’achève ce 23 avril 2026 a agi comme un révélateur, imposant la stature internationale de Léon XIV et dévoilant des facettes jusque-là méconnues de son pontificat. Par ses paroles fermes dans chacun des quatre pays visités, Léon XIV est apparu comme ‘un lion qui sait rugir...
RDC: les paroisses de Kinshasa se mobilisent pour la venue du pape
A la veille de l’arrivée du pape François en République démocratique du Congo (RDC), le 31 janvier, les paroisses de Kinshasa, la capitale, se mobilisent aussi bien dans la prière que pour l’accueil du Saint-Père. A Ste Thérèse-de-Ndjili, Ste-Anne et Sacré-Cœur de Gombé ou encore Elimo Santu de Lemba, prêtres et fidèles s’impatientent tout en s’activant aux derniers préparatifs.
Max Savi Carmel, à Kinshasa
Ndjili. A 12 km de Kinshasa, cette commune périphérique héberge l’aéroport où atterrira le pape le 31 janvier à 15 heures (heure Suisse). A la paroisse la plus proche de cet aéroport, Hubert Katawa Kayembe sensibilise les siens. Sa paroisse, Ste Thérèse, aura une délégation à la grande messe que dira le pontife le 1er février.
Un signe de réconfort pour le Congo
Alors pendant chacune de ses messes, le curé invite ses fidèles, "à participer massivement aux manifestations de la visite du Saint-Père". Au Sacré-Cœur, au centre de Kinshasa, le groupe «Miséricorde Divine» multiplie des séances spéciales de prière, "pour la réussite du voyage de notre pape", précise Claire Mbombo. Membre du groupe, elle voit dans "l’arrivée de François un signe de réconfort" pour le Congo éprouvé par "le pillage de ses ressources, la guerre à l’est, le viol de femmes et l’extrême pauvreté". Tout comme cette fonctionnaire du ministère des Mines, les catholiques "prient et veillent" à la demande du cardinal Ambongo.
A l’entrée des paroisses, sur les murs, dans les chapelles, des affiches, mais aussi des organisations en petits groupes pour participer à la grande messe pontificale. En attendant, toute l’Église en RDC prie pour le pape, la peur d’une ultime annulation à cause des problèmes de santé du pape étant dans tous les esprits.
Prières spéciales pour la visite du pape
Quartier Clinique, dans la commune de Gombe, le centre-ville cossu et administratif de Kinshasa. Des drapeaux du Vatican signalent la Nonciature apostolique. Non loin de l’Ambassade du Saint-Siège, c’est à sa paroisse habituelle, au Sacré-Cœur, que Claire Mbombo prend part, à quelques jours de la visite papale, à la messe de 7h. Son plus grand souhait, "que les fidèles catholiques, les femmes et hommes de bonne volonté réservent un chaleureux accueil au pape". L’église était pleine à craquer.
"J’ai l’impression que l’annonce de l’arrivée du pape a réveillé quelque relent catho chez des fidèles", sourit Samuel Tanko. L’ancien séminariste est très attaché à cette paroisse dont dépendent ses parents. Pour lui, "des personnes qui avaient abandonné l’Église sont revenues ces derniers jours". Il justifie ce subit engouement par la visite attendue de François. "L’église continuera à être aussi pleine après le départ du pape", espère-t-il.
A la fin de la messe, Teddy Iyemwebi ne peut pas ne pas évoquer "cet événement historique et unique". Prêtre du diocèse d’Inongo, il a fini sa messe de ce matin par la traditionnelle "prière pour la visite du pape", récitée en marge des célébrations eucharistiques dans toutes les paroisses de Kinshasa et de la RDC. Étudiant à l’université protestante de Kinshasa, le clerc vient dire quelques messes dominicales ici. Pour lui, "cette visite est un appel d’air pour la foi" des fidèles. Mais au-delà de la prière, les paroissiens veulent aussi participer à la réussite de cette visite qui occupe toute l’actualité dans la capitale congolaise.
Paroisses mobilisées
Ste-Anne-de-Gombe est une église en vue du centre-ville d’autant qu’elle accueille de grandes célébrations parfois politiques. Début février dernier, le chef de l’État, Félix Tshisekedi s’y trouvait pour la messe anniversaire de la mort d’Etienne, son père et opposant historique. Un an plus tard, c’est un autre hôte qui mobilise la paroisse. A l’entrée, une banderole géante plaquée en pleine rue annonce la visite du pape. Dans la cour de l’église, contre les façades principales, des affiches aussi bien en italien, en lingala (principale langue du Congo) qu’en français signalent la venue tant attendue du pontife. "Benvenuto Santo Padre Papa Francesco" expose-t-on ostentatoirement dans un pays où la langue italienne ne se parle pas, "c’est la langue officielle du Vatican", ironise Sœur Innocente.
Avec d’autres personnes, la religieuse participera à la décoration des sites qui accueilleront l’évêque de Rome. Dans le quartier commercial de Lemba, l’église Elimo Santu attend les derniers jours pour poser ses affiches mais au niveau de la paroisse, la plus grande attente pour le Père Landry Maketa, "c’est la paix".
Le prêtre espère que "les prières du pape ramèneront la paix" alors qu’à l’est du pays, la guerre sévit. Plusieurs groupes de prières et des mouvements d’apostolat se concertent pour la grande messe. Le vicaire d’Elimo Santu n’a plus de doute, "je serai à Ndolo, c’est ma première occasion de voir le vicaire du Christ en vrai" confie-t-il au correspondant de cath.ch. A 58 ans, Jean André Tshiluba espère qu’il fera partie de la délégation officielle de la paroisse pour la dite messe, sinon, a-t-il déjà prévu, "je m’y rendrai à titre personnel". Une perspective partagée par Marie Reine Nzebe. Journaliste à la télévision nationale, cette fidèle d’Elimo Santu ("Saint Esprit" en lingala) envisage aussi de prendre part à cette grande célébration. Tout comme elle, 2 millions de personnes pourraient tenter d’y participer, alors que le site compte 1,5 millions de places.
La messe de toutes les grâces
La grande messe du 1er février est dans tous les esprits, dans un pays où 60% des 110 millions d’habitants sont catholiques. Sur les réseaux sociaux, des jeunes ont lancé un challenge avec des photos médaillons sur l’affiche officielle de la visite avec la phrase "Je serai à Ndolo". C’est à l’aéroport éponyme qu’un espace de 85'000 m² a été aménagé avec un gigantesque chœur de 1500m² où trône l’autel. Pour des raisons de sécurité, le site qui accueillera des répétitions cette semaine est fermé au public.
"Nous sensibilisons nos fidèles à ne manquer aucun rendez-vous avec le pape", insiste le Père Landry Maketa. "Le cardinal a dit que 20 minutes avant la fin de la messe, le pape fera le tour de la foule en papamobile, je verrai de près le véhicule du pontife", jure le prêtre spiritain. Cette messe pontificale est perçue comme celle de "toutes les grâces" pour Blandine Katanga. La journaliste catholique multiplie des reportages sur l’événement. Dorcas Mangala espère qu’au-delà des grâces, "la messe pontificale contribuera à l’unité des chrétiens".
La vice-présidente des lecteurs de la paroisse Elimo Santu qui devrait prendre aussi part, est impatiente, "nous attendons le pape, qu’il vienne vite!". Elle espère revivre des émotions semblables à celles que lui ont racontées ses parents qui avaient été témoins des visites de Jean Paul II en 1980 et en 1985. "Des moments inoubliables", espère, toute joyeuse dans la cour de sa paroisse, Dorcas Mangala. (cath.ch/msc/bh)
Un pays très catholique qu’aimait Jean Paul II
La RDC est le pays le plus chrétien du continent, soit plus de 95,8 % de ses 110 millions d’habitants dont plus de 60% sont catholiques. Il a donné à l’Afrique son premier évêque subsaharien, Dom Henrique (1495-1530), fils d’Alphonse 1er, roi du Kongo. Avec une cinquantaine d’évêques, plus de 5'000 prêtres et le monopole dans l’éducation (écoles et universités) et la santé (hôpitaux et dispensaires), l’Eglise est l’institution la plus influente du pays. Jean Paul II y a entretenu de bonnes relations notamment avec deux cardinaux de Kinshasa, Joseph Malula qu’il a accueilli à Rome quand il était menacé par la dictature Mobutu ou encore Frédéric Etsou Bamungwabi. Le pape polonais a visité le pays en 1980 et en 1985. MSC
23/01/2023
Dans les coulisses du voyage du pape en RDC
Deux diplomates chevronnés, Ettore Balestrero et Deogratias Ndagano, l’un nonce, l’autre ambassadeur, ont été au cœur des préparatifs du voyage du pape en République démocratique du Congo (RDC). Diego Giovani peaufine la liturgie et George Jacob Koovakad gère notamment la logistique et la sécurité.
Articles les plus lus
20/04/2026 - 16:05
Le nombre de paroisses réformées dans le canton de Vaud sera divisé par trois
Le nombre de paroisses de l’Église évangélique réformée vaudoise (EERV) doit passer de 86 à environ 30 d’ici 2029.
22/04/2026 - 19:00
"En Suisse, il y a une forte augmentation des demandes d'exorcisme"
En Suisse romande comme en Europe et aux États-Unis, le nombre de personnes se disant possédées ne cesse de croître, tout comme les demandes d’exorcisme. La possession serait-elle un simple trouble psychique? Une croyance teintée d’obscurantisme? La psychanalyste Marie Renaud-Trémelot répond.
23/04/2026 - 19:00
Léon XIV, un lion qui n’hésite pas à rugir
La tournée africaine qui s’achève ce 23 avril 2026 a agi comme un révélateur, imposant la stature internationale de Léon XIV et dévoilant des facettes jusque-là méconnues de son pontificat. Par ses paroles fermes dans chacun des quatre pays visités, Léon XIV est apparu comme ‘un lion qui sait rugir...
Sant'Egidio encourage le Soudan du Sud à la paix
En 2020, la signature de la 'Déclaration de Rome’ entre les différentes factions a constitué une avancée tangible pour déplacer la confrontation du terrain militaire au terrain politique. C'est qu'explique à I.MEDIA Paolo Impagliazzo, secrétaire général de Sant’Egidio et artisan de la médiation pour le Soudan du Sud, qui accueillera le pape à Djouba lors de sa visite dans le pays, du 3 au 5 février prochain.
La Communauté de Sant’Egidio, connue notamment pour sa médiation dans le cadre de la guerre civile au Mozambique, s’est aussi beaucoup investie pour la paix au Soudan du Sud. Elle a cherché à ramener à la table des négociations certaines factions rebelles qui n’avaient pas été associées à l’accord de 2018 signé entre le président Salva Kiir et son principal opposant Riek Machar, redevenu vice-président. Explications de Paolo Impagliazzo.
Comment Sant’Egidio est-elle entrée en contact avec les acteurs du Soudan du Sud?
Paolo Impagliazzo: Sant’Egidio est amie du Soudan du Sud depuis une période bien antérieure à l’indépendance. La première visite du Dr John Garang (père de l’indépendance sud-soudanaise, décédé en 2005, ndlr) à Sant’Egidio a eu lieu en 1994. C’est donc une relation très longue, qui a continué au fil du temps, durant la longue guerre pour l’indépendance du Soudan du Sud. Nous étions présents le jour de l’indépendance, le 9 juillet 2011.
