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    Franziska Driessen-Reding, présidente du Conseil synodal catholique zurichois © www.zhkath.ch

    Zurich: nouvelle polémique sur l’impôt ecclésiastique

    Barbara Ludwig, kath.ch, adaptation Bernard Litzler

    Le paiement de l’impôt ecclésiastique agite souvent le canton de Zurich. Dernier épisode, la prise de position anti-impôt d’un journaliste du Tages-Anzeiger, le 3 janvier 2020. Réplique immédiate des responsables des Eglises catholique et réformée zurichois.

    Le 3 janvier dernier, le rédacteur culturel du Tagi, Andreas Tobler, jette un pavé dans la mare. Il a opté pour une sortie d’Eglise et en précise les motifs. Tobler s’avoue "peu doué en matière de religion" et même "pas doué en tant que chrétien des jours de fête (Feiertagschristen)".

    Depuis un mariage et un enterrement il y a plusieurs années, écrit-il, il n'a pas assisté à un seul service religieux. Il dit ne trouver aucune force ni aucun soutien dans la croyance en un Dieu.

    Peut-on se passer des Eglises ?

    Il reconnaît certes que "nos valeurs morales et une grande partie de ce que nous appelons société et culture sont influencées par le christianisme. Mais tout cela existe aujourd'hui largement indépendamment des institutions ecclésiastiques".

    Néanmoins, il qualifie les Eglises de "projet social" qui mérite d'être soutenu: outre les impôts ecclésiastiques, les Eglises cantonales reçoivent encore des "contributions substantielles de l'Etat" pour la prise en charge des personnes âgées, des sans-abri et des réfugiés, note Tobler. Pour le journaliste, les contributions de l’Etat pour les prestations sociales fournies par les Eglises sont suffisantes. Et, à ce titre, il ne souhaite être qu’un citoyen qui paie ses impôts et pas un membre de l’Eglise dont il déclare sortir.

    "Grossière absurdité"

    L’article d’Andreas Tobler a déplu aux autorités ecclésiastiques du canton. Le président de l’Eglise réformée de Zurich, Michel Müller, et la présidente du Conseil synodal catholique zurichois (la corporation ecclésiastique catholique), Franziska Driessen-Reding, ont réagi dans une lettre ouverte. Elle a été reprise sur les sites des Eglises et dans le Tages-Anzeiger du 11 janvier 2020.

    Les représentants des Eglises se concentrent en

    particulier sur les aspects financiers.

    Affirmer que les contributions de l'Etat aux

    Eglises compensent suffisamment les coûts de leur engagement social est une

    "grossière absurdité", écrivent Michel Müller et Franziska Driessen-Reding.

    Ils

    renvoient à une étude du politologue zurichois Thomas Widmer, qui confirme que

    "les Eglises fournissent bien plus de services d'importance sociale

    globale qu'elles ne reçoivent de contributions de l'Etat".

    Selon

    les responsables des corporations ecclésiastiques, les contributions étatiques "ne suffisent pas à assurer les services des

    Eglises dans les domaines social, éducatif et culturel". Le canton de

    Zurich verse 50 millions de francs par an pour ces tâches. Par contre, les

    recettes fiscales des Eglises, versées au titre de l'impôt ecclésiastique par

    les fidèles et par les entreprises, s'élevaient à 440 millions de francs en

    2018.

    Travail bénévole

    Cette étude universitaire montre ainsi que dans les Eglises

    réformée et catholique du canton de Zurich, près de 1,9 million d'heures de

    bénévolat sont effectuées chaque année, ce qui correspond à environ 870 postes

    à plein temps. "Ce sont les membres, et pas seulement l'Etat", qui

    rendent possible le travail des Eglises en faveur de la société, notent les

    responsables des corporations ecclésiastiques.

    L'étude de Thomas Widmer ne mentionne pas le fait que l'Eglise

    catholique à Zurich, par exemple, dépense environ 10 millions de francs suisses

    pour ses 22 missions linguistiques. Elle s'engage ainsi pour l'intégration des

    nombreuses communautés de migrants de langue étrangère.  "C'est aussi une contribution importante

    à la paix sociale".

    Le

    président réformé et la présidente catholique attirent l'attention sur le

    travail bénévole fourni au sein des Eglises. Par exemple pour la préservation

    des bâtiments historiques, l'intégration des migrants ou dans le dialogue

    interreligieux et le travail pour la jeunesse. "Tout cela ne serait pas

    possible sans la contribution des membres de l'Eglise, c'est-à-dire l'impôt

    ecclésiastique", précisent-ils. (cath.ch/bal/bl)

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