La question des viri probati a été débattue dès le premier jour du Synode sur l'Amazonie, le 7 octobre 2017. Répondre au manque de prêtres en Amazonie est une “nécessité légitime”, mais elle ne saurait conditionner une réexamen substantiel de la nature du sacerdoce dans l’Eglise de rite latin, ont estimé des participants.
Chaque journée du synode est divisée en deux
sessions, une le matin et une seconde l’après-midi débutant à 16h30. Pour les
premières journées de l’assemblée, les participants sont réunis en
congrégations générales. Si ces rencontres se déroulent à huis clos, le Bureau
de presse du Saint-Siège communique ensuite une synthèse des échanges de
l’après-midi.
A ainsi été abordé dès la première journée de
travail le sujet des viri probati probati – l’ordination d’hommes
mariés respectés d’âge mûr – qui, rappelle la synthèse, est une des
“propositions” apportées par l’Instrumentum laboris pour permettre la
célébration des sacrements là où l’absence de prêtres est particulièrement marquée.
En effet, certains villages amazoniens peuvent rester jusqu’à deux ans sans
recevoir la visite d’un prêtre.
Pour certains membres de l’aula, il s’agit
de répondre à une nécessité légitime, mais
cet état de fait ne saurait conditionner un réexamen substantiel de la “nature”
du sacerdoce et de son rapport avec le célibat, tel qu’il est prévu au sein de
l’Eglise catholique de rite latin.
Ces participants suggèrent plutôt de
renforcer la pastorale vocationnelle auprès des jeunes indigènes, afin de
renforcer l’évangélisation du territoire. Le but serait aussi d’éviter de c
réer une division entre ceux qui peuvent avoir facilement accès à l’eucharistie
et ceux pour qui cela n’est pas possible.
L'engagement des jeunes
Si ce sujet est un des plus délicats du synode pour l’Amazonie, il n’est pas le seul à avoir été évoqué lors de la première journée d’échanges. Les participants sont ainsi revenus sur l’importance de l’engagement des jeunes dans le combat écologique, citant l’activiste suédoise Greta Thunberg. Le “cœur jeune”, s’est-il dit dans l’aula, veut construire un monde meilleur et représente une Doctrine sociale en mouvement. Il s’agit ainsi d’un défi positif pour l'Eglise, la poussant à dialoguer avec les jeunes pour l’aider à discerner et à aller au-delà des slogans dans cette question de vie ou de mort.
Toujours sur le plan
écologique, les participants ont estimé que le climat était un bien mondial qui
doit être protégé et préservé. Selon eux, il est nécessaire de mettre fin à
l’utilisation de combustibles fossiles, en particulier dans les pays
industrialisés, “plus grand responsables de la pollution”. De même, les nappes
phréatiques ont été l’objet d’échanges appelant à les préserver des contaminations
chimiques. Il y a ainsi une préoccupation particulière face aux activités
extractives massives et aux abus de certaines entreprises qui ont de graves
conséquences pour les autochtones. Pour les participants au synode, c’est donc
un nouvel équilibre entre l’homme et la nature qui doit être trouvé.
“Ecosystème ecclésial”
Tout comme il existe un écosystème à
préserver, les participants au synode ont souligné qu’il existait une merveilleuse
biodiversité spirituelle en Amazonie. Pour que celle-ci puisse apporter sa contribution
à la catholicité de l’Eglise, il faut dépasser les formes de colonialisme qui
ont pu caractériser la mission dans les siècles passés. Il est ainsi nécessaire
de favoriser la préservation des identités culturelles de la région.
Par exemple, ont proposé des
voix dans l’aula, les rites indigènes – s’il ne s’agit pas de
superstitions – peuvent être vus avec bienveillance pour s’harmoniser avec le vrai
esprit liturgique. Il a donc été demandé de partager les expériences de
célébrations inculturées de sacrements comme le baptême. La mise en place ad
experimentum d’un rite catholique amazonien a été évoquée par certains pour
souligner l’existence de cet “écosystème ecclésial”.
Election des commissions
Par ailleurs, les Pères synodaux ont
élu les membres de deux commissions. A la Commission pour l’information ont
ainsi été désignés : Mgr Erwin Kräutler, prélat émérite de Xingu (Brésil); Mgr
Rafael Cob García, vicaire apostoliquse de Puyo (Equateur); Mgr José Ángel
Divassón Cilveti, ancien vicaire apostolique de Puerto Ayacucho (Venezuela); et
le Père Antonio Spadaro, directeur de La Civiltà Cattolica.
Ont aussi été élus quatre
membres de la Commission pour l’élaboration du document final : Mgr Mario
Antonio Da Silva, évêque de Roraima (Brésil); Mgr Héctor Miguel Cabrejos Vidarte,
archevêque de Trujillo (Pérou) et président de la Conférence épiscopale
péruvienne; Mgr Nelson Jair Cardona Ramírez, évêque de San José del Guaviare
(Colombie); et Mgr Sergio Alfredo Gualberti Calandrina, archevêque di Santa
Cruz de la Sierra (Bolivie). (cath.ch/imedia/xln/bh)