Plus récemment, en 2017, la Communauté a été invitée à participer à une prière pour la réconciliation et le pardon au Soudan du Sud. Puis, après la retraite spirituelle de 2019 au Vatican, nous avons voulu, avec le plein soutien du gouvernement du Soudan du Sud, ouvrir une plateforme de négociation entre le gouvernement d’union nationale et les groupes qui sont restés à l’extérieur de l’accord de paix de 2018, avec une nouvelle initiative pour soutenir l’effort du pape, de l’Église, pour la stabilisation du pays et l’inclusivité dans le processus politique. L’intention principale était de réduire la violence dans le pays, en considérant que le peuple avait déjà trop souffert. En incluant la lutte pour l’indépendance, la guerre a duré plus de 40 ans, avec beaucoup de souffrance.
"Sant’Egidio est amie du Soudan du Sud depuis une période bien antérieure à l’indépendance."
Ce début d’année marque le troisième anniversaire de la Déclaration de Rome du 12 janvier 2020, signée sous l’égide de Sant’Egidio, et lors de laquelle les différentes factions sud-soudanaises s’étaient engagées à la paix. Ce processus de paix s’est-il concrétisé sur le terrain?
Il faut se souvenir que peu après la Déclaration de Rome, il y a eu la pandémie de Covid-19 qui a empêché la poursuite du dialogue politique. Ce processus a été “congelé” en quelque sorte. Mais après la pandémie, il y a eu beaucoup d’autres rencontres, qui ont permis de réduire la violence concernant les groupes impliqués dans ce dialogue. Les engagements n’ont pas toujours été tenus sur le plan militaire, mais il y a eu des avancées sur le plan politique, car les différentes parties ont eu l’occasion de discuter de l’agenda des discussions.
15/01/2020
Soudan du Sud: accord de paix sous l’égide de Sant’Egidio
Un cessez-le-feu doit entrer en vigueur le 15 janvier 2020 à minuit au Soudan du Sud, pays dévasté par une sanglante guerre civile entre partisans du président Salva Kiir et ceux du vice-président Riek Machar luttant pour le pouvoir et le partage des richesses du pays.
Nous avons l’espérance de pouvoir reprendre ce dialogue, mais nous devons dire que le gouvernement, à deux reprises, d’août à décembre 2021 et plus récemment en novembre 2022, a suspendu sa participation à ce dialogue, pour des motifs liés à des violations du cessez-le-feu. Malgré ces contretemps, la Déclaration de Rome a permis de faire en sorte que ceux qui n’avaient pas signé l’accord de 2018 soient reconnus comme des interlocuteurs politiques, et pas seulement comme des forces rebelles. Nous avons donc déplacé la confrontation du plan militaire au plan politique, et ceci est fondamental. Pour diminuer la violence, il faut que les parties se parlent. Nous en sommes convaincus.
C’est le grand succès de cette initiative: passer de la confrontation militaire au débat politique. Ensuite, le cessez-le-feu n’est peut-être pas toujours respecté, mais il est important de garder une table de négociation pour trouver un moyen de réduire la violence.
"Nous avons déplacé la confrontation du plan militaire au plan politique, et ceci est fondamental."
Sant’Egidio applique donc au Soudan du Sud la méthode qui a porté ses fruits au Mozambique?
Absolument. Nous sommes convaincus que garder ouverte la table des négociations, même s’il y a des affrontements, est l’unique façon d’arrêter la violence. Il ne s’agit pas de vaincre militairement l’adversaire, mais de maintenir ouverte la table du dialogue.
Comment s’articule votre lien avec le Saint-Siège et avec les acteurs de la diplomatie traditionnelle?
Chaque session de négociations à Rome s’est faite avec la présence d’un représentant de la secrétairerie d’État, comme témoin, et nous l’informons de nos démarches sur le terrain. Il y a eu un round de négociations au Kenya en présence du nonce local, accrédité également auprès du Soudan du Sud.
La Communauté de Sant’Egidio est reconnue par le Saint-Siège comme association publique de laïcs, mais pour ce qui concerne le travail de médiation, elle est totalement indépendante du Vatican. Cependant, il y a un partage d’informations sur certains thèmes. Pour ce qui concerne le Soudan du Sud, des observateurs de la secrétairerie d’Etat ont participé à certaines sessions de travail, à Rome et au Kenya.
Les négociations se sont aussi tenues en présence d’envoyés spéciaux des pays de la région: Soudan, Éthiopie, Kenya, Ouganda, et des envoyés de la Troïka – États-Unis, Royaume-Uni, Norvège -, ainsi que l’Union européenne et les Nations unies. La médiation de la Communauté de Sant’Egidio a donc intégré des représentants de la communauté internationale. Il faut un effort de tous pour arriver à des résultats.
Le retour des réfugiés est-il un sujet envisageable aujourd’hui?
On estime que les réfugiés dans les pays limitrophes et les déplacés internes représentent environ 4 millions de Sud-Soudanais sur 12 millions au total, soit un tiers de la population sud-soudanaise.
La mobilité de la population sud-soudanaise est importante, mais parler d’un retour est prématuré. Certains vivent depuis longtemps à l’étranger, certains avant l’indépendance, d’autres depuis les combats de 2013… De nombreuses années se sont écoulées et les conditions pour revenir sont difficiles. On peut voir quelques retours, mais il est trop tôt pour envisager un retour massif.
Comment se vit la relation aujourd’hui entre le Soudan et le Soudan du Sud, qui a fait sécession en 2011?
Tout d’abord, il faut rappeler que la situation interne au Soudan est encore fragile. Récemment un accord a été signé à Khartoum entre les militaires et une partie de la société civile. Des commissions sont en train de se pencher sur cinq points clés qui n’ont pas été traités dans cet accord. Les contacts se poursuivent pour arriver à une stabilisation de la situation, ce qui n’est pas encore acquis.
Il y a encore de nombreuses difficultés car le Soudan est un grand pays dans lequel les périphéries ont souvent été oubliées. Il faut un processus de réconciliation profond, pour que les populations, les groupes qui ont été marginalisés puissent faire entendre leurs voix. C’est un processus long, mais cet accord récemment signé va dans la bonne direction. Le Soudan est un pays complexe, avec une société civile très développée. Le débat politique est très vivant, ce qui est positif, mais avec un risque de dispersion.
"Il y a encore de nombreuses difficultés car le Soudan est un grand pays dans lequel les périphéries ont souvent été oubliées."
Malgré ces incertitudes, les relations entre le Soudan et le Soudan du Sud sont bonnes. Récemment, le général Abdel Fattah al-Burhan, président du Conseil suprême souverain du Soudan, s’est rendu à Djouba. Les liens sont étroits. Il y a une bonne collaboration, ce qui peut sembler étonnant par rapport au passé. Par exemple, le Soudan du Sud a accueilli les “Juba Peace Talks”, en 2021. C’était un processus de dialogue entre le gouvernement de Khartoum et certains groupes rebelles soudanais. Le dialogue pour le Nord se tenait donc à Djouba! Cela montre que les relations ont évolué: Djouba est devenue un lieu où les Soudanais cherchent un accord politique entre les différents groupes soudanais, pour établir un processus inclusif.
Ce “voyage impossible” du pape François, après notamment après celui mené en République centrafricaine en 2015 et en Irak en 2021, montre que des gestes forts peuvent réussir là où les méthodes de la diplomatie traditionnelle ont échoué?
Oui, vous évoquez la République centrafricaine: le choix d’ouvrir la première Porte sainte du Jubilé de la Miséricorde à Bangui a été un geste incroyable, car ce pays vivait un moment de grande difficulté. Ouvrir la Porte sainte dans les périphéries a été très symbolique, pour mettre au cœur de la vie de l’Église un pays en grande difficulté.
"Des générations entières ont grandi en ne connaissant que la guerre."
Le voyage en Irak a aussi été incroyablement positif, notamment pour les chrétiens, et aussi pour les populations locales musulmanes. Le pape est apparu comme un symbole d’unité dans le monde. Le voyage au Soudan du Sud est chargé d’une dimension œcuménique, c’est un symbole très important, car il y a déjà un œcuménisme vécu, de caractère populaire.
Ce peuple a du mal à sortir d’une logique de violence, mais il faut avoir conscience du fait que le pays a dû affronter 40 ans de guerre d’indépendance. Des générations entières ont grandi en ne connaissant que la guerre. La visite du pape apportera donc un encouragement pour la plus jeune nation du monde, qui a encore du mal à trouver une voie pacifique. (cath.ch/imedia/cv/bh)
25/01/2023
Les sept plaies du Soudan du Sud
C’est un peuple profondément meurtri et désillusionné par une guerre civile et d'autres conflits armés qui paraissent sans fin que va rencontrer le pape François du 3 au 5 février 2023 au Soudan du Sud. De cette visite, les Soudanais du Sud n’attendent rien de moins qu’un miracle: celui d’une réconc...
Articles les plus lus
20/04/2026 - 16:05
Le nombre de paroisses réformées dans le canton de Vaud sera divisé par trois
Le nombre de paroisses de l’Église évangélique réformée vaudoise (EERV) doit passer de 86 à environ 30 d’ici 2029.
22/04/2026 - 19:00
"En Suisse, il y a une forte augmentation des demandes d'exorcisme"
En Suisse romande comme en Europe et aux États-Unis, le nombre de personnes se disant possédées ne cesse de croître, tout comme les demandes d’exorcisme. La possession serait-elle un simple trouble psychique? Une croyance teintée d’obscurantisme? La psychanalyste Marie Renaud-Trémelot répond.
23/04/2026 - 19:00
Léon XIV, un lion qui n’hésite pas à rugir
La tournée africaine qui s’achève ce 23 avril 2026 a agi comme un révélateur, imposant la stature internationale de Léon XIV et dévoilant des facettes jusque-là méconnues de son pontificat. Par ses paroles fermes dans chacun des quatre pays visités, Léon XIV est apparu comme ‘un lion qui sait rugir...
Quand catholiques et anglicans évangélisaient le sud du Soudan
L’histoire du christianisme au Soudan du Sud remonte au 6e siècle déjà. Mais sa véritable implantation débute au 19e siècle, avec l’arrivée des missionnaires comboniens et des anglicans, relate l’agence missionnaire vaticane Fides.
La population du Soudan du Sud est composée aux deux tiers de chrétiens, majoritairement catholiques ou anglicans. C’est dire l’importance que revêt le voyage «œcuménique» dans le pays, du 3 au 5 février 2023, du pape François, de l'archevêque de Canterbury Justin Welby Welby et du pasteur Iain Greenshields, modérateur de l'Assemblée générale de l'Église d’Écosse.
Des premières annonces de l’Évangile au Soudan du Sud sont constatées au 6e siècle déjà. Mais «les véritables initiatives d'évangélisation dans ce qui compose alors le Soudan [Soudan et Soudan du Sud actuels] ont commencé au 19e siècle, pendant la période de l'Empire britannique, avec les missionnaires comboniens arrivés de Vérone et les missionnaires de la Mill Hill Society», rappelle le Père Christopher Hartley, un missionnaire anglo-espagnol envoyé à Nandi, dans le diocèse de Tombura-Yambio.
