Au cours de la cérémonie filmée dans la salle Clémentine du Vatican, le pape a souligné que la politique se déclinait avant tout dans le « service qui met les autres avant ses propres intérêts ». « Combien cela est vrai pour vous », a alors déclaré le pontife au président italien, rendant hommage à son renoncement « au repos mérité, au nom du service demandé par l’État ».
À la présidence depuis 2015, Sergio Mattarella a été réélu à l’âge de 80 ans le 29 janvier 2022, alors qu’il ne souhaitait pas briguer un second mandat. Échouant à lui trouver un successeur, les parlementaires lui ont en effet demandé de sacrifier la retraite qu’il avait planifiée afin de reprendre la tête du pays pour sept années supplémentaires.
« Vous représentez un maître cohérent de responsabilité, […] un témoin cohérent et courtois de service et de responsabilité », a dit le pape François au chef de l’État italien. Il a défini la responsabilité, comme « la capacité d’offrir des réponses […] sans attendre que d’autres le fassent ». « L’homme contemporain écoute plus volontiers les témoins que les maîtres, ou s’il écoute les maîtres, c’est parce qu’ils sont des témoins », a également souligné le pape, citant Paul VI.
Dans son discours devant l’ancien juge de la Cour constitutionnelle, connu pour sa probité et son engagement contre la mafia, l’évêque de Rome a appelé à « l’engagement pour la légalité ». Un engagement qui « exige la lutte et l’exemple, la détermination et la mémoire de ceux qui ont sacrifié leur vie pour la justice ».
Et de mentionner le frère de Sergio Mattarella, Piersanti – politicien sicilien assassiné par la mafia Cosa nostra en 1980 –, les victimes de l’attentat mafieux de Capaci (23 mai 1992), et la « terrible histoire d’Aldo Moro », ancien président du Conseil des ministres lui aussi assassiné le 9 mai 1978.
Le pape a déploré par ailleurs la « tentation diffuse », y compris « dans les meilleurs systèmes politiques », de « se servir de l’autorité plutôt que de servir à travers l’autorité ». « Comme il est facile de monter sur un piédestal et comme il est difficile de s’immerger dans le service des autres », a regretté le pontife argentin.
Dans un contexte social où l’on tend à « culpabiliser les autres », et où « l’engagement commun risque de s’éclipser devant les besoins de l’individu », il a donné en exemple les habitants de la région de l’Émilie-Romagne, touchée par de fortes inondations, appelant à « aller à contre-courant du climat de défaitisme et de plaintes ».
Commémorant le 150e anniversaire de la mort de l’écrivain italien Alessandro Manzoni (22 mai 1873), le pontife de 86 ans a confié garder « dans (son) cœur un grand nombre de ses personnages ». Il s’est arrêté sur le personnage du tailleur, du roman Les Fiancés, qui « conçoit la vie comme le temps donné à chacun pour faire grandir le bien d’autrui ». Et de conclure avec les paroles de Manzoni: « L’on devrait penser davantage à faire le bien qu’à aller bien : et ainsi on finirait aussi par aller mieux ».
Sergio Mattarella est honoré par ce prix international dans le cadre de la thématique choisie cette année: Paul VI et l’Italie: l’héritage historique et l’actualité. (cath.ch/imedia/ak/gr)
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