Il n’aimait pas la théologie de la libération et… il prêche un christianisme… "révolutionnaire" sur la Place Saint-Pierre de Rome! Seigneur, où va-t-on? Notre Pape "franciscain" étonne depuis le soir de son intronisation, mais là, il nous défrise, si j’ose dire. Car tout le monde a pu lire, depuis le 18 juin, dans la presse ou sur le Net, ces mots "peu catholiques" jusqu’à ce jour: "Aujourd’hui, un chrétien, s’il n’est pas révolutionnaire, n’est pas chrétien!"Le Pape François n’a pas perdu la tête, qu’on se rassure. Mais qu’on relise quelques pages de sa biographie. A l’époque où il n’était encore qu’un jeune évêque-auxiliaire de Buenos-Aires, Mgr Jorge Bergoglio, il représentait, comme on dit, la ligne dure de la Sainte Eglise catholique et romaine. Ce n’est pas moi qui l’invente. Mais c’est lui qui l’avoue: "A cette époque, je jouais les Tarzan". Et de préciser ses aveux complets: "J’avais un esprit de suffisance très marqué, autant dire que j’étais en état de péché… Je me disais plus ou moins ceci: Qu’est-ce que je suis bon, qu’est-ce que je suis grand, que de choses je peux faire! Mon attitude frisait l’orgueil." Vous doutez de la véracité d’un tel propos? Lisez donc: "Je crois en l’homme", un livre au titre parfaitement "digne" de Maurice Zundel, des conversations avec deux journalistes, paru en français en avril dernier, mais en espagnol dès 2010 (1).Comme quoi un homme peut changer et, tout en gravissant les échelons de la hiérarchie, se rapprocher de son peuple et d’une théologie plus saine que la gloire. "Tarzan" est devenu François, via la Compagnie de Jésus. Joli parcours. Son parcours en témoigne. Ses propos du 18 juin l’éclairent: "la vraie révolution", a-t-il déclaré devant la foule au bord du délire, est "celle qui transforme complètement la vie", comme l’a voulu Jésus à travers sa résurrection.Même un Tarzan peut être sauvé. Même le pire des hommes. Une belle leçon d’humilité et d’espérance.Albert Longchamp sj
(1) «Je crois en l’homme – Conversations de Fancesca Ambrogetti et Sergio Rubin avec Jorge Bergoglio», Editions Flammarion. Voir page 71.