L’annonce de la renonciation de Benoît XVI bouleverse les foules. Les éloges flatteurs se succèdent dans un bel élan amplifié par les médias… Mais que la mémoire de l’homme est courte! Peut-on, avec un sourire, rappeler quelques titres de la presse au lendemain du conclave éclair qui élut Joseph Ratzinger à la succession de Jean-Paul II après moins de deux jours de débats, le mardi 19 avril 2005. Je donnerai la palme de la sévérité à la «Tribune de Genève». Sur photo pleine page de l’élu, à la une du quotidien, on peut lire: «Ratzinger, un choix qui désole». Sous-titre: «À Genève, les protestants disent leur consternation.» Bonjour l’ambiance. «Le Temps» est dans le ton: «Le gardien de la doctrine», avec un éditorial de Patricia Briel au titre en latin: «Habemus prudentiam». Dans «L’Echo Magazine» - dont je venais de quitter la direction – je rappelle le couac de la déclaration «Dominus Jesus», parue en l’an 2000, signée par Joseph Ratzinger mais approuvée par Jean Paul II. Ce document devait créer une blessure profonde - pas encore guérie aujourd’hui - en affirmant que «l’Eglise du Christ continue à exister en plénitude dans la seule Eglise catholique!» Une phrase de professeur, sans doute, mais qui exténuait, disais-je, le fragile mouvement œcuménique. Finissons ce petit florilège de la mémoire courte avec le titre subtil de «Libération»: «Un pape en arrière». Tout est dit. Ainsi va le cœur des peuples… Bienvenue au futur élu!Albert Longchamp