Le 12 septembre 2018, le pape François a demandé une enquête sur la gestion économico-administrative du chœur chargé du service musical lors des célébrations liturgiques au Vatican. Mgr Massimo Palombella, prêtre salésien, ancien directeur du chœur, Michelangelo Nardella, ancien directeur financier, et son épouse Simona Rossi, sont accusés de détournement de fonds, blanchiment et escroquerie.
L’ancien secrétaire particulier de Benoît XVI, l’archevêque Mgr Georg Gänswein, a été entendu par la cour en tant que témoin. Comme préfet de la Maison pontificale, c’est à lui que revenait la responsabilité directe du chœur au moment des faits, avant que sa gestion ne soit transférée aux compétences du maître des célébrations pontificales.
Le tribunal a souhaité entendre le prélat allemand, qui doit être prochainement transféré à l’étranger. Devant Mgr Gänswein a été lue sa déposition du 2 octobre 2018 devant le promoteur de Justice, dans le cadre des investigations préliminaires. Le préfet de la Maison pontificale y confiait avoir reçu, en 2014, des plaintes de parents des petits chanteurs du chœur – les pueri cantores –, à l’encontre du maestro Palombella qui était «excessivement dur» envers les jeunes.
Le préfet a assuré avoir lui parlé pour lui demander de changer de conduite. Mais en 2016 et 2017, des plaintes d’adultes s’étant multipliées auprès de la secrétairerie d’État, une visite apostolique a été réalisée au sein de la structure.
En 2018, Mgr Gänswein a commencé à «nourrir des suspicions», toutefois «sans preuves», sur l’honnêteté de Michelangelo Nardella, et a fait intervenir l’Autorité d’information financière (AIF) vaticane. Mais le préfet s’est déchargé de la responsabilité du contrôle financier sur le substitut de la Secrétairerie d’État, affirmant qu’il n’avait pas connaissance des entrées et sorties des fonds du chœur, qui fonctionnait « en autonomie ».
Interrogé par la défense, Mgr Gänswein a reconnu avoir signé plusieurs documents accusant réception de sommes d’argent – notamment 30’000 euros – par le chœur. Il a aussi admis avoir autorisé des projets du chœur, Mgr Palombella ayant assuré qu’il s’occuperait lui-même de trouver les fonds. «J’ai donné mon feu vert, […] et puis ce n’était plus de ma responsabilité», a-t-il assuré. La prochaine audience est fixée au 26 juillet à 10h, pour l’interrogatoire des trois accusés. (cath.ch/imedia/ak/bl)
Bernard Litzler
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