Le Synode sur la synodalité, grand chantier visant à rendre l’Église plus participative et moins cléricale, est entré dans sa dernière semaine, qui se conclura samedi 26 octobre 2024 avec l'adoption du Document final. Ce texte, dont le brouillon a été présenté aux 368 membres le 21 octobre, doit permettre de synthétiser tout le processus synodal, initié par le pape François en 2021.
« Nous sommes arrivés à la dernière ligne droite sur le chemin des travaux de notre assemblée synodale », a déclaré le cardinal Mario Grech, secrétaire général du Synode, en célébrant la messe pour ouvrir la journée avec les membres. Depuis la basilique Saint-Pierre, il a invité l’assemblée à se préserver « du désir de tout garder pour nous, de posséder, de thésauriser, de définir, de clôturer ».
Le cardinal maltais a assuré que « la compréhension des vérités et les choix pastoraux se poursuivent, se consolident avec les années, se développent avec le temps, s’approfondissent avec l’âge ». Et de prévenir : « L’homme meurt lorsqu’il a le sentiment d’être arrivé et de s’être accompli ».
Lors d’une méditation en prologue à la présentation du brouillon du texte final, le prédicateur officiel du Synode, le dominicain Timothy Radcliffe, a exhorté les 368 membres à ne pas « battre les tambours de l’idéologie, qu’elle soit de gauche ou de droite ». Citant le théologien jésuite français Henri de Lubac, il a mis en garde contre la tentation de se croire « la norme incarnée de l’orthodoxie ».
Le futur cardinal – qui sera créé le 7 décembre prochain – a encouragé à garder confiance « même si vous êtes déçus par le résultat du Synode ». « Ce n’est qu’un synode. Il y en aura d’autres. Nous n’avons pas besoin de tout faire, essayons simplement de faire le pas suivant », a-t-il glissé.
Le dominicain, s’exprimant lors d’une conférence de presse plus tard dans la journée, a anticipé la suite des événements en mettant en garde les médias contre la tentation de se concentrer sur les « décisions surprenantes, sur les gros titres ». Il a encouragé à décrire plutôt la façon dont le document propose un « renouveau profond » sur la façon « d’être l’Église aujourd’hui ».
Les étapes de la rédaction du Document final
Lors d’un briefing le 18 octobre, le cardinal français Jean-Marc Aveline, qui fait partie de la commission de supervision du Document final, a expliqué que la rédaction du texte avait déjà commencé, mais comportait encore de nombreuses inconnues. Lundi, le cardinal Jean-Claude Hollerich, rapporteur général du Synode, a présenté aux membres le brouillon du document, insistant sur sa nature de « texte provisoire, ce qui signifie qu’il requiert la confidentialité – non pas par manque de transparence, mais pour maintenir un environnement ouvert et serein pour la discussion ».
Composé de paragraphes numérotés, le Document final est l’œuvre de secrétaires spéciaux qui assistent le rapporteur général avec l’aide d’experts. Les rédacteurs travaillent à partir de l’Instrumentum laboris – document guidant les travaux –, qu’ils enrichissent avec les débats. Le texte original de référence est en italien, avec des traductions possibles dans les autres langues – anglais, français, espagnol, portugais et allemand.
La commission pour la rédaction, composée de 14 membres qui ont pour mission de vérifier que le texte final « ne s’écarte pas trop des débats et des opinions qui ont été énoncés au cours de nos semaines de travail » – a expliqué l’archevêque de Marseille –, s’est réunie à plusieurs reprises, les 8, 16 et 20 octobre. (cath.ch/imedia/ak/cd/mp)