Alors que le synode sur l’Amazonie touche à a fin, les Musées du Vatican ont ouvert le 25 octobre 2019 l’exposition Mater Amazonia. The deep breath of the world (Mère Amazonie. Le souffle profond du monde).
Pour l'année jubilaire 1925, a rappelé Barbara
Jatta, directrice des Musées du Vatican, lors d’une visite pour la presse, le
pape Pie XI (1922-1939) avait organisé à Rome une exposition missionnaire
universelle. Quelque 100'000 objets représentatifs des peuples monde entier avaient
alors afflué à Rome et 40'000 d’entre eux avaient ensuite été conservés pour
constituer le musée ethnologique.
Après une période de fermeture, ce musée a été rouvert
le 18 octobre par le pape François sous un nouveau nom, Anima mundi.
Selon le Père Nicola Mapelli, conservateur de ce musée, l’objectif de ce changement
est de se débarrasser d’une vision trop occidentale sous-entendue par le mot
‘ethnologique’ afin que “chaque peuple et chaque culture se sente chez soi”.
Pour cette réouverture, les peuples amazoniens ont été mis à l’honneur, avec une exposition réalisée en lien avec les missionnaires de la Consolata. “Les indignes ont beaucoup à nous enseigner”, a considéré le Père Stefano Camerlengo, supérieur général de cet ordre. Ainsi, cette exposition “n’est pas à regarder, mais à contempler”. L'exposition sera ouverte jusqu’au 11 janvier 2020.
Les objets sont des réalités vivantes et des ambassadeurs culturels
Pour l’occasion de nombreux objets des peuples de
la forêt amazonienne comme des masques funéraires, des statuettes ou encore une
pirogue ont été rassemblés. Grâce à des films diffusés sur des écrans géants, l’exposition
présente les trois lieux de vie de ces peuples : la forêt, la rivière et
la maloca (grande maison communautaire). Le tout est accompagné de
citations du pape François, notamment tirées de son encyclique Laudato si’(2015).
Aux côtés de cette exposition amazonienne sont
présentés des objets de peuples de l’Océanie. Entre les deux, ni mur ni
séparation. Un choix délibéré “pour que les différentes cultures puissent
dialoguer entre elles”, s’est enthousiasmé le Père Mapelli. Pour lui, “les objets
sont des réalités vivantes et des ambassadeurs culturels”.
Au-dessus des objets exposés, a relevé pour sa part
Barbara Jatta, le visiteur peut apercevoir derrière des vitres transparentes
les réserves. Ce choix “très moderne” permet ainsi de comprendre que ce n’est
pas parce qu’un objet ou une œuvre n’est pas exposé qu’il est oublié.
(cath.ch/imedia/xln/mp)