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    L’entretien de ce 11 octobre 2024 constituait la quatrième rencontre entre Volodymyr Zelensky et le pape François © Vatican Media

    Volodymyr Zelensky cherche l’appui du Vatican pour libérer les otages ukrainiens

    Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a été reçu par le pape François le 11 octobre 2024 au Vatican. Il s’agissait de la quatrième rencontre entre les deux hommes, dont les relations ont pu sembler distantes depuis l’offensive russe lancée en Ukraine le 24 février 2022. 

    Arrivé vers 9h35 au Vatican et accompagné par une longue escorte d’une trentaine de véhicules, alors qu’un hélicoptère demeurait en position statique dans le ciel romain pour veiller à sa sécurité, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a été reçu par le pape François durant 35 minutes.

    Le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, Matteo Bruni, a précisé aux journalistes que le pape François avait parlé de la paix et de «sa préoccupation pour les enfants qui perdent leur sourire dans la guerre». Outre ses textes sur le paix, le pape a offert au président ukrainien une œuvre en bronze intitulée La paix est une fleur fragile.

    Le chef de l’État ukrainien, toujours vêtu de son traditionnel treillis de chef des armées d’un pays en guerre, a pour sa part offert au pape une peinture intitulée Le massacre de Boutcha. L’histoire de Marichka. Cette œuvre se rapporte au massacre de 637 civils perpétré par l’armée russe en mars 2022 dans cette ville située au nord-ouest de Kiev.

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    Intitulée "Le massacre de Boutcha", la toile évoque les 637 victimes laissées par l'armée russe après l'occupation de la ville @ DR

    «La question du retour de nos concitoyens en captivité a été au cœur de ma rencontre avec le pape François», a expliqué le président ukrainien dans un tweet. «Nous comptons sur l’aide du Saint-Siège pour ramener les Ukrainiens qui ont été faits prisonniers par la Russie», a ajouté Volodymyr Zelensky, rappelant que cette «question des personnes capturées et déportées reste incroyablement douloureuse» pour tous les Ukrainiens.

    Inquiétudes pour la liberté religieuse en Ukraine

    Le président s’est ensuite entretenu avec le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, qui s’était rendu l’été dernier en Ukraine. Dans un communiqué très bref, la secrétairerie d’État précise que les entretiens de ce 11 octobre ont été dédiés «à l’état de la guerre et à la situation humanitaire en Ukraine, ainsi qu’aux voies qui pourraient y mettre fin, en amenant à une paix juste et stable dans le pays».

    Le communiqué indique qu’ont «aussi été examinées certaines questions relatives à la vie religieuse dans le pays». Cette mention peut se rapporter à la loi sur l’interdiction de l’Église orthodoxe affiliée au patriarcat de Moscou, une évolution législative considérée par le Saint-Siège comme une atteinte à la liberté religieuse.

    «S’il vous plaît, que ne soit abolie de façon directe ou indirecte aucune Église chrétienne! On ne touche pas aux Églises!», avait lancé le pape François lors de l’Angélus du 25 août 2024, quelques jours après le vote par la Rada, le Parlement ukrainien, d’une loi obligeant les paroisses de l’Église orthodoxe encore rattachée au patriarcat de Moscou de trouver une autre affiliation dans un délai de neuf mois.

    Une relation contrastée entre l’Ukraine et le Saint-Siège

    L’entretien de ce 11 octobre 2024 constituait la quatrième rencontre entre Volodymyr Zelensky et le pape François. Le président ukrainien, élu en 2019, avait effectué une première visite au Vatican le 8 février 2020, peu avant le confinement provoqué par la pandémie de Covid-19.

    Après avoir suspendu ses déplacements internationaux durant près d’un an à partir de l’offensive russe déclenchée le 24 février 2022, le président Zelensky avait été reçu par le pape François le 13 mai 2023. Durant cette audience très médiatisée, les deux dirigeants s’étaient accordés sur la «nécessité de continuer les efforts humanitaires en soutien à la population».

    Invité le soir même de l’émission populaire de la RAI Porta a Porta, le président ukrainien avait toutefois récusé l’idée d’une médiation directe du Saint-Siège, en martelant que le plan de paix devait venir des Ukrainiens eux-mêmes.

    La dernière entrevue du pape et du président remontait au 14 juin dernier à Bari, en marge du sommet du G7 organisé par la chef du gouvernement italienne Giorgia Meloni. Leur rencontre n’avait duré que quelques minutes. À l’issue de celle-ci, le président avait remercié le pape pour «ses prières pour la paix en Ukraine» et pour son engagement humanitaire vis-à-vis de son peuple, tout en insistant sur l’importance de soutenir la «formule de paix» défendue par Kiev.

    Les relations entre l’Ukraine et le Saint-Siège ont connu plusieurs phases de crises et de polémiques, compte tenu de la ligne défendue par le pape François de maintenir les canaux de communication ouverts avec la Russie. La médiation assumée depuis 2023 par le cardinal Matteo Zuppi, qui s’est rendu à Kiev, à Moscou, à Washington et à Pékin afin d’œuvrer à la libération d’otages et de prisonniers, est néanmoins appréciée par le gouvernement ukrainien.

    Après le retour de dix prisonniers – dont deux prêtres catholiques – en juin dernier dans le cadre d’un échange, le président avait personnellement remercié le Vatican pour son rôle dans cette transaction.

    Un Ukrainien cardinal

    La semaine du pape François a également été marquée par son entretien, le 10 octobre, avec l’archevêque majeur de l’Église gréco-catholique ukrainienne Sviatoslav Shevchuk. «Le Saint-Père est vraiment préoccupé par la population civile, par tout ce qui se passe en Ukraine, par les personnes vulnérables qui souffrent le plus». a-t-il expliqué au terme de cet entretien.

    À la surprise générale, le pape François a annoncé le 6 octobre dernier la création comme cardinal d’un évêque ukrainien de la diaspora, SB Mykola Bychok, évêque de l’éparchie Saints-Pierre-et-Paul de Melbourne des Ukrainiens (Australie), mais non celle du chef de l’Église gréco-catholique. Ce choix du pape peut s’expliquer par une volonté de ne pas froisser frontalement Moscou, mais aussi par un souci d’équilibre interne vis-à-vis des catholiques latins d’Ukraine, minoritaires par rapport aux gréco-catholiques.

    Coopération avec l’Italie

    La visite du président à Rome avait également pour objet de renforcer sa coopération avec le gouvernement italien. Reçu dans la soirée du 10 octobre par la présidente du Conseil Giorgia Meloni, le président Zelensky a assuré avoir tenu avec elle «une discussion très productive» au sujet du «plan de victoire» élaboré par Kiev.

    Dans un communiqué diffusé sur son compte X, le président ukrainien a expliqué vouloir «renforcer les positions et les relations de l’Ukraine avec ses partenaires les plus proches, en veillant à créer les conditions nécessaires et une atmosphère équitable pour une diplomatie honnête».

    Mentionnant le soutien apporté par le gouvernement Meloni sur le plan militaire et économique, le chef de l’État ukrainien a également salué l’organisation de la prochaine conférence pour le redressement de l’Ukraine, qui se tiendra en Italie en 2025 et devrait impliquer 77 pays et près de 500 entreprises. «Il est vraiment précieux d’avoir des amis aussi fiables», s’est félicité le président ukrainien. (cath.ch/imedia/cv/bh)

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