Brésil: les mouvements populaires centralisent leurs luttes (091193)
Belo Horizonte, 9novembre(APIC) Les mouvements populaires au Brésil ont
décidé d’unifier leurs démarches de revendications. C’est ce qu’affirme le
dominicain Frei Betto, un des théologiens de la libération les plus connus,
à l’issue du premier Congrès brésilien des mouvements populaires, tenu fin
octobre à Belo-Horizonte, la capitale de l’Etat de Minas Gerais. Une nouvelle structure, appelée «Centrale des mouvements populaires» a été fondée
dans cette ville. Elle concrétise une idée qui a mûri progressivement durant 13 ans.
Frei Betto, un des animateurs du Congrès, rappelle qu’en 1980, à Joao
Monlevade (Minas Gerais), un groupe de syndicalistes et de militants des
mouvements populaires avait été déjà fondé un mouvement national développant principalement la branche syndicale. C’est de là qu’est née la Centrale Unique des travailleurs (CUT). Les autres mouvements populaires ont surgi peu à peu dans le pays. Prenant toujours mieux conscience que des luttes
isolées nuisent à l’efficacité souhaitée, la recherche d’une unité d’action
s’est progressivement imposée à l’esprit des membres de ces organisations.
L’objectif de la Centrale des mouvements populaires, créée à Belo Horizonte, n’est pas d’unifier tous les mouvements en une seule organisation,
mais bien plutôt d’organiser les axes de lutte en décidant de présenter publiquement les mêmes revendications à des dates communes. Le Brésil est un
des pays, en Amérique latine, qui réunit un grand nombre de mouvements en
faveur des paysans «sans terre» et pour une réforme agraire effective.
D’autres mouvements exigent de meilleures habitations pour les classes défavorisées. Nombreux aussi ceux qui défendent les Noirs, les femmmes et les
causes écologiques. Enfin il existe aussi de petites organisations, travaillant au jour le jour, dans des comités de santé ou d’alimentation
(pharmacies communautaires et achats d’aliments en commun, par exemple).
La nouvelle structure créée à Belo-Horizonte a mieux défini ce qu’on appelle «mouvements populaires». Selon Frei Betto, ils ne sont ni des syndicats, ni des partis politiques, ni des organisations confessionnelles. Les
syndicats (qui ont déjà leurs propres centrales), les mouvements liés à des
entreprises publiques ou privées, les communautés ecclésiales de base, ne
font pas partie de cette nouvelle «Centrale des mouvements populaires»,
bien qu’ils ont une importance capitale, à ses yeux, pour préparer et former les militants des mouvements populaires.
Une des résolutions finales du Congrès montre bien l’orientation revendicatrice de la Centrale. Il s’agit d’exiger des pouvoirs publics des améloriations très concrètes (eau potable, électricité, construction décente
de logements), de dénoncer les atteintes aux droits de l’homme et de se solidariser avec les peuples opprimés d’Amérique latine, spécialement Indiens
et les descendants des esclaves noirs venus d’Afrique durant la période coloniale. Un vaste programme. Même si les mouvements populaires ne se veulent pas un parti politique, ils estiment vouloir influencer la vie sociale
et politique brésiliennes, pour légitimer un pouvoir populaire en gestation. (apic/em/ba)
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