Don Giordano Piccinotti était, depuis janvier 2023, sous-secrétaire de cet organisme qui tient le rôle d’une ‘banque centrale’ du Vatican, et dont les prérogatives ont été redimensionnées dans le cadre des réformes économiques du Saint-Siège. Cette organisation gère le patrimoine économique du Saint-Siège, constitué notamment de nombreux biens immobiliers situés à Rome, en Italie, en Suisse, en France ou encore au Royaume-Uni.
Le religieux salésien de 48 ans a été ordonné prêtre en 2006, deux ans après avoir formulé ses vœux définitifs. Il a occupé de nombreuses charges de gestion au sein de sa congrégation religieuse. Ce prêtre italien, formé en théologie spirituelle à l’Université pontificale salésienne à Rome, a notamment exercé les missions d’économe de maisons salésiennes en Suisse et en Italie, tout en exerçant la fonction d’économe au niveau de ›l’inspectorat’ – équivalent d’une province dans la congrégation salésienne – de Lombardie et d’Émilie-Romagne, de 2011 à 2017.
Par la suite, Don Piccinotti a cumulé les postes de directeur, procurateur ou membre du conseil d’administration de plusieurs institutions salésiennes en Suisse, au Liechtenstein et à Milan, avant de s’installer à Lugano. Il est notamment le président de la Fondation de l’Œuvre Don Bosco dans le monde. Il est proche du cardinal uruguayen Daniel Fernando Sturla, archevêque de Montevideo, également salésien.
Il est aussi trésorier du conseil d’administration de l’ONG VIS – pour Volontariato Internazionale per lo Sviluppo –, une organisation non gouvernementale fondée en 1986 par les salésiens. Cette organisation «s’occupe de coopération au développement et de solidarité internationale» et est en même temps «une agence éducative qui promeut et organise la sensibilisation, l’éducation, la formation au développement et à la citoyenneté mondiale».
Don Piccinotti devient le premier simple prêtre – ne disposant même pas du titre de ‘Monsignore› attribué aux prélats – à présider l’APSA, une instance érigée par Paul VI en 1967 et dont les présidents étaient, jusqu’en 2018, des cardinaux.
La nomination de ce salésien intervient au surlendemain de la création comme cardinal du supérieur général de son ordre, le Père Ángel Fernández Artime, qui demeurera à ce poste jusqu’au 31 juillet 2024. La présence d’un cardinal à la tête d’une congrégation religieuse est un fait inédit dans l’histoire récente de l’Église, mais de nombreux salésiens ont occupé d’importantes responsabilités au Vatican: le plus connu et le plus controversé fut le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’État du Saint-Siège de 2006 à 2013.
Mgr Nunzio Galantino, alors secrétaire général de la Conférence épiscopale italienne après avoir été évêque de Cassano all’Jonio, en Calabre, avait été appelé à cette responsabilité le 26 juin 2018. Son quinquennat a été marqué par une montée en puissance de l’APSA en tant qu’instance de régulation du patrimoine du Vatican et du Saint-Siège, dans le contexte de la mise sous tutelle des finances de la secrétairerie d’Etat.
«Ces dernières années, les engagements se sont multipliés, allant même au-delà de l’administration ordinaire», a-t-il confié à Vatican News au moment de quitter son poste. Il a expliqué avoir dû mettre en œuvre «le motu proprio par lequel le Saint-Père a transféré certaines compétences de la Secrétairerie d’État à l’APSA, en matière d’administration. L’affaire du (tristement) célèbre immeuble de Londres et le ›sauvetage’ de l’hôpital Fatebenefratelli, sur l’île Tibérine, ont exigé une grande implication», a précisé Mgr Galantino.
L’évêque italien avait également été placé à la tête d’une ›Fondation pour la santé catholique’ instituée par le pape François le 6 octobre 2021, afin d’appliquer des critères de gestion plus transparents dans les hôpitaux administrés par l’Église. (cath.ch/imedia/cv/rz)
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