Les écoles des missionnaires italiens
C’est par leur biais des comboniens que le catholicisme arrive pour la première fois à Mupoi, près de Tombura, en 1912. Cette congrégation missionnaire fondée en 1857 par l’Italien Daniel Comboni a pour objectif de porter l’Évangile en Afrique centrale. Ses missionnaires construisent des écoles et des hôpitaux au Soudan du Sud, pour servir la population locale et l’évangéliser plus facilement. Les habitants du sud du Soudan sont alors majoritairement animistes.
L'éducation est d’ailleurs toujours au centre des préoccupations et des initiatives de l'Église catholique locale. La plupart des mineurs du pays sont éduqués dans des établissements scolaires catholiques. «À Tombura, par exemple, il y a plus d'écoles catholiques que d'écoles publiques», précise le Père Hartley.
S’il y a encore des endroits où les missionnaires annoncent pour la première fois l’Évangile, les vocations sacerdotales et religieuses ne manquent pas dans le pays. La capitale Djouba accueille le Grand Séminaire Saint-Paul et la plupart des diocèses ont plusieurs petits séminaires. Mais «la formation y est très précaire», souligne le prêtre anglo-espagnol. En conséquence, la plupart des étudiants en théologie du pays se forment à Djouba mais aussi à Nairobi ou Kinshasa.
«Bien qu'il existe encore une composante de syncrétisme avec des éléments des religions traditionnelles, la foi d'une grande partie de la population chrétienne est admirable et émouvante», relève le Père Hartley. Daniel Comboni et l’ancienne esclave Joséphine Bakhita, née vers 1845 dans les Monts Nuba et devenue religieuse canossienne en Italie, sont les deux grands saints vénérés par les Soudanais du Sud.
Anglicans et réformés
D'autres Églises et communautés ecclésiales non catholiques sont arrivées au Soudan à partir de 1899. Les anglicans, par l'intermédiaire de la Church Missionary Society, ont administré le baptême à des dizaines de milliers d'habitants après quelques années seulement d’implantation.
L'Église presbytérienne unie, qui fait partie de la Communion mondiale des Églises réformées, a commencé pour sa part son travail au Soudan en 1900. Puis, au cours du 20e siècle, des missionnaires de nombreuses autres communautés ecclésiastiques réformées et évangéliques, telles que l'Église soudanaise du Christ, ont atteint le pays, concentrant leurs activités dans le sud. (cath.ch/fides/lb)
Articles les plus lus
20/04/2026 - 16:05
Le nombre de paroisses réformées dans le canton de Vaud sera divisé par trois
Le nombre de paroisses de l’Église évangélique réformée vaudoise (EERV) doit passer de 86 à environ 30 d’ici 2029.
22/04/2026 - 19:00
"En Suisse, il y a une forte augmentation des demandes d'exorcisme"
En Suisse romande comme en Europe et aux États-Unis, le nombre de personnes se disant possédées ne cesse de croître, tout comme les demandes d’exorcisme. La possession serait-elle un simple trouble psychique? Une croyance teintée d’obscurantisme? La psychanalyste Marie Renaud-Trémelot répond.
23/04/2026 - 19:00
Léon XIV, un lion qui n’hésite pas à rugir
La tournée africaine qui s’achève ce 23 avril 2026 a agi comme un révélateur, imposant la stature internationale de Léon XIV et dévoilant des facettes jusque-là méconnues de son pontificat. Par ses paroles fermes dans chacun des quatre pays visités, Léon XIV est apparu comme ‘un lion qui sait rugir...
Une marée humaine accueille le pape pour la messe à Kinshasa
Au deuxième jour de sa visite à Kinshasa, le 1er février 2023, le pape François célèbre une messe à l’aéroport Ndolo de Kinshasa devant plus d’un million de fidèles dans une chaude ambiance.
Hugues Lefèvre, à Kinshasa pour cath.ch
La messe ne démarre que dans trois heures, mais l’aéroport de Ndolo est déjà noir de monde. Aux abords de l’immense terrain, des Congolais se pressent encore dans une agitation spectaculaire. Des motos sur lesquelles s’entassent trois passagers endimanchés tentent de se frayer un chemin dans ce flux incessant qui converge vers Ndolo. Kinshasa est en fête. Sur le tarmac, la chorale de 700 personnes tentent de répéter malgré le puissant son des dizaines d’enceintes qui diffusent des chants congolais.
“On est très enthousiastes”, s’exclame Modeste Busa, membre de ce chœur géant. “Nous avons commencé les répétitions il y a un an, en février 2022. Malgré le report du voyage prévu en juillet, nous avons continué”, raconte l’homme de 53 ans qui se souvient avoir chanté lors du dernier voyage de Jean Paul II, en 1985. “C’est une joie de chanter pour le pape, c’est quasiment unique dans une vie”, confie-t-il, alors que sa chorale reprend de plus belle.
À quelques mètres de la structure qui accueille les choristes, une foule massée derrière des barrières danse au rythme de la musique. “Je suis arrivée hier à 15h et j’ai dormi ici”, raconte Léonie, une septuagénaire venue avec sa famille. “Nous avons pris de quoi manger, du sucre, de l’eau… Nous ne pouvions pas rater cela”, souligne la femme qui avoue ne pas avoir beaucoup dormi. Mais la présence du pape effacera ses efforts: “Le cœur des Congolais va changer avec cette venue, la population en a tant besoin avec ces guerres à l’est”.
Devant l’estrade géante où est célébrée la messe, une délégation de Congolais venus de Brazzaville a fait le déplacement. Nuphia Mbemba, membre des scouts et guides du Congo a traversé le fleuve qui sépare Brazzaville de Kinshasa pour signifier la proximité de la République du Congo avec la RDC. “Anthropologiquement, on se rend compte que nous avons le même gène”, insiste-t-elle.
Comme pour les centaines de milliers de personnes rassemblées sur le tarmac, elle souhaite que ce rassemblement souffle un vent de paix sur cette terre meurtrie par les conflits et la pauvreté. C’est aussi le cas de Joseph, venu de la province du Kasaï, au centre de la RDC. L’homme de 42 ans travaille dans une société d’électricité et son patron lui a accordé cinq jours de vacances pour se rendre à Kinshasa.
“J’ai fait 24 heures de route. Et je suis débout depuis 3h du matin”, explique-t-il. Pour lui, sa présence est une évidence: “Je viens prendre la bénédiction du Saint Père. Quand on voit le pape, on voit le représentant de Jésus, celui qui apporte la paix”.
Même discours pour Bienvenue, séminariste et théologien venu de la province de Kwango, au sud de la capitale, avec 145 autres séminaristes. S’il veut croire à un souffle d’espérance qui touche les chrétiens, il espère aussi que le pape saura faire passer des messages aux politiciens. “Ce sont eux qui sont responsables des malheurs du pays”, insiste-t-il.
C’est dans cette atmosphère bouillante que le pape a fait son entrée sur le tarmac. Accompagné du cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, il a sillonné l’aéroport pour saluer les fidèles. La messe doit commencer à 9h30. (cath.ch/imedia/hl/bh)
Articles les plus lus
20/04/2026 - 16:05
Le nombre de paroisses réformées dans le canton de Vaud sera divisé par trois
Le nombre de paroisses de l’Église évangélique réformée vaudoise (EERV) doit passer de 86 à environ 30 d’ici 2029.
22/04/2026 - 19:00
"En Suisse, il y a une forte augmentation des demandes d'exorcisme"
En Suisse romande comme en Europe et aux États-Unis, le nombre de personnes se disant possédées ne cesse de croître, tout comme les demandes d’exorcisme. La possession serait-elle un simple trouble psychique? Une croyance teintée d’obscurantisme? La psychanalyste Marie Renaud-Trémelot répond.
23/04/2026 - 19:00
Léon XIV, un lion qui n’hésite pas à rugir
La tournée africaine qui s’achève ce 23 avril 2026 a agi comme un révélateur, imposant la stature internationale de Léon XIV et dévoilant des facettes jusque-là méconnues de son pontificat. Par ses paroles fermes dans chacun des quatre pays visités, Léon XIV est apparu comme ‘un lion qui sait rugir...
Kinshasa: le pape appelle à une «grande amnistie du cœur»
Jésus «connaît tes blessures, il connaît les blessures de ton pays, de ton peuple, de ta terre!» a déclaré le pape François à une foule de plus d’un million de fidèles congolais lors de la messe célébrée à l’aéroport Ndolo de Kinshasa le 1er février 2023. Il les a invités à orienter leur vie vers le pardon, la communauté et la mission, afin de contribuer à la réconciliation dans leur pays fracturé par les guerres et les conflits ethniques.
Hugues Lefèvre, à Kinshasa pour cath.ch
C’est dans une atmosphère de grande joie que le pape François a fait son entrée sur le tarmac de l’aéroport de Ndolo de Kinshasa. Accompagné par le cardinal Fridolin Ambogo, archevêque de Kinshasa, il a sillonné en papamobile les quelque 850’000 m2 de ce terrain sur lequel des milliers de Congolais ont dormi pour assister à la célébration.
Près de 38 ans après la venue du pape Jean-Paul II, le pontife argentin est venu encourager une population blessée par des années de conflits et en soif d’espérance. «J’ai tant désiré ce moment», a commencé par dire le pape François, lui qui avait dû renoncer à se rendre en RDC et au Soudan du Sud en juillet dernier, pour des raisons de santé et de sécurité.
Jésus «nous tend la main lorsque nous sommes sur le point de sombrer, il nous relève quand nous touchons le fond», a assuré le pape dans son homélie, comparant le désespoir du peuple congolais à celui des disciples du Christ après sa crucifixion. Il a évoqué les «blessures qui brûlent, continuellement infectées par la haine et la violence» et a reconnu que «le remède de la justice et le baume de l’espérance ne semblent jamais arriver».
Mais le chef de l’Église catholique a tout de même invité les chrétiens de RDC à avoir «le courage d’accomplir une grande amnistie du cœur». «Toi qui t’affirmes chrétien dans ce pays mais qui commets des violences […]: dépose tes armes, embrasse la miséricorde», a-t-il exhorté, invitant à une purification des cœurs «de tout ressentiment et de toute rancœur».
«Les différences ethniques, régionales, sociales et religieuses viennent après»
«Bien-aimés, que ce jour soit un temps de grâce pour accueillir et vivre le pardon de Jésus!» a exhorté le pape François. «Alors que dans le cœur des disciples, ce sont des ruines, Jésus proclame la paix; alors qu’ils ressentent en eux la mort, Il annonce la vie», a-t-il proclamé.
Le pontife argentin a invité les Congolais à entretenir l’esprit de communauté en partageant avec les pauvres. «L’humilité est la grandeur du chrétien et la fraternité sa vraie richesse», a-t-il insisté.
«Les différences ethniques, régionales, sociales et religieuses viennent après et ne sont pas des obstacles», a aussi proclamé le pape dans ce pays marqué par l’engagement de nombreux laïcs catholiques en faveur de la démocratie et de la justice sociale.
Le pape les a enfin appelés à être des «missionnaires de paix» pour «briser le cercle de la violence» et «démanteler les complots de la haine». «Jésus dit aujourd’hui à chaque famille, communauté, groupe ethnique, quartier et ville de ce grand pays: la Paix soit avec vous», a-t-il assuré.
