En 1999, le Synode de l’Église syro-malabare a décidé d’uniformiser sa liturgie, demandant aux prêtres de faire face à l’autel et non à l’assemblée pendant la liturgie eucharistique. De nombreux membres du clergé et des laïcs ont contesté cette réforme – en particulier dans l’archidiocèse d’Ernakulam-Angamaly (sud de l’Inde) – demandant une célébration intégralement face au peuple, dans l’esprit du concile Vatican II. Le pape a soutenu la réforme dans une lettre en 2021.
La contestation a dégénéré en de nombreux épisodes de violences. L’archevêque majeur, le cardinal George Alencherry, étant même directement mis en cause dans sa gouvernance par des prêtres de son diocèse. Jusqu’ici, les interventions informelles du Saint-Siège, qui soutient la décision du Synode syro-malabar, ne sont pas parvenues à mettre fin aux divisions – des portraits de l’ancien préfet du dicastère pour les Églises orientales, Leonardo Sandri, ont même été brûlés en place publique.
Afin de résoudre une fois pour toutes la crise, le pape a décidé, en août 2023, de l’envoi d’un délégué en la personne de Mgr Cyril Vasil, archevêque grec-catholique de Kosice (Slovaquie). Face à l’impasse persistante, le représentant du Saint-Siège a envoyé une lettre à tous les prêtres de l’archidiocèse d’Ernakulam-Angamaly, au cœur de la protestation, leur enjoignant de mettre en œuvre la Sainte Messe unifiée à compter du 20 août prochain, rapport le média The New Indian Express, le 18 août 2023.
Le Slovaque a également demandé aux prêtres de lire la lettre envoyée par le pape François, afin d’aider les laïcs à comprendre la volonté du Saint-Père. Dans son communiqué, Mgr Vasil laisse entrevoir des mesures disciplinaires en cas de non-respect de la directive. «Toute désobéissance à cet ordre sera considérée comme une désobéissance volontaire, personnelle et coupable à l’égard du Saint-Père», avertit-il.
Il a demandé aux prêtres qui ne sont pas en mesure d’appliquer la directive en raison d’obstacles physiques sous forme d’intimidation, de violence physique, de menaces et de troubles publics créés par d’autres personnes, de ne pas mener de célébration publique de la messe jusqu’à ce qu’une situation propice soit en place. (cath.ch/thenewindianexpress/imedia/arch/rz)
Raphaël Zbinden
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/inde-rome-donne-un-ultimatum-pour-uniformiser-la-liturgie/