Voilà un avis mortuaire auquel je ne m’attendais pas vraiment, malgré tous les signaux envoyés par la détérioration progressive, irrémédiable et désormais consommée de l’équipe fétiche des Neuchâtelois: le Xamax.Pourquoi évoquer cet épisode dans un blog réservé aux choses plus sérieuses. Eh bien, justement, la «mort de mon Xamax» comme l’a écrit un Gilbert Gress effondré, est une information consternante, donc sérieuse, voire grave et dramatique.Un arriviste à millions, avec 52% des actions, réussit à détruire une légende. «Mon vieil amour est mort», soupire encore l’ex-entraîneur du Xamax. Ces mots expriment non seulement un dépit mais la tristesse d’un peuple blessé. Même s’il y eut des erreurs de casting dans la recherche de sponsors pour sauver l’équipe, «nos familles ne méritaient pas ça», déplore de son côté un Gilbert Facchinetti qui fond en larmes…(1)Le sport est rassembleur. «Vaut mieux taper sur un ballon que sur sa femme ou son voisin», prétendent nos philosophes du Café du commerce. Ils ont raison, ces braves qui croient encore au bon sens de l’homme. Qu’une équipe comme le Xamax s’écroule pour des raisons qui n’ont rien à voir avec le sport – en principe! – est vraiment un scandale, une offense au peuple, un «péché», je ne crains pas de le dire après «Le Temps» qui déplore sans rougir «la dernière station du chemin de croix» de l’équipe rouge et noire.Va-t-on tirer la leçon de cette défaite? J’en doute. Et c’est pourquoi j’écris ces lignes, pour fustiger une bonne fois les illusionnistes du sport et les destructeurs de nos rêves d’enfants…Albert Longchamp
(1) Cf. Le Temps, 19 janvier 2012, p.8