Chers paroissiens, ne ratez surtout pas la grand-messe qui déploiera bientôt ses fastes à Gampel en Valais. «Un petit coin de paradis», nous assure-t-on sans rire. Une blague? Je n’oserais pas. Certes il s’agit d’une grand-messe du rock, selon mon journal préféré. Mais comment faire la différence entre l’église et les temples du rock sans être de fervents pratiquants?Cette histoire me rappelle un souvenir. En 2009, j’avais complètement négligé les «Trois jours dédiés à la gloire de BMW». Cette «grande communion fiévreuse» réunit chaque année 30'000 motards (une paille à côté du triomphe de «nos» JMJ).
Autres exemples. Un journal du matin présente Sepp Blatter «le missionnaire». Qui plus est: «patriarche en Afrique». Les bras m’en tombent. Ô stupeur: la «Grand-Messe» est aussi un Album des Cow-Boys Fringants! Dans les années 2000, «La Grand-Messe» célébrée tous les matins par Stéphane de Rosnay sur Internet décantait les vices et les vertus des journaux télévisés. Fatalement, j’ai découvert aussi «la grande messe de la spéculation boursière».Je garantis l’authenticité des citations (en italique) et je souhaite garder le sens de l’humour. Mais je ne saurais vous cacher ma crainte. La banalisation de la sphère du sacré est un signe grave. Avis aussi aux promoteurs des JMJ. L’authenticité de la foi ne se mesure pas à l’audimat des foules et des succès d’audience. L’Eglise n’est pas bâtie sur le rock, mais sur la croix. La messe est dite.Albert Longchamp