Lors de cette messe festive, célébrée avec certains éléments du «rite zaïrois", le pontife s’est exprimé à plusieurs reprises en français. Le président de la RDC, Félix Tshisekedi, était présent à la messe, avec son épouse. Baptisé catholique, le chef d’État est devenu chrétien évangélique. (cath.ch/imedia/cv/hl/cd/bh)
Articles les plus lus
20/04/2026 - 16:05
Le nombre de paroisses réformées dans le canton de Vaud sera divisé par trois
Le nombre de paroisses de l’Église évangélique réformée vaudoise (EERV) doit passer de 86 à environ 30 d’ici 2029.
22/04/2026 - 19:00
"En Suisse, il y a une forte augmentation des demandes d'exorcisme"
En Suisse romande comme en Europe et aux États-Unis, le nombre de personnes se disant possédées ne cesse de croître, tout comme les demandes d’exorcisme. La possession serait-elle un simple trouble psychique? Une croyance teintée d’obscurantisme? La psychanalyste Marie Renaud-Trémelot répond.
23/04/2026 - 19:00
Léon XIV, un lion qui n’hésite pas à rugir
La tournée africaine qui s’achève ce 23 avril 2026 a agi comme un révélateur, imposant la stature internationale de Léon XIV et dévoilant des facettes jusque-là méconnues de son pontificat. Par ses paroles fermes dans chacun des quatre pays visités, Léon XIV est apparu comme ‘un lion qui sait rugir...
RDC: le pape choqué par le témoignage des victimes des conflits
À la nonciature apostolique de Kinshasa, le pape a écouté les horreurs subies dans leur chair par les victimes des violences à l’Est de la RDC, le 1er février 2023. Visiblement marqué par ce qu’il venait d’entendre et de voir, il a dénoncé les mécanismes ethniques et économiques qui ont plongé cette région du pays dans l’abîme.
«Je viens de Walikale. J’ai 17 ans. J’ai commencé le calvaire des souffrances en 2020. Un jour nous allions puiser de l’eau à la rivière. C’était à Musenge, dans un des villages du Territoire de Walikale. C’était en 2020. En route, nous avions rencontré des rebelles. Ils nous ont amenées dans la forêt. Chacun des rebelles s’est choisi qui il voulait. Moi, c’est le commandant qui m’a désirée. Il m’a violée comme un animal. C’était une souffrance atroce. Je suis restée pratiquement comme sa femme. Il me violait plusieurs fois par jour, comme il voulait, pendant plusieurs heures. Et cela a duré 1 an et 7 mois.»
Abominable. Voilà sans doute le mot qui pourrait qualifier le témoignage qui vient d’être prononcé devant le pape François. Après avoir raconté son histoire, Bijoux Makumbi Kamala est allée déposer auprès d’un crucifix une natte de cheveux, «symbole de ma misère de femme violée». Dans le pagne qui la recouvre, deux enfants, des jumelles, issues de l’un des viols subis. «Que la croix du Christ me pardonne et pardonne mes violeurs et les amène à renoncer à infliger aux personnes des souffrances inutiles».
"Il me violait plusieurs fois par jour, comme il voulait, pendant plusieurs heures. Et cela a duré 1 an et 7 mois.»
Une à une, comme la jeune fille de 17 ans qui vient de sidérer la délégation papale réunie dans la nonciature de Kinshasa, des victimes de la barbarie commise par des groupes rebelles à l’Est de la RDC, ont livré leur effroyable récit.
Ladislas Kambale Kombi, 16 ans, a vu son père assassiné sous ses yeux. «De ma cachette, j’ai suivi comment ils l’ont découpé en morceaux, puis sa tête tranchée a été placée dans un panier. Enfin, ils sont partis avec maman. Ils l’ont kidnappée. Nous sommes restés orphelins, moi et mes deux petites sœurs. Maman n’est jamais rentrée jusqu’aujourd’hui. Nous ne savons pas ce qu’ils ont fait d’elle». À l’instar de Bijoux Makumbi Kamala, le jeune homme a ensuite déposé devant le crucifix «la machette identique à celle qui a tué mon père».
À la déflagration provoquée par les témoignages s’est ajouté le choc des images, celles de deux victimes aux mains tranchées qui ont levé leurs bras mutilés devant le pape, dans un silence de mort.
«Il n’y a pas de mots; il faut seulement pleurer, en restant en silence»
«Face à la violence inhumaine que vous avez vue de vos yeux et éprouvée dans votre chair, on reste sous le choc», a alors confié le pape François au début de son discours.
«Il n’y a pas de mots; il faut seulement pleurer, en restant en silence», a-t-il ajouté, prenant le soin de citer un à un les lieux que «les médias internationaux ne mentionnent presque jamais». Bunia, Beni-Butembo, Goma, Masisi, Rutshuru, Bukavu, Uvira… Autant de localités à l’Est de la RDC qui subissent dans l’indifférence les affres de la violence.
À chaque « famille en deuil ou déplacée en raison des villages brûlés et d’autres crimes de guerre, aux survivants des violences sexuelles, à chaque enfant et adulte blessé », le pape a ensuite tenu à lancer ce message: «Je suis proche de vous. Vos larmes sont mes larmes, votre souffrance est ma souffrance». Il a aussi dit prier pour que toutes les femmes, notamment des régions de l’Ituri, du Nord et du Sud Kivu soient respectées et protégées. Et de mettre ainsi en garde: «Commettre une violence sur une femme et sur une mère, c’est la faire à Dieu lui-même».
«Je suis proche de vous. Vos larmes sont mes larmes, votre souffrance est ma souffrance»
Le pape François a alors condamné toutes «les violences armées, les massacres, les viols, la destruction et l’occupation des villages, le pillage des champs et du bétail qui continuent d’être perpétrés». Mais aussi «l’exploitation, sanglante et illégale, de la richesse de ce pays, ainsi que les tentatives de partition dans le but de pouvoir le gérer». Comme lors de son discours prononcé la veille devant les autorités du pays, il n’a pas souhaité mettre un nom sur les forces qui opèrent dans la région, se contentant de dire qu’elles proviennent de «l’extérieur» et de «l’intérieur».
Un coktail macabre
Il a toutefois décrit les mécanismes qui ont abouti à générer le chaos, forçant «des millions de personnes à quitter leurs maisons». Ainsi, les «luttes partisanes», avec leurs «dynamiques ethniques, territoriales et de groupe», les enjeux relatifs à la «propriété foncière», la «faiblesse des institutions» ou encore les «haines où le blasphème de la violence au nom d’un faux dieu s’infiltre» forment ensemble un cocktail macabre.
«Quel scandale et quelle hypocrisie: les personnes sont violées et tuées alors que les affaires qui provoquent violences et morts continuent à prospérer!»
«Mais c’est surtout une guerre déchaînée par une insatiable avidité de matières premières et d’argent qui alimente une économie armée, laquelle exige instabilité et corruption», a finalement accusé le pape. «Quel scandale et quelle hypocrisie: les personnes sont violées et tuées alors que les affaires qui provoquent violences et morts continuent à prospérer!», a-t-il ajouté.
Après cette charge contre «toutes les personnes» et «toutes les entités internes et externes qui tirent les ficelles de la guerre en RDC», le pape leur a demandé d’entendre «le cri» du sang des victimes innocentes.
«Désarmer votre cœur»
Aux victimes de ces atrocités, le pape a proposé de se tenir à «deux ‘non’ et deux ‘oui’». D’abord, le il leur a demandé de toujours renoncer à la violence, «à plus forte raison pour ceux qui sont chrétiens», a-t-il mis en garde. Il faut pour cela «désarmer votre cœur», a-t-il insisté, sans pour autant «cesser de s’indigner devant le mal» et accepter «l’impunité».
Il s’agit ensuite de dire «non à la résignation». «Je renouvelle l’invitation pour que ceux qui vivent en RDC ne baissent pas les bras, mais s’engagent pour construire un avenir meilleur», a-t-il plaidé, exhortant chacun à ne pas sombrer dans le fatalisme.
Ainsi, pour le pontife, il est possible que deux ethnies ennemies puissent un jour s’entendre. «Un avenir nouveau adviendra si l’autre, qu’il soit tutsi ou hutu, n’est plus un adversaire ou un ennemi, mais un frère et une sœur», a-t-il indiqué, citant l’exemple de ces deux ethnies dont l’affrontement a engendré des centaines de milliers de morts – au Rwanda, le génocide des tutsis en 1994 a fait près d’un million de victimes.
«Chers amis, seul le pardon ouvre les portes à demain»
Enfin, le pape a proposé deux ‘oui’ pour la paix. D’abord, le «oui à la réconciliation». Il a ainsi salué «le courage» des victimes présentes à «répondre au mal par le bien, à la haine par l’amour, à la division par la réconciliation». «Chers amis, seul le pardon ouvre les portes à demain», a souligné le pape, avant de de proposer «le dernier ‘oui’, décisif: oui à l’espérance».
Dans son discours, le pape a pris un temps pour saluer la mémoire de l’ambassadeur Luca Attanasio, assassiné avec son chauffeur et un gendarme dans une embuscade visant le convoi de deux véhicules du programme alimentaire mondial dans la province du Nord-Kivu. «Ils étaient des semeurs d’espérance et leur sacrifice ne sera pas perdu», a-t-il promis. (cath.ch/imedia/hl/bh)
Articles les plus lus
20/04/2026 - 16:05
Le nombre de paroisses réformées dans le canton de Vaud sera divisé par trois
Le nombre de paroisses de l’Église évangélique réformée vaudoise (EERV) doit passer de 86 à environ 30 d’ici 2029.
22/04/2026 - 19:00
"En Suisse, il y a une forte augmentation des demandes d'exorcisme"
En Suisse romande comme en Europe et aux États-Unis, le nombre de personnes se disant possédées ne cesse de croître, tout comme les demandes d’exorcisme. La possession serait-elle un simple trouble psychique? Une croyance teintée d’obscurantisme? La psychanalyste Marie Renaud-Trémelot répond.
23/04/2026 - 19:00
Léon XIV, un lion qui n’hésite pas à rugir
La tournée africaine qui s’achève ce 23 avril 2026 a agi comme un révélateur, imposant la stature internationale de Léon XIV et dévoilant des facettes jusque-là méconnues de son pontificat. Par ses paroles fermes dans chacun des quatre pays visités, Léon XIV est apparu comme ‘un lion qui sait rugir...
RDC: le pape invite à donner «de la voix à ceux qui n'en ont pas»
«Le pouvoir est un service», a déclaré le pape François devant des représentants d’associations caritatives catholiques de la République démocratique du Congo (RDC), reçus dans la nonciature de Kinshasa le 1er février 2023. Devant des bénévoles dont les structures viennent au secours des plus démunis, le pape a enjoint ceux qui s’occupent des plus pauvres à plus d’actions concrètes tout en soulignant la nécessité d’une plus grande présence de l’État.
Pour son dernier rendez-vous de la journée, le pontife a écouté attentivement les témoignages d’un handicapé, victime dans sa jeunesse d’une erreur médicale, d’un lépreux rejeté par la société, d’une enseignante argentine dans un collège congolais, d’un groupe de volontaires de Sant’Egidio accompagnant les personnes atteintes du SIDA, de membres d’une école de sourds-muets gérée par les Focolari et d’une moniale trappiste. «Dans l’océan de notre douleur, nous avons découvert que Dieu ne nous a pas oubliés», a témoigné un homme handicapé de 68 ans. Il a contribué à fonder une chorale et une mutuelle venant en aide à plus de 1’000 personnes affectées par un handicap.
