«Maintenant que les putschistes ont invalidé les élections dont on se souvient qu’elles étaient destinées au renouvellement de la présidence de la République, de la Chambre et du Sénat et des organes provinciaux, un vide démocratique s’est créé. Nous verrons si et comment il sera comblé», soulignent les sources à Fides, organe d’information des Œuvres Pontificales Missionnaires.
La population est descendue dans la rue pour saluer la fin du long «règne» de la famille Bongo au pouvoir depuis 56 ans. Des scènes de liesse ont été observées dans les rues alors que personne n’a jusqu’à présent protesté contre le coup d’État, au point que certains se demandent où sont les électeurs qui, à 64 %, auraient voté pour le président sortant», affirment nos sources.
«Les personnes liées au gouvernement précédent ont peur de perdre leurs privilèges et leurs pouvoirs, mais leur marge de manœuvre est réduite», poursuivent-ils. «Les militaires ont prolongé le couvre-feu déjà imposé par le gouvernement Bongo. Il commençait à 21 heures. Maintenant il démarre déjà à 18 heures et se termine toujours à 6 heures du matin. Les frontières sont fermées alors que les communications internet et téléphoniques ont été rétablies. Les journaux ne sont pas sortis et les télévisions diffusent les communiqués de la junte militaire».
«Il faut faire quelques considérations sur les derniers événements. Pourquoi les résultats officiels des élections du 26 août ont-ils été annoncés à deux heures du matin? Et au bout d’un quart d’heure, le coup d’État est déclenché? Tout était-il convenu à l’avance?», s’interrogent les sources de Fides.
Les militaires ont déclaré les élections nulles et non avenues en prétendant qu’elles étaient truquées. Une accusation qui avait déjà été portée par le leader de l’opposition Albert Ondo Ossa, avant même le coup d’État, selon laquelle Bongo aurait gagné avec 70 % des voix. Pour l’instant, cependant, l’opposition fait profil bas par rapport aux «putschistes».
L’opposition est en fait largement composée de personnes liées à la famille Bongo, indique Fides. «Beaucoup d’entre eux sont d’anciens ministres d’Omar Bongo Ondimba, le père d’Ali Bongo Ondimba, décédé en 2009, qui avait perdu les faveurs de son fils», précisent les sources.
Entre-temps, la junte militaire, baptisée «Comité pour la transition et la restauration des institutions» (CTRI), a nommé le général Brice Oligui Nguema, le commandant de la Garde républicaine, l’unité d’élite censée protéger la vie et le pouvoir du président Bongo, «président de la transition». Nguema est également issu du cercle de la famille présidentielle, ou plutôt de son père, Omar Bongo Ondimba, dont il a été l’aide de camp. (cath.ch/fides/gr)
Grégory Roth
Portail catholique suisse
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