Cet évangile de Jean nous rejoint aujourd’hui dans notre Temps de Carême avec une Parole qui nous fait vivre une rencontre, celle de Jésus avec une femme qui a été surprise en flagrant délit d’adultère. Une rencontre qui va faire passer cette femme de la mort à la vie.
Jésus avait coutume d’aller au mont des Oliviers. Il y passait la nuit cherchant la solitude et la prière. Le matin tôt, il retourne au temple pour y enseigner. C’est alors que tout à coup un groupe de scribes et de Pharisiens fait irruption, amenant une femme surprise en flagrant délit d’adultère.
«La réponse de Jésus va conditionner la vie ou la mort de cette femme, mais aussi sa propre liberté à Lui»
Pourquoi une telle irruption? N’oublions pas que Jésus dérange depuis un certain temps par ses paroles, ses actes et les scribes et les Pharisiens cherchent des raisons pour le prendre en défaut. Le motif est donc trouvé: «Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère. Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et, que dis-tu?». C’est une situation inhabituelle et très difficile pour lui, car sa réponse conditionne non seulement la vie ou la mort de cette femme mais aussi, engage sa propre liberté et sa vie à Lui.
C’est là que nous entrons dans deux grands moments: celui du refus de Jésus de juger cette femme (v.6-9) et celui du dialogue avec elle (v.9-11).
«En déplaçant la question au niveau de la conscience, Jésus nous rappelle le sens profond d’une vraie justice»
Oui, jésus se refuse à juger. Il le précisera quelques versets plus loin «Vous, vous jugez selon la chair, moi, je ne juge personne» (Jn 8,15). Il va interpeller les scribes et les Pharisiens en déplaçant la question au niveau de leur conscience sans déroger à la Loi de Moïse. Jésus de cette manière nous rappelle le sens profond d’une vraie justice qui «consiste d’abord à mettre de l’ordre dans sa propre conscience avant de voir la gravité de la faute d’autrui», telle la parabole de la paille et de la poutre (Mt 7, 1-5).
Par ailleurs, son comportement, son silence – Il s’abaisse, ne dit rien et écrit avec son doigt sur le sol – nous font penser que Jésus perçoit sans doute les intentions de ces hommes. Jésus se redresse alors et prononce cette parole qui, d’une part les renvoie à leur conscience «celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre» mais aussi à une réinterprétation qu’il fait de la Loi: Toute personne qui veut appliquer la loi rigoureusement doit également se l’appliquer à lui-même. L’accusateur se reconnaît alors pécheur et n’est plus en mesure de condamner son prochain.
Les scribes et les Pharisiens se retirent l’un après l’autre. C’est l’autorité de Jésus qui s’affirme ici pour protéger la vie et ouvrir à la miséricorde.
«Jésus ne réduit pas cette femme à ce qu’elle a fait; Il l’invite à regarder devant elle»
C’est alors que le dialogue avec la femme peut se réaliser (v 9-11). Il reste seul avec elle. Il ne l’interroge pas, ne cherche pas à savoir ce qu’elle a fait. Il lui demande seulement «femme où sont-ils donc? personne ne t’a condamnée?» et elle répond «Personne, Seigneur». C’est là que ce deuxième moment révèle à la femme, comme une renaissance, un possible nouveau chemin de vie. Jésus ne l›a pas réduite à ce qu’elle a fait. Il l’invite à regarder devant elle. Il ne lui demande rien en retour, ni aveu, ni regret, ni foi pour «mériter» le pardon de Dieu. Il la laisse avec Sa Parole «Moi, non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus». C’est un envoi qui la remet dans l’espérance, car le pardon précède la conversion.
Cet envoi ne s’adresse-t-il pas aussi à nous, en ce Temps de Carême?
Frère Michel Fontaine OP | Vendredi 4 avril 2025
Jn 8, 1-11
En ce temps-là,
Jésus s’en alla au mont des Oliviers.
Dès l’aurore, il retourna au Temple.
Comme tout le peuple venait à lui,
il s’assit et se mit à enseigner.
Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme
qu’on avait surprise en situation d’adultère.
Ils la mettent au milieu,
et disent à Jésus :
« Maître, cette femme
a été surprise en flagrant délit d’adultère.
Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné
de lapider ces femmes-là.
Et toi, que dis-tu ? »
Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve,
afin de pouvoir l’accuser.
Mais Jésus s’était baissé
et, du doigt, il écrivait sur la terre.
Comme on persistait à l’interroger,
il se redressa et leur dit :
« Celui d’entre vous qui est sans péché,
qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. »
Il se baissa de nouveau
et il écrivait sur la terre.
Eux, après avoir entendu cela,
s’en allaient un par un,
en commençant par les plus âgés.
Jésus resta seul avec la femme toujours là au milieu.
Il se redressa et lui demanda :
« Femme, où sont-ils donc ?
Personne ne t’a condamnée ? »
Elle répondit :
« Personne, Seigneur. »
Et Jésus lui dit :
« Moi non plus, je ne te condamne pas.
Va, et désormais ne pèche plus. »
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