Dans son message, le pape François souligne le fort sens symbolique du lieu de l’organisation de cette rencontre, près de la Porte de Brandebourg à Berlin, lieu où s’élevait autrefois le mur qui divisait les deux Allemagnes, mais aussi «deux mondes, l’Ouest et l’Est de l’Europe.» Il remarque que sa chute en 1989 a «ouvert de nouvelles perspectives: liberté pour les peuples, réunification des familles, mais aussi l’espérance d’une nouvelle paix mondiale.»
Cet espoir a été déçu, regrette François, soulignant que d’autres murs ont été érigés et que «la guerre dévaste encore trop de parties du monde.» Il mentionne notamment l’Afrique et le Moyen-Orient, mais aussi «la guerre en Ukraine, un conflit terrible qui ne voit pas de fin et qui a provoqué morts, blessés, douleurs, exodes, destructions.»
Face à ces tragédies, «le réalisme ne suffit pas, les considérations politiques ne suffisent pas, les aspects stratégiques mis en action jusqu’à présent ne suffisent pas», martèle le pontife argentin. Il invite les responsables politiques à avoir «le courage de savoir tourner la page, malgré les obstacles et les difficultés objectives.»
Reprenant le thème de cette rencontre, le pape explique que «l’audace de la paix est la prophétie demandée à ceux qui ont en main le sort des pays en guerre, à la communauté internationale, à nous tous», afin de dénoncer «la folie de la guerre» en donnant une voix «aux pleurs des mères et des pères.»
«Il faut aller de l’avant pour franchir le mur de l’impossible, érigé sur des raisonnements qui paraissent irréfutables, sur la mémoire de tant de peines passées et de grandes blessures subies.» François rappelle que ce défi de la paix n’est pas impossible pour les croyants, et qu’il ne doit pas non plus être impossible «pour les politiques, pour les responsables, pour les diplomates.»
Rappelant la nécessité de prier sans cesse, le pape invite à ne pas avoir peur de «devenir des mendiants de paix» en s’unissant à «tous ceux qui ne se résignent pas à l’inéluctabilité des conflits», y compris des croyants d’autres religions. «Ayons confiance dans le fait que le Seigneur écoute le cri silencieux de ses enfants.» (cath.ch/imedia/cv/rz)
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