Un homme contaminé par la lèpre en 2004 a délivré un témoignage poignant sur le «mélange de honte, d’incompréhension et de peur» auquel il est quotidiennement confronté. «Que vaut un homme sans doigts? Quand je passe parmi les gens, tous se pressent pour se laver, même là où est passée seulement mon ombre», a-t-il témoigné en expliquant avoir été rejeté par sa famille, influencée par un marabout.
Secondes vies
Des jeunes sourds-muets, pris en charge dans une école du mouvement des Focolari, ont eux aussi regretté les préjugés de la société. «Autour de nous, il y a plus sourd et plus muet que nous, parce qu’il nous ignore et se bouche les oreilles pour ne pas nous voir et ne pas nous entendre», ont-ils témoigné, en langue des signes, avec l’aide d’un interprète. Une chorale de jeunes aveugles a pour sa part entonné un chant débordant de joie et de reconnaissance pour le soutien de leurs parents.
Le responsable d’un Centre DREAM, une initiative de la Communauté de Sant’Egidio pour venir en aide aux personnes affectées par le Sida, a témoigné de l’action de cette organisation. Elle a pu offrir «une seconde vie» à des personnes qui se croyaient condamnées à mourir à brève échéance. Elle a notamment permis de sécuriser la naissance de 11’000 enfants, nés de mères séropositives mais sans contracter eux-mêmes le virus.
La forêt qui pousse en silence
Une jeune moniale trappistine a témoigné de sa vocation forgée «dans le drame de cette humanité blessée», dans son pays marqué par les guerres. «Malgré notre petitesse, le Seigneur crucifié désire nous avoir à ses côtés pour soutenir le drame du monde», a expliqué sœur Marie-Céleste. Le pontife a salué l’humanité qui s’exprimait à travers ces témoignages. Il a souligné combien ils avaient préféré lui présenter «des noms et des visages» plutôt que des «données sur la pauvreté» ou des «problèmes sociaux». «On pleure lorsqu’on entend des histoires comme celles que vous m’avez racontées», a-t-il confié.
«Dans ce pays où il y a beaucoup de violences, qui résonnent comme le bruit sourd d’un arbre abattu, vous êtes la forêt qui pousse chaque jour en silence et qui rend l’air meilleur, respirable», les a félicités le pontife. Il s’est réjoui qu’ils aient choisi «la promotion contre l’exploitation» contre la «déforestation du rejet», affirmant que leur action favorise «la croissance et l’espérance» en RDC.
Développement et redistribution des richesses
«La pauvreté et le rejet offensent l’homme et défigurent la dignité», s’est-il indigné. Le pape a plaidé pour un «développement véritablement humain». Il a insisté sur l’importance de leurs entreprises collectives, mais a aussi rappelé l’importance pour l’État d’assurer les services de base dans le domaine de la santé et de l’instruction en particulier, dans lesquels l’Église en RDC est particulièrement engagée. L’évêque de Rome a aussi demandé aux «personnes aisées» du pays de partager ce qu’elles possèdent avec ceux «qui manquent du nécessaire». « Ce n’est pas de la philanthropie, c’est de la foi, a-t-il insisté.
Le pape demande aux médias de regarder davantage l’Afrique
Le pontife a souligné l’importance des entreprises silencieuses de ses hôtes et vanté le «courage des petits pas» qui les anime. Il a expliqué être venu, comme eux, pour «donner de la voix à ceux qui n’en ont pas». «Comme j’aimerais que les médias accordent davantage de place à ce pays et à l’Afrique dans son ensemble!», s’est-il exclamé. François les a enfin invités à être exemplaires, prévoyants en misant sur des projets de développement autonomes et durables, notamment dans l’agriculture ou dans la santé, et connectés les uns aux autres pour créer une «synergie constante» entre eux.
La nonciature, «avant garde de la diplomatie de la miséricorde»
Le pontife a par ailleurs rendu hommage au travail de sa nonciature, où il loge pendant son séjour à Kinshasa et qui a accueilli cette rencontre. Cette structure célèbre cette année 70 ans d’existence et les 90 ans de son ouverture en tant que délégation apostolique.
Comme les autres «'maisons du pape’ disséminées dans le monde», il les a encouragées à être «l’avant-garde de la diplomatie de la miséricorde» en servant «d’amplificateurs de la promotion humaine». Il les a aussi enjoints à favoriser la construction de «réseaux de coopérations» avec les œuvres caritatives. (cath.ch/imedia/cd/cv/rz)
Articles les plus lus
20/04/2026 - 16:05
Le nombre de paroisses réformées dans le canton de Vaud sera divisé par trois
Le nombre de paroisses de l’Église évangélique réformée vaudoise (EERV) doit passer de 86 à environ 30 d’ici 2029.
22/04/2026 - 19:00
"En Suisse, il y a une forte augmentation des demandes d'exorcisme"
En Suisse romande comme en Europe et aux États-Unis, le nombre de personnes se disant possédées ne cesse de croître, tout comme les demandes d’exorcisme. La possession serait-elle un simple trouble psychique? Une croyance teintée d’obscurantisme? La psychanalyste Marie Renaud-Trémelot répond.
23/04/2026 - 19:00
Léon XIV, un lion qui n’hésite pas à rugir
La tournée africaine qui s’achève ce 23 avril 2026 a agi comme un révélateur, imposant la stature internationale de Léon XIV et dévoilant des facettes jusque-là méconnues de son pontificat. Par ses paroles fermes dans chacun des quatre pays visités, Léon XIV est apparu comme ‘un lion qui sait rugir...
Les jeunes Congolais invités à se dresser contre la corruption
«Indignez-vous, sans jamais céder aux flatteries, séductrices mais empoisonnées, de la corruption», a demandé le pape François. Il s’adressait aux milliers de jeunes Congolais rencontrés le 2 février 2023 au stade des Martyrs de Kinshasa.
Le stade des Martyrs de Kinshasa était bouillant pour accueillir le pape François. Chauffés à blanc par les speakers et la musique, plus de 65’000 jeunes et catéchistes ont offert un accueil spectaculaire au pontife de 86 ans, arrivé en papamobile dans un vrombissement étourdissant.
«Cette journée est historique pour moi», hurle Cardelin, dont la voix est étouffée par le son des amplis qui inonde le stade. Le jeune homme est fier de rencontrer «un pape qui a le courage de demander au monde d’enlever ses mains de l’Afrique». À 26 ans, cet ingénieur électro-technicien de formation n’a toujours pas trouvé d’emploi stable. «Ici, on ne mise pas sur les jeunes. Nous avons des minerais mais nous n’avons pas d’investisseurs locaux», déplore-t-il, alors que seuls deux de ses frères – sur six – ont un emploi. «Mon rêve pour ce pays serait que Dieu nous face la grâce de bons emplois», glisse Cardelin.
Le pape, «porte-parole» de la cause des jeunes
Dans les tribunes du stade, la joie est de mise mais les jeunes congolais ne cachent pas leurs craintes quand on les interroge sur leur avenir. Comme Cardelin, Brenda, 27 ans, en veut aux gouvernements successifs «qui ne font rien pour les jeunes». «Ce qui tue le pays, c’est que tout le monde veut devenir fonctionnaire. Personne n’encourage les entrepreneurs», déplore celle qui a toutefois réussi à trouver un poste en tant qu’agent commercial.
«C’est bien que le pape vienne nous parler mais il faudrait surtout que les élites l’entendent!», insiste Brenda. Elle voit dans le pontife un «porte-parole de la cause des jeunes en RDC». «Lui peut le faire car personne ne lui fera du mal… Nous, si nous manifestions, la police sortirait les gaz lacrymogènes… Je ne veux pas risquer ma vie».
À côté d’elle se trouve Louisine, 30 ans, mère de deux enfants avec un mari au chômage. « On a du mal à se nourrir, à nourrir nos enfants… Comment envisager notre avenir dans un pays qui nous rejette ? », s’interroge la jeune femme qui a déjà pensé à s’exiler en Europe.
La charge contre la corruption
Face à la perplexité de ces jeunes, le pape François les a exhortés à ne pas baisser les bras et à se battre pour bâtir un avenir différent en RDC. L’UNICEF rapportait en 2021 que les deux tiers de la population congolaise étaient représentés par les jeunes de moins de 24 ans.
«À quoi servent mes mains? À construire ou à détruire, à donner ou à amasser, à aimer ou à haïr?», a demandé le pape. Il a tracé cinq axes prioritaires à travers la métaphore des cinq doigts de la main: la prière, la communauté, l’honnêteté, le pardon, et le service.
Son appel le plus fort a été sa dénonciation musclée de la corruption dans le pays, un cancer selon lui. «Sans honnêteté, nous ne sommes pas disciples ni témoins de Jésus; nous sommes des païens, des idolâtres qui adorent leur propre moi au lieu de Dieu, qui se servent des autres au lieu de servir les autres», a fulminé le pontife.
Faisant répéter à la foule en français: «Pas de corruption», son appel a été accueilli par une grande liesse dans tout le stade où étaient présents des membres du gouvernement. Des chants et des protestations se sont alors élevés contre la corruption, et ce durant de longues secondes. Le traducteur a alors expliqué au pape que la foule évoquait les partis politiques.
Faire communauté
Le pape les a invités à cultiver le sens de la communauté, contre les impasses de l’individualisme, qui conduit vers «de faux paradis égoïstes, construits sur les apparences, l’argent facile ou sur une religiosité déformée». Il a alors enjoint chacun à prendre la main de son voisin avant de demander à l’organisation de lancer un chant, repris avec ferveur dans tout le stade. Puis a conclu: «Vous voyez comment c’est beau de faire communauté».
Le pontife a ensuite alerté les jeunes contre «la dépendance à l’occultisme et à la sorcellerie, qui enferment dans l’emprise de la peur, de la vengeance et de la colère». «Prenez garde à la tentation de désigner quelqu’un du doigt, d’exclure l’autre parce qu’il est d’une origine différente de la vôtre», a-t-il martelé. Le pape a aussi appelé les jeunes à résister «au régionalisme, au tribalisme», qui donnent l’illusion de renforcer l’identité du groupe, mais qui constituent au contraire «la négation de la communauté».
Soutien à l’engagement des jeunes catholiques pour les droits de l’homme
Le pape a salué le courage des jeunes Congolais qui ont su «se lever pour défendre, même au prix de grands sacrifices, les droits de l’homme et l’espoir d’une vie meilleure pour tous dans le pays». Dans un contexte marqué par l’engrenage de la violence, les jeunes catholiques ont été aussi appelés à «donner et recevoir le pardon». En effet, le chrétien «n’aime pas seulement ceux qui l’aiment, mais il sait arrêter la spirale des vengeances personnelles et tribales par le pardon».
François a particulièrement mis en en valeur la figure d’Isidore Bakanja, un jeune catéchiste laïc battu à mort en 1909 par le patron belge de l’entreprise qui l’employait. Il fut béatifié par Jean Paul II en 1994 à Rome, à l’occasion du Synode sur l’Afrique. «Il n’a jamais cédé aux sentiments de haine et, en donnant sa vie, il a pardonné à son bourreau», a rappelé le pape François.
