Le pontife se rend du 5 au 8 mars 2021 à Bagdad, dans la plaine d’Ur «liée à la mémoire d’Abraham», dans la ville d’Erbil, au Kurdistan irakien, à Mossoul et à Qaraqosh, dans la Plaine de Ninive.
Philippe Barbarin s’était rendu pour la première fois en Irak en décembre 2014 pour visiter les chrétiens à Erbil chassés durant l’été de Mossoul et des villages chrétiens de la Plaine de Ninive à Erbil. Il était revenu en juillet 2017 avec une délégation française dans la ville de Mossoul libérée des terroristes de Daech, mais aux églises et couvents dévastés par les actes de vandalisme des djihadistes et les bombardements des forces alliées.
Se réjouissant de la nouvelle de ce voyage pontifical en Irak, le cardinal Philippe Barbarin, confie à I.MEDIA avoir sensibilisé dès 2014 le pape François sur le sort des chrétiens d’Orient à la merci des terroristes islamistes. Le pontife avait même alors étudié la possibilité de se rendre dans le pays à ses côtés.
Le cardinal Barbarin a été prévenu de la décision du pape François de se rendre en Irak du 5 au 8 mars 2021 par le cardinal Louis-Raphaël Sako, patriarche de Babylone des Chaldéens, dont il est très proche. « Cela fait longtemps que l’on insistait », confie-t-il. Lors de leurs entretiens fréquents, il a parlé de nombreuses fois au pontife argentin du drame qui se déroulait dans le pays, notamment à la demande du patriarche.
Sur le drame en Irak, « je l’ai réveillé » en 2014, au plus fort de la guerre contre l’Etat islamique (Daech), raconte le cardinal. Ce dernier avait alors fait affréter un avion depuis Lyon vers Erbil pour la fête de l’Immaculée Conception. Quelques jours plus tôt, « je lui avais dit de venir avec moi, cela pouvait se faire en une journée ».
Mais le pape s’était ravisé, craignant des répercussions sur les populations. « Il redoutait que l’on concentre la protection armée sur lui et que les terroristes en profitent », se souvient le prélat français. « S’il arrivait un malheur à cause de moi, j’aurais honte », avait-il dit, se souvient l’ancien primat des Gaules. François avait choisi finalement de délivrer un message vidéo pour les populations irakiennes.
Dans son message aux Irakiens le 6 décembre 2014, il déclarait : « Nous avons l’obligation de dénoncer toutes les violations de la dignité et des droits de l’homme. Et moi, aujourd’hui, je voudrais me rendre plus proche de vous, qui portez cette souffrance, et être avec vous (…) J’appelle, comme je l’ai déjà fait en Turquie, à un grand rassemblement international capable de résoudre ces conflits qui ensanglantent vos terres d’origine, de s’opposer à tout ce qui contraint les personnes à quitter leur patrie, et de promouvoir les conditions pour qu’elles puissent demeurer chez elles, ou y revenir. Je vous souhaite de revenir, de pouvoir revenir chez vous ».
« De nombreux musulmans ont soutenu les chrétiens envers et contre tout pendant la guerre »
En se rendant en Irak, le pontife sera très bien accueilli, assure le cardinal Barbarin, notamment par le gouverneur de la province de Ninive Najim Abdullah al-Jubouri, « un ancien militaire musulman qui apprécie énormément les chrétiens ».
« De nombreux musulmans comme lui, ont soutenu les chrétiens envers et contre tout pendant la guerre », déclare-t-il. Pour le cardinal, le programme du voyage s’avère complet : outre l’incontournable passage par Bagdad, la capitale, le pape François visitera « la ville martyre chaldéenne » de Mossoul, Qaraqosh « la catholique » et Erbil, la « cité des réfugiés ». (cath.ch/imedia/ah/be)
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