La scène était aussi simple que belle et douce. Normalement, rien de plus banal qu’un trajet de ville en tram. On se regarde. A peine. On se précipite sur le siège laissé vide par un quidam. Pas vraiment ravissante, l’ambiance. En plus, ce jour-là, je n’étais pas d’humeur à me dérider. Soudain, devant mes yeux, un petit garçon, 3 ou 4 ans maxi, assis sur les genoux d’un jeune homme, blotti contre sa poitrine, serre très fort ses petites mains derrière la nuque de celui qui est certainement son père. Comme en prière. Les deux joues se penchent l’une vers l’autre. Papa ravi. Enfant comblé. Et, légèrement à l’écart, maman contemple la scène. Pur bonheur. Une crèche vivante. Un vrai Noël. Sauf que… il y a un deuxième enfant! Une fillette, un peu plus grande, tente elle aussi de grimper sur l’épaule du paternel, qui ne demande pas mieux et l’accueille tendrement. Des voisins sourient. Moi aussi, déridé. Dans mon dos, quelqu’un chuchote: «C’est tellement chou». Tout cela sous le regard maternel…«Sous ton regard, Marie». Le nom me vient spontanément à l’esprit. Je me sens au bord des larmes de joie. Voilà donc l’Evangile devant moi, aujourd’hui, dans un tram! Car la «grande» sœur, c’est sûr, incarne à mes yeux l’humanité. Noël n’appartient pas aux seuls chrétiens. L’Amour attire l’Histoire de toute l’humanité…Rue du Marché, ma station, je quitte le véhicule. Le lieu est propice, à deux pas de l’église. J’entre. J’ai quelque chose à confier. «Père, permettez-moi d’ajouter une phrase à mon Credo intime… Voilà… Je crois en l’humanité qui attend son assomption dans tes bras, pour la plus grande joie de Marie, mère de Jésus que tu nous as donné pour nous attirer en Toi. Alors il n’y aura plus ni pleurs, ni douleurs, mais seulement pour chaque être humain le bonheur d’être Ton enfant.Très joyeux Noël à toutes et à tous !Albert Longchamp