En évoquant celui qui a été proclamé, 90 ans après sa mort, patron des laïcs de la République démocratique du Congo, le pontife a rendu hommage au rôle des catéchistes, qui sont «vitaux comme l’eau pour beaucoup de communautés», a-t-il souligné. «La République Démocratique du Congo attend de vos mains un avenir différent, car l’avenir est entre vos mains», a martelé François. Il s’est adressé aux milliers de jeunes en espérant qu’ils feront de leur pays un «jardin fraternel, le cœur de paix et de liberté de l’Afrique». (cath.ch/imedia/cd/rz)
Articles les plus lus
20/04/2026 - 16:05
Le nombre de paroisses réformées dans le canton de Vaud sera divisé par trois
Le nombre de paroisses de l’Église évangélique réformée vaudoise (EERV) doit passer de 86 à environ 30 d’ici 2029.
22/04/2026 - 19:00
"En Suisse, il y a une forte augmentation des demandes d'exorcisme"
En Suisse romande comme en Europe et aux États-Unis, le nombre de personnes se disant possédées ne cesse de croître, tout comme les demandes d’exorcisme. La possession serait-elle un simple trouble psychique? Une croyance teintée d’obscurantisme? La psychanalyste Marie Renaud-Trémelot répond.
23/04/2026 - 19:00
Léon XIV, un lion qui n’hésite pas à rugir
La tournée africaine qui s’achève ce 23 avril 2026 a agi comme un révélateur, imposant la stature internationale de Léon XIV et dévoilant des facettes jusque-là méconnues de son pontificat. Par ses paroles fermes dans chacun des quatre pays visités, Léon XIV est apparu comme ‘un lion qui sait rugir...
Le pape convoque les chefs soudanais au tribunal de l'histoire
«Les générations futures honoreront ou effaceront la mémoire de vos noms en fonction de ce que vous faites maintenant», a prévenu le pape François dans un discours extrêmement sévère à l’égard des autorités du Soudan du Sud réunies au Palais présidentiel de Djouba, le 3 février 2023.
Venu en « pèlerin de réconciliation » avec l’archevêque de Canterbury et le modérateur de l’Église d’Écosse, il a exhorté le président Salva Kiir et les vice-présidents à se préoccuper enfin d’un peuple assoiffé de paix, à respecter les principes d’un État de droit et à reprendre le processus de paix laissé en jachère.
«Marais de la corruption», «inondation de la violence», «débordement de la pauvreté». Sous le soleil brûlant de Djouba où il est arrivé dans l’après-midi après sa visite de quatre jours en RDC, le pape François a employé des mots très durs devant les dirigeants du pays qui continuent de se déchirer sur fond de lutte ethnique et d’intérêts financiers. Dans son discours, l’évêque de Rome a même reconnu que certaines de ses expressions peuvent avoir été franches et directes. Mais pour lui, la situation dramatique dans laquelle s’est enlisée le pays exige une transformation urgente et nécessaire.
Au Soudan du Sud, la lutte intestine entre le président Salva Kiir – de l’ethnie Dinka – et son vice-président Riek Machar – de l’ethnie Nuer – a dégénéré en guerre civile moins de deux ans seulement après la fondation du pays, en 2011. Près de 400'000 personnes seraient mortes. Des chiffres qui s’ajoutent aux 2 millions de morts provoqués par les conflits qui se sont succédés dans la deuxième moitié du XXe siècle. En tout, 4 millions de Sud-Soudanais sur 12 millions seraient aujourd’hui réfugiés dans les pays limitrophes ou déplacés internes.
«Les années de guerres et de conflits ne semblent pas connaître de fin et même, récemment, de durs affrontements ont eu lieu alors que les processus de réconciliation semblent paralysés et que les promesses de paix restent inaccomplies», a déploré le pape François qui avait pourtant reçu en 2019 les deux opposants au Vatican pour une retraite spirituelle pour la paix.
Souhaitant secouer la conscience des dirigeants, il les a pris à partie en les convoquant devant le tribunal de l’histoire. «Les générations futures honoreront ou effaceront la mémoire de vos noms en fonction de ce que vous faites maintenant», leur a-t-il lancé, les implorant de ne pas réduire leur pays créé en 2011 «à un cimetière».
"Assez de sang versé"
«Il est temps de dire “assez”, sans “si” et sans “mais” : assez de sang versé, assez de conflits, assez de violences et d’accusations réciproques sur ceux qui les commettent, assez d’abandonner le peuple assoiffé de paix. Assez de destructions, c’est l’heure de la construction ! Que le temps de la guerre soit rejeté et que se lève un temps de paix! », a tonné le pape, qui avait rencontré le président à huis clos quelques minutes plus tôt, avant de s’entretenir avec les vice-présidents du pays aux côtés de l’archevêque de Canterbury et du modérateur de l’Église d’Écosse.
Démocratie, justice et liberté
Dans son discours, le pape a tenu à mettre sous les yeux des autorités des pistes pour une sortie de crise. D’abord, le pape a rappelé les principes élémentaires d’une république. «Cela signifie se reconnaître comme une réalité publique, affirmer que l’État est pour tous», a-t-il enseigné. Ceux qui sont à la tête de l’État «ne peuvent que se mettre au service du bien commun. Voilà le but du pouvoir : servir la communauté», a-t-il insisté, soulignant que «la tentation qui guette toujours est de s’en servir pour ses propres intérêts».
Il s’est alors permis de d’espérer que les ressources abondantes du pays ne soient pas réservées à quelques-uns, en prenant soin de préciser que les projets de répartition équitable des richesses correspondent bien aux plans de relance économique. Sous-entendant que des pratiques mafieuses persistaient, il a aussi proposé une liste de fléaux qui polluent toute société : « circuits financiers injustes, intrigues cachées pour s’enrichir, affaires clientélistes, manque de transparence ».
Dans un second temps, il a souligné que le développement démocratique était fondamental pour la vie d’une république. Celui-ci protège la «distinction bénéfique des pouvoirs». Ainsi, celui qui administre la justice «peut l’exercer sans conditionnement de la part de celui qui légifère ou gouverne», a-t-il ajouté.
«La démocratie suppose également le respect des droits humains, protégés par la loi et son application, et en particulier la liberté d’exprimer ses idées», a détaillé le pape François, assurant que sans liberté, il ne pouvait y avoir de justice.
Pour un «nouveau sursaut» du processus de paix
Souhaitant faire de cette visite historique à Djouba l’occasion d’un nouveau départ pour le pays, le pape argentin a plaidé pour que le processus de paix et de réconciliation trouve «un nouveau sursaut». «Que l’on s’entende et que l’on fasse avancer l’Accord de paix, ainsi que la Feuille de route !», a-t-il martelé, alors que le gouvernement a récemment annoncé qu’il suspendait sa participation aux pourparlers de paix de Rome dans lequel s’implique notamment la communauté catholique Sant’ Egidio.
Dans ce pays où se côtoie une soixantaine d’ethnies, le pape a insisté sur la nécessité de mettre un terme au tribalisme. «Se respecter, se connaître, dialoguer», quitte parfois à faire des concessions, telle est la voie pour s’en sortir, a ajouté l’auteur de l’encyclique Fratelli tutti, sur la fraternité humaine.
Dans cette perspective, le pape a plaidé pour la cause des jeunes dont le rôle peut être décisif pour le pays. Il a aussi mis en avant les femmes et les mères en souhaitant qu’elles puissent s’impliquer davantage dans les processus politiques, elles qui «savent comment l’on donne et conserve la vie».
Reconnaissant que «beaucoup de choses sont nécessaires ici», il a enfin proposé un certain nombre de digues qui permettront à la société sud-soudanaise de repartir de l’avant. «Je fais référence au développement de politiques de santé adéquates, au besoin d’infrastructures vitales et, en particulier, au rôle primordial de l’alphabétisation et de l’éducation». Sur ce sujet, il a affirmé que, «comme tous les enfants de ce continent et du monde, ils ont le droit de grandir avec en main des cahiers et des jouets, pas des instruments de travail ni des armes».
L’archevêque de Canterbury déplore les récents massacres
Dans son discours, l’archevêque de Canterbury a souligné pour sa part combien le peuple du Soudan du Sud était fatigué, faisant référence à des massacres encore survenus la veille dans le pays. Rappelant leurs engagements pris en 2019, il déclaré aux leaders politiques qu’ils avaient « promis plus » que ce qu’ils ont fait depuis, leur demandant de reprendre le travail de pacification de leur pays. «C’est à votre portée», a-t-il insisté.
Justin Welby a aussi souligné combien la présence à ses côtés de ses «chers frères en Christ», le pape François et le modérateur Iain, était «pour lui une réponse à une autre prière ; non pas ma prière, mais celle qui est aussi vieille que l’Église, la prière de Jésus en Jean 17 : 'que tous soient un' », a-t-il déclaré. Une citation reprise aussi par le modérateur de l’Église d’Écosse lors de son intervention.
Le président Kiir, dans son discours, a reconnu qu’on pouvait être mécontent du rythme de la mise en œuvre des accords de paix signés en 2018, mais a estimé que «ce qui est important, c’est que nous travaillons ensemble». Il a notamment souligné la présence dans le gouvernement et dans l’assemblée de son «frère Riek Machar», son opposant politique, vice-président du pays.
Après son discours, le pape François s'est rendu à la nonciature apostolique du pays où il va dîner en privé. Le 4 février dans la matinée, il retrouvera les évêques, prêtres, diacres, religieux et séminaires du pays dans la cathédrale Sainte Thérèse située non loin du Nil Blanc, le fleuve qui borde la ville.
Dans l’après-midi, il prononcera un discours devant des personnes déplacées internes. Puis le pape participera à une prière œcuménique au Mausolée “John Garang” de Djouba aux côté de Justin Welby et Iain Greenshields. (cath.ch/imedia/hl/cd/mp)
Articles les plus lus
20/04/2026 - 16:05
Le nombre de paroisses réformées dans le canton de Vaud sera divisé par trois
Le nombre de paroisses de l’Église évangélique réformée vaudoise (EERV) doit passer de 86 à environ 30 d’ici 2029.
22/04/2026 - 19:00
"En Suisse, il y a une forte augmentation des demandes d'exorcisme"
En Suisse romande comme en Europe et aux États-Unis, le nombre de personnes se disant possédées ne cesse de croître, tout comme les demandes d’exorcisme. La possession serait-elle un simple trouble psychique? Une croyance teintée d’obscurantisme? La psychanalyste Marie Renaud-Trémelot répond.
23/04/2026 - 19:00
Léon XIV, un lion qui n’hésite pas à rugir
La tournée africaine qui s’achève ce 23 avril 2026 a agi comme un révélateur, imposant la stature internationale de Léon XIV et dévoilant des facettes jusque-là méconnues de son pontificat. Par ses paroles fermes dans chacun des quatre pays visités, Léon XIV est apparu comme ‘un lion qui sait rugir...
Soudan du Sud: le pape demande aux religieux de «soutenir le peuple»
«Nous ne pouvons pas rester neutres face à la douleur causée par les injustices et les violences, car là où une femme ou un homme est lésé dans ses droits fondamentaux, le Christ est offensé», a déclaré François pour sa deuxième prise de parole au Soudan du Sud. Le 4 février 2023, le pape a rencontré les évêques, prêtres, diacres, personnes consacrées et séminaristes en la cathédrale Sainte-Thérèse de Djouba.
