Fleurs et bouquets, petits ou gros cadeaux, coloriages, dessins, visites, bisous, tendresse, conciliabules secrets entre papas et bambins pour dénicher une idée géniale, avec un brin de nostalgie pour les souvenirs: la Fête des Mères entraîne ses rites incontournables. Parfois, la frénésie enfantine tourne au désastre. Je me souviens encore d’un «cœur» magnifique que j’avais décoré à l’école enfantine sous la houlette d’une maîtresse aux petits soins pour ses élèves. Seul problème: en attendant le dimanche, il fallait mettre le précieux trésor à l’abri des regards impatients. Le jour venu, j’avais perdu la mémoire du lieu secret où reposait mon précieux cadeau. L’instinct maternel sut heureusement retrouver la trace et m’arracher au désespoir!Cependant, c’est en explorant les archives de l’abbé Maurice Zundel, que j’ai découvert récemment la plus magnifique expression d’une dédicace d’enfant à sa mère. Une petite fille ne savait comment exprimer sa joie. En sautant au cou de sa maman, elle lance:
«Maman, tu es née de mon cœur!».
Sublime trésor d’un «cri d’amour où une enfance comblée ratifiait le choix de la nature par le consentement d’une tendresse qui reconnaissait qu’elle n’eût pu mieux choisir, si le choix lui eût été remis». Mots doux de l’enfant ou langage savant du prêtre, même bonheur! «Avec toute son immensité, relève l’abbé Zundel, l’Océan est incapable de se voir et de nous voir. L’Enfant me regarde et il est tout entier dans ses yeux qui dialoguent avec les miens.»«Maman, tu es née de mon cœur». Instant de plénitude absolue.
Pure trouvaille de l’innocence. Je pense en ce jour aux mères comblées, sans oublier celles qui serrent dans leurs bras l’enfant qui s’en va… Je prie pour que toutes, aujourd’hui, jouissent de l’instant infini d’un amour qui enfante notre bonheur le plus pur.Albert Longchamp