Comment se positionne la Conférence des évêques face à la question de la burqa ?
Charles Morerod: Les évêques considèrent clairement que le port de signes religieux doit être possible. Nous ne voulons naturellement pas que tous les signes religieux soient interdits. Mais pour la police, il doit être possible, pour des raisons de sécurité, de voir le visage des personnes. Nous n’avons pas dit plus dans notre communiqué.
Dès lors, les femmes peuvent-elles, en Suisse, se déplacer dans l’espace public avec une burqa?
Je n’ajoute rien à ce qui figure dans le communiqué. Il existe vraisemblablement en Suisse diverses opinions sur le sujet et c’est normal. Nous ne pensons pas que notre foi nous prescrit exactement si nous devons dire oui ou non. Sur cette question, les catholiques ont des opinions diverses.
Des signatures sont actuellement récoltées pour l’initiative anti-burqa. La CES dit dans son communiqué que cela représente «un signe d’insécurité à prendre au sérieux.»
Beaucoup de gens ont peur. La Suisse pourrait aspirer aussi pour l’avenir à une société dans laquelle se réalise exactement le contraire de ce que l’initiative veut. Nous devons nous occuper de ces questions importantes pour notre avenir. Mais nous devons voir que l’insécurité a encouragé le lancement de cette initiative. Nous entendons souvent ce que les gens disent: ‘Nous devons faire quelque chose’.
Par quels autres moyens que la pression politique d’une initiative peut-on agir?
Je suis d’avis que nous devons apprendre à mieux connaître les autres. Cela nous aiderait beaucoup. Les représentations que nous avons des autres ne correspondent jamais à l’expérience que nous pouvons faire dans des rencontres directes. (cath.ch-apic/kath.ch/mp)
Maurice Page
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