Abbé Martin Glusek – Eglise Saint-Jean l’Evangéliste, Cressier sur Morat, FR
La résurrection de Lazare
Introduction
Depuis le 1e dimanche de carême, de dimanche en dimanche, la liturgie de la parole nous invite à parcourir un chemin de foi, avec le Christ, dans la vérité ; un chemin qui conduit à la joie de Pâques, c’est ce que nous rappelle chacune des préfaces en écho avec les Evangiles.
Car cette année liturgique a la particularité de mettre en dialogue chacun de Evangiles de ce carême avec la préface qui a sa place juste avant le Sanctus.
Les préfaces
Ce chemin de foi a commencé au désert où Jésus affronte le père du mensonge. La préface nous dit : « En jeûnant quarante jours au désert, il consacrait le temps du carême ; lorsqu’il déjouait les pièges du Tentateur des origines, il nous apprenait à écarter le ferment du mal ; ainsi pourrons-nous célébrer dignement le mystère pascal et enfin passer à la Pâques éternelle. »
Le deuxième dimanche du Carême nous a conduit sur la montagne de la Transfiguration. Ecoutons la préface : « Après avoir prédit sa mort à ses disciples, il leur a manifesté sa splendeur sur la montagne sainte en présence de Moïse et d’Elie. Ainsi la Loi et les Prophètes témoignaient qu’il parviendrait par sa passion jusqu’à la gloire de la résurrection. »
Au troisième dimanche, Jésus a rencontré la Samaritaine au puits de Jacob. La préface résonne : « Quand il demandait à la Samaritaine de lui donner à boire, il lui faisait déjà le don de la foi ; de cette foi, il manifesta une telle soif qu’il fit naître en elle le feu de l’amour de Dieu. »
Puis l’Évangile nous conduit à la rencontre de l’aveugle-né le quatrième dimanche. La préface entre ici aussi en dialogue avec l’Evangile : « Par le mystère de son Incarnation, il a guidé vers la clarté de la foi l’humanité qui marchait dans les ténèbres : et par le bain qui fait renaître, il a élevé à la dignité de fils, en les adoptant, ceux qui étaient nés esclaves du péché. »
Chacun de nous à travers ces événements de la vie de Jésus, avec ses rencontres particulières, peut reconnaître ses manquements à l’amour, ses mensonges, ses aveuglements. Chacun peut découvrir la présence de Jésus dans sa vie en faisant la vérité sur sa propre vie, en ouvrant ses yeux à la lumière de la parole de Dieu, en allant à la source de la vie de son être, en professant Jésus fils de Dieu. Nous ne sommes pas seul sur ce chemin.
Lazare
Aujourd’hui, la Parole de Dieu nous met en présence de la mort, la mort physique à laquelle nul ne peut échapper. Cette mort qui angoisse, qui fait peur, qui attriste, qui est insupportable et que l’homme recherche quand il est dans le désespoir. Jésus affronte, dans son humanité, la mort terrible qui touche un être cher, un ami. Il s’unit à la tristesse de sa famille, ses sœurs et ceux qui les accompagnent.
Jésus arrive très en retard après la mort de son ami Lazare, celui-ci est déjà dans la tombe et son corps commence à se décomposer. En la présence de Marthe et Marie, les sœurs qu’il aimait et de tous ceux venus les consolées, il est pris d’émotion Par deux fois Jean nous dit que Jésus est pris par l’émotion : à la rencontre avec les sœurs de Lazare et à la vue du tombeau. Jésus montre ainsi de quel amour il les aimait. Comme il est dur de voir mourir ceux qu’on aime !
Puis Jésus demande que la pierre du caveau soit enlevée et il prie son Père. Il crie d’une voix forte « Lazare, viens dehors ! » Comment ne pas penser au cri de Dieu dans le jardin d’Eden après la désobéissance d’Adam et Eve « Adam où es-tu ? » Lazare, Adam, reviens près de moi, tu sais que je t’aime. La mort qui était entrée dans la vie dès le commencement est ici vaincue.
Elle le sera définitivement à la résurrection de Jésus. La Résurrection de Lazare s’inscrit dans la prophétie d’Ezékiel qui se réalisera à la mort de Jésus. Jésus crie aussi afin que tous puissent l’entendre et croient qu’il est vraiment le fils envoyé de Dieu. Les paroles qu’il dit à Marthe « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra. », sont au cœur de notre foi.
La préface ici résume : « Lui-même, homme véritable, il a pleuré son ami Lazare : Dieu éternel, il le releva du tombeau : ainsi, dans sa compassion pour le genre humain, il nous conduit par les sacrements de Pâques jusqu’à la vie nouvelle. »
Appelés à contempler l’amour de Jésus
A la suite de Pierre, Jacques, Jean, la Samaritaine, l`Aveugle-né, Marthe, Marie sa sœur, chacun de nous déjà baptisé et chacun des baptisés de Pâques prochain, nous sommes appelés à contempler l’amour de Jésus source d’eau vive, Jésus lumière du monde, Jésus vainqueur de la mort et maître de la vie.
5e dimanche de Carême
Lectures bibliques : Ezékiel 37, 12-14; Psaume 129; Romains 8, 8-11; Jean 11, 1-45