Environ 5’000 personnes, parmi lesquelles 1’000 à l’intérieur de la cathédrale, ont accueilli l’évêque de Rome dans une atmosphère chaleureuse. Le pape a tissé la métaphore du Nil, déjà esquissée la veille dans son discours aux autorités politiques, en remarquant «dans le lit de ce cours d’eau, les larmes d’un peuple plongé dans la souffrance et la douleur, martyrisé par la violence, se déversent». Il a donc invité les clercs et consacrés à se montrer attentifs à la détresse d’une population marquée, pour un tiers du total des Sud-Soudanais, par des déplacements forcés à l’intérieur ou à l’extérieur du pays en raison des guerres successives qui ont plongé le pays dans le chaos.
L’exemple de Moïse
Faisant référence au célèbre extrait du Psaume 137 de la Bible – «Au bord des fleuves de Babylone, nous étions assis et nous pleurions» -, le pape a remarqué que «les eaux du grand fleuve, en effet, recueillent les gémissements de souffrance de vos communautés, le cri de douleur de tant de vies brisées, le drame d’un peuple en fuite, l’affliction du cœur des femmes et la peur gravée dans les yeux des enfants».
Mais elles constituent aussi «un signe de délivrance et de Salut», à la suite de Moïse. «En regardant l’histoire de Moïse qui a conduit le peuple de Dieu à travers le désert, demandons-nous que signifie être ministres de Dieu dans une histoire traversée par la guerre, la haine, la violence, la pauvreté».
François a rappelé que dans un premier temps, Moïse, en tuant un Égyptien qui avait maltraité un juif, «était devenu prisonnier des pires méthodes humaines, comme celle de répondre à la violence par la violence». Ce n’est qu’après l’épisode du Buisson ardent qu’il suivra pleinement la volonté de Dieu.
Soutenir les luttes du peuple
Les religieux et clercs du Soudan du Sud ont ainsi été invités à faire de même. «Devant le Bon Pasteur, nous comprenons que nous ne sommes pas des chefs tribaux, mais des pasteurs compatissants et miséricordieux; non pas les maîtres du peuple, mais des serviteurs s’abaissant pour laver les pieds des frères et sœurs», a-t-il insisté.
En exerçant leur ministère «sur les rives d’un fleuve baigné de tant de sang innocent», les pasteurs sont invités à «marcher au milieu de la souffrance et des larmes, au milieu de la faim de Dieu et de la soif d’amour des frères et sœurs». Ils doivent ainsi «élever la voix contre l’injustice et la prévarication, qui écrasent les gens et utilisent la violence pour gérer les affaires à l’ombre des conflits».
«Soutenir les luttes du peuple par la prière devant Dieu, implorer le pardon, administrer la réconciliation en tant que canaux de la miséricorde de Dieu qui pardonne les péchés: tel est notre devoir d’intercesseurs», a martelé le pontife argentin.
Hommage aux missionnaires qui «donnent leur vie pour l’Afrique»
À la cathédrale où était présent le cardinal Gabriel Zubeir Wako, archevêque émérite de Khartoum, le pape avait été accueilli par Mgr Yunan Tombe Trille Kuku Andali, le président de la Conférence épiscopale du Soudan – qui regroupe les évêques des deux États, Soudan et Soudan du Sud. Lui-même évêque d’El Obeid, au Soudan, il a exprimé sa préoccupation pour le Soudan du Sud, en critiquant «le manque de volonté des leaders politiques à collaborer pour la paix». «Puisse cette visite toucher les cœurs des Soudanais et nous apporter une paix durable», a-t-il demandé.
Une religieuse a aussi témoigné des difficultés de la mission au Soudan du Sud, en rendant hommage à deux religieuses sud-soudanaises assassinées en 2021, Mary Daniel Abut et Regina Roba Luate. Ces religieuses de la Congrégation des Sœurs du Sacré-Cœur, qui avaient toutes les deux forgé leur vocation durant leur exil en Ouganda, étaient engagées dans l’éducation et la santé.
En évoquant les religieuses et religieux qui ont perdu la vie dans les violences au Soudan du Sud, le pape a rappelé «qu’il faut des âmes audacieuses et généreuses qui sachent souffrir et mourir pour l’Afrique». Il a cité saint Daniel Comboni, le fondateur de la congrégation des comboniens, très active en Afrique de l’Est.
Avec la religieuse Orla Treacy
De nombreux religieux ont fait le déplacement à Djouba pour cette rencontre avec le pape, parmi lesquels la religieuse irlandaise Orla Treacy, récipiendaire en 2019 de l’International Women of Courage Award, un prix attribué par la diplomatie américaine. Cette religieuse de la Congrégation de la congrégation de Notre-Dame-de-Lorette, engagée dans l’éducation des jeunes, a marché 180 kilomètres avec des étudiants et des volontaires, depuis le diocèse de Rumbek, afin de rencontrer le pontife argentin.
L’évêque de ce diocèse, Mgr Christian Carlassare, de nationalité italienne, avait été victime d’une violente agression armée le 25 avril 2021, ourdie par des prêtres s’opposant à sa nomination. Il a pu retrouver l’usage de ses jambes après une longue hospitalisation et a finalement été installé dans sa charge en 2022, un an après la date initialement prévue. (cath.ch/imedia/cv/hl/rz)
Articles les plus lus
20/04/2026 - 16:05
Le nombre de paroisses réformées dans le canton de Vaud sera divisé par trois
Le nombre de paroisses de l’Église évangélique réformée vaudoise (EERV) doit passer de 86 à environ 30 d’ici 2029.
22/04/2026 - 19:00
"En Suisse, il y a une forte augmentation des demandes d'exorcisme"
En Suisse romande comme en Europe et aux États-Unis, le nombre de personnes se disant possédées ne cesse de croître, tout comme les demandes d’exorcisme. La possession serait-elle un simple trouble psychique? Une croyance teintée d’obscurantisme? La psychanalyste Marie Renaud-Trémelot répond.
23/04/2026 - 19:00
Léon XIV, un lion qui n’hésite pas à rugir
La tournée africaine qui s’achève ce 23 avril 2026 a agi comme un révélateur, imposant la stature internationale de Léon XIV et dévoilant des facettes jusque-là méconnues de son pontificat. Par ses paroles fermes dans chacun des quatre pays visités, Léon XIV est apparu comme ‘un lion qui sait rugir...
Soudan du Sud: le pape appelle à protéger les femmes
Lors d’une rencontre avec des déplacés internes durant laquelle a été rappelée l’urgence humanitaire au Soudan du Sud, le 4 février 2023, le pape François a renouvelé son appel aux dirigeants pour que le processus de paix reprenne et que la population puisse retrouver une vie digne. Se tournant vers les femmes, souvent victimes de violences sexuelles, il a demandé qu’elles soient protégées et impliquées dans la reconstruction du pays.
Le tableau est effroyable. Sur la scène du Freedom Hall de Djouba, devant le pape François, Sara Beysolow Nyanti, la représentante des Nations Unies au Soudan du Sud, expose la terrible réalité des habitants de ce pays où plus de 4 millions de personnes ont quitté leur foyer à cause des conflits et des inondations. C’est la plus grande crise de réfugiés en Afrique, insiste-t-elle, avec des niveaux extrêmes d’insécurité alimentaire et de malnutrition qui touchent deux tiers de la population du pays. La responsable rapporte le quotidien des femmes et des filles qui risquent d’être violées dans l’exercice de leurs activités. Quant aux enfants, ils sont exposés aux risques d’être enlevés, recrutés par des groupes armés locaux, ou victimes de la traite.
Humanitaires ciblés
Au Soudan du Sud, les catastrophes climatiques ajoutent au chaos et les besoins humanitaires sont colossaux. En 2023, on estime que les organisations auront besoin de 1,7 milliard de dollars pour répondre aux besoins de 6,8 millions de personnes, à une époque où la guerre en Ukraine pénalise fortement les dotations.
Mais en plus du défi financier, c’est la présence physique des humanitaires sur place qui est désormais menacée. «Le Soudan du Sud reste l’endroit le plus dangereux pour les travailleurs humanitaires, suivi par l’Afghanistan et la Syrie», avertit Sara Beysolow Nyanti. Elle explique qu’en 2022, plus de 390 incidents contre des travailleurs humanitaires ont été signalés, et 9 humanitaires ont perdu la vie. Dans son discours prononcé en présence d’environ 2’500 personnes, le pape argentin a tenu à rendre hommage à ces personnes assassinées. Les humanitaires «ne peuvent devenir des cibles d’agression et de vandalisme», a-t-il insisté.
Déjà 8 ans dans un camp pour déplacés
«Pourquoi sommes-nous en train de souffrir dans ce camp?». Sous les toiles blanches de la vaste tente du Freedom Hall, la question de Joseph Lat Gatmai, 16 ans, résonne. L’adolescent est entré dans un camp pour déplacés à l’âge de 8 ans. «J’ai grandi là», résume celui dont l’avenir dans ce pays ravagé par les conflits ethniques semble sans espoir.
«J’ai longtemps pensé à vous, portant dans mon cœur le désir de vous rencontrer, de vous regarder dans les yeux, de vous serrer les mains et de vous étreindre», confie en retour le pontife argentin. Faisant allusion aux chiffres dramatiques évoqués par la représentante des Nations Unies, le pape déplore le fait que, «dans ce pays martyrisé, être déplacé ou réfugié est devenu une expérience habituelle et collective». Et de renouveler «de toutes [ses] forces l’appel le plus pressant à mettre fin à tout conflit, à reprendre sérieusement le processus de paix afin que les violences prennent fin et que les gens puissent retrouver une vie digne».
Pas d’avenir sans les femmes
Devant la tragédie humanitaire en cours, le pape voit dans les mères et les femmes la «clé pour transformer le pays». Il a plaidé pour qu’elles aient l’opportunité et les capacités de changer le visage du Soudan du Sud. «Mais, s’il vous plaît, a-t-il enjoint, je supplie tous les habitants de ces terres: que la femme soit protégée, respectée, valorisée et honorée». Dans ce pays où les femmes sont parfois réduites à des objets sexuels, le pape insiste: «S’il vous plaît: protéger, respecter, valoriser et honorer toute femme, enfant, fille, jeune personne, adulte, mère, grand-mère. Autrement, il n’y aura pas d’avenir».
C’est aussi aux jeunes que le pape vient tendre la main, eux qui sont «la graine d’un nouveau Soudan du Sud». Afin de mettre un terme au fléau du tribalisme, il demande aux jeunes d’ethnies différentes d’être «les premières pages» d’un nouveau récit. «Si les conflits, les violences et les haines ont arraché les premières pages des bons souvenirs de la vie de cette République, c’est à vous d’en écrire l’histoire de paix!», a-t-il conclu.
«Merci d’être un grand messager de Dieu. Nous n’oublierons jamais ce jour», a lancé une jeune fille. Elle a demandé au pape d’apporter sa bénédiction à tous les enfants du Soudan du Sud, sous de vifs applaudissements. (cath.ch/imedia/hl/rz)
Articles les plus lus
20/04/2026 - 16:05
Le nombre de paroisses réformées dans le canton de Vaud sera divisé par trois
Le nombre de paroisses de l’Église évangélique réformée vaudoise (EERV) doit passer de 86 à environ 30 d’ici 2029.
22/04/2026 - 19:00
"En Suisse, il y a une forte augmentation des demandes d'exorcisme"
En Suisse romande comme en Europe et aux États-Unis, le nombre de personnes se disant possédées ne cesse de croître, tout comme les demandes d’exorcisme. La possession serait-elle un simple trouble psychique? Une croyance teintée d’obscurantisme? La psychanalyste Marie Renaud-Trémelot répond.
23/04/2026 - 19:00
Léon XIV, un lion qui n’hésite pas à rugir
La tournée africaine qui s’achève ce 23 avril 2026 a agi comme un révélateur, imposant la stature internationale de Léon XIV et dévoilant des facettes jusque-là méconnues de son pontificat. Par ses paroles fermes dans chacun des quatre pays visités, Léon XIV est apparu comme ‘un lion qui sait rugir...
Le pape invite les catholiques sud-soudanais à refuser la violence
«Déposons les armes de la haine et de la vengeance pour embrasser la prière et la charité», a exhorté le pape François lors de la messe célébrée à Djouba, la capitale du Soudan du Sud, le 5 février 2023, au dernier jour de sa tournée en Afrique. Devant près de 70’000 fidèles réunis au mausolée John Garang, parmi lesquels le président Salva Kiir, le pontife argentin a lancé un nouvel appel à opposer la logique du pardon à celle de la violence.
Sur l’immense esplanade sur laquelle se dresse la statue de John Garang, le 'père’ du jeune État fondé en 2011, beaucoup n’ont pas beaucoup dormi cette nuit. «Je suis arrivé à minuit ici car je ne voulais pas rater cela», avoue Christopher Dominic. À 57 ans, cet habitant de Djouba se souvient que Jean Paul II était venu visiter le Soudan en 1993. «Mais il était resté au nord et les gens du sud n’avaient pas pu le voir», explique l’homme, heureux de voir «le pape apporter la paix dans le pays». La guerre civile déclenchée en 2013 a fait plus de 400’000 morts et provoqué l’exode de 4 millions de personnes.
Important que «les hommes entendent»
Même état d’esprit du côté de Poni Pamela Benjamin, arrivée la veille au mausolée John Garang. La mère de trois enfants espère de tout cœur que les paroles du pontife puissent ruisseler sur toute la société. «S’il n’y a pas de paix, il n’y a pas d’écoles et pas d’hôpitaux. Le pape vient pour nous sauver des murs que nous avons construits», raconte celle qui a été particulièrement touchée par les messages de François concernant les femmes. «Nous faisons face à beaucoup d’abus… C’est important que les hommes présents ici entendent ce qu’a dit le pape», insiste-t-elle.
La veille, le pape et l’archevêque de Canterbury Justin Welby avaient lancé de vibrants appels pour protéger les femmes des abus sexuels. Le pontife leur avait même confié qu’elles étaient la «clé pour transformer le pays».
«Déposons les armes de la haine»
«Nous qui sommes le sel de la terre, nous sommes appelés à témoigner de l’alliance avec Dieu dans la joie, avec gratitude», a souligné François dans son homélie. Il a invité les fidèles à «construire de bonnes relations humaines, pour empêcher que règnent la corruption du mal, la maladie des divisions, l’infamie des affaires illégales, la plaie de l’injustice».
«Face à tant de blessures, aux violences qui alimentent le poison de la haine, à l’injustice qui provoque misère et pauvreté, vous pourriez vous sentir petits et impuissants», a-t-il reconnu. Il a invité les catholiques à s’identifier au sel qui donne toute sa saveur aux plats, bien qu’il semble presque invisible. «Même lorsque nos forces nous semblent peu de chose face à la grandeur des problèmes et à la furie aveugle de la violence, nous pouvons offrir une contribution décisive pour changer l’histoire».
«Déposons les armes de la haine et de la vengeance pour embrasser la prière et la charité», a demandé François. Il a exhorté à surmonter «ces antipathies et aversions qui, au fil du temps, sont devenues chroniques et qui risquent d’opposer les tribus et les ethnies» et à «mettre sur les blessures le sel du pardon, qui brûle mais guérit». «Même si le cœur saigne à cause des torts reçus, renonçons une fois pour toutes à répondre au mal par le mal», a supplié le pape. Il a demandé aux Sud-Soudanais de rayonner de «la lumière de Dieu», de devenir «lumineux».
«Jésus vous connaît et vous aime»
«Avant de nous préoccuper des ténèbres qui nous entourent, avant d’espérer que quelque chose autour s’éclaire, nous devons briller, éclairer par notre vie et par nos œuvres les villes, les villages et les lieux que nous habitons», a insisté François. «Cette terre, très belle et meurtrie, a besoin de la lumière que chacun de vous possède, ou mieux, de la lumière que chacun de vous est!». Il a souhaité voir se développer des communautés chrétiennes témoignant du «Dieu de la paix» (Ph 4, 9), du «Dieu de qui vient tout réconfort» (2 Co 1, 3), montrant qu’il est possible de “construire tous ensemble un avenir réconcilié».
«Jésus vous connaît et vous aime», a martelé François en lançant cette promesse: «Si nous demeurons en Lui, nous n’avons pas à craindre, car pour nous aussi toute croix se transformera en résurrection, toute tristesse en espérance, toute lamentation en danse». Le pape doit reprendre la parole au terme de la célébration pour réciter la prière de l’Angélus et faire ses adieux au peuple sud-soudanais.
Un retour pour Rome attendu vers 17h15
Le pape doit rejoindre l’aéroport international de Djouba où il participera à 11h (10h heure de Rome) à une courte cérémonie de congé, en présence du président du pays Salva Kiir. Il quittera le Soudan du Sud à 11h30. À bord de l’avion seront présents l’archevêque de Canterbury Justin Welby et le Modérateur de l’Assemblée générale de l’Église d’Écosse Iain Greenshields.
Au terme de 7 heures de vol, l’avion de la compagnie ITA Airways se posera à l’aéroport de Rome Fiumicino à 17h15 après avoir survolé le Soudan, l’Égypte, la Grèce. Durant le voyage, le pape accordera, comme à son habitude, une conférence de presse devant les journalistes accrédités pour ce voyage – dont un de l’agence I.MEDIA. A priori, Justin Welby et Iain Greenshields participeront aussi à ce temps d’échange avec les médias. (cath.ch/imedia/hl/rz)
Articles les plus lus
20/04/2026 - 16:05
Le nombre de paroisses réformées dans le canton de Vaud sera divisé par trois
Le nombre de paroisses de l’Église évangélique réformée vaudoise (EERV) doit passer de 86 à environ 30 d’ici 2029.
22/04/2026 - 19:00
"En Suisse, il y a une forte augmentation des demandes d'exorcisme"
En Suisse romande comme en Europe et aux États-Unis, le nombre de personnes se disant possédées ne cesse de croître, tout comme les demandes d’exorcisme. La possession serait-elle un simple trouble psychique? Une croyance teintée d’obscurantisme? La psychanalyste Marie Renaud-Trémelot répond.
23/04/2026 - 19:00
Léon XIV, un lion qui n’hésite pas à rugir
La tournée africaine qui s’achève ce 23 avril 2026 a agi comme un révélateur, imposant la stature internationale de Léon XIV et dévoilant des facettes jusque-là méconnues de son pontificat. Par ses paroles fermes dans chacun des quatre pays visités, Léon XIV est apparu comme ‘un lion qui sait rugir...
Le pape confie à Marie «la paix dans tout le continent africain»
«Que l’espérance et la paix demeurent au Soudan du Sud!», a lancé le pape François au terme de la messe célébrée à Djouba devant les plus de 100’000 fidèles rassemblés au mausolée John Garang. Pour la dernière prise de parole de son voyage en Afrique, à l’occasion de la prière de l’Angélus, le pontife a exprimé sa reconnaissance et son admiration pour le courage des Sud-Soudanais qui s’étaient massivement mobilisés pour sa visite.
«Beaucoup d’entre vous ont dû faire plusieurs heures, et même journées, de route», s’est ému le pape François. Il s’est adressé une dernière fois à la foule, après les mots de remerciement de l’archevêque de Djouba. «Je vous remercie pour votre foi, pour votre patience, pour tout le bien que vous faites et pour les efforts que vous offrez à Dieu sans vous décourager, sachant aller de l’avant», s’est réjoui le pape.
L’espérance sous le signe de la femme
«Au Soudan du Sud, il y a une Église courageuse, apparentée avec celle du Soudan», a rappelé le pape François. Il a évoqué la figure de sainte Joséphine Bakhita, esclave soudanaise devenue religieuse en Italie au début du XXe siècle. «Une grande femme qui, avec la grâce de Dieu, a transformé en espérance la souffrance endurée». Le pontife a expliqué que «l’espérance, ici en particulier, est sous le signe de la femme». Il a exprimé sa reconnaissance et sa bénédiction pour «toutes les femmes du pays».
François a insisté sur l’importance de cette visite pour l’unité des chrétiens, évoquant la présence du primat anglican Justin Welby et du modérateur de l’Église d’Écosse Iain Greenshields. «Avec mes Frères Justin et Iain, que je remercie de tout cœur, nous sommes venus ici et nous continuerons à accompagner vos pas, en faisant tout notre possible pour qu’ils soient des pas de paix, des pas vers la paix», a assuré le pape, après que l’échange du signe de paix lors de la messe ait donné lieu à une joie intense dans l’assemblée.
La paix confiée à la Vierge
Le pape a aussi confié «le chemin de la réconciliation et de la paix à une autre femme», la Vierge Marie. Il a confié à son intercession «la cause de la paix au Soudan du Sud et dans tout le continent africain, où tant de nos frères et sœurs dans la foi souffrent de persécutions et de dangers, où tant de personnes pâtissent des conflits, de l’exploitation et de la pauvreté». «Confions également la paix dans le monde à la Vierge, en particulier les nombreux pays qui se trouvent en guerre, comme l’Ukraine meurtrie», a également demandé le pape François.
«Je retourne à Rome en vous portant encore plus dans mon cœur», a assuré le pape, exhortant les Sud-Soudanais à ne jamais perdre l’espérance et à ne jamais perdre «l’occasion de construire la paix». Le pape quitte le Soudan du Sud à 11h30. Son avion se pose à 17h15 à l’aéroport de Rome Fiumicino. (cath.ch/imedia/cv/rz)
Articles les plus lus
20/04/2026 - 16:05
Le nombre de paroisses réformées dans le canton de Vaud sera divisé par trois
Le nombre de paroisses de l’Église évangélique réformée vaudoise (EERV) doit passer de 86 à environ 30 d’ici 2029.
22/04/2026 - 19:00
"En Suisse, il y a une forte augmentation des demandes d'exorcisme"
En Suisse romande comme en Europe et aux États-Unis, le nombre de personnes se disant possédées ne cesse de croître, tout comme les demandes d’exorcisme. La possession serait-elle un simple trouble psychique? Une croyance teintée d’obscurantisme? La psychanalyste Marie Renaud-Trémelot répond.
23/04/2026 - 19:00
Léon XIV, un lion qui n’hésite pas à rugir
La tournée africaine qui s’achève ce 23 avril 2026 a agi comme un révélateur, imposant la stature internationale de Léon XIV et dévoilant des facettes jusque-là méconnues de son pontificat. Par ses paroles fermes dans chacun des quatre pays visités, Léon XIV est apparu comme ‘un lion qui sait rugir...