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    Les discussions du synode se poursuivent © Vatican Media

    Synode: Débat-clé sur l'autorité doctrinale des conférences épiscopales

    La nature de l’autorité doctrinale des conférences épiscopales a été au centre des débats de la troisième semaine du Synode sur la synodalité, réuni à Rome. Les partisans d’une plus grande autorité pour ces entités locales se confrontent à ceux qui y voient une mise en danger de l’unité de l’Église.

    L’autorité des conférences des évêques nationales ou régionales est sans doute le sujet le plus sensible du Synode », a confié à I.MEDIA un membre de l’assemblée. La question déjà débattue par l’assemblée synodale d’octobre 2023, a été introduite au numéro 97 de l’Instrumentum laboris

    Le texte propose de «reconnaître les conférences épiscopales comme des entités ecclésiales dotées d’une autorité doctrinale, une manière d’assumer la diversité socioculturelle au sein d’une Église multiforme qui valorise les expressions liturgiques, disciplinaires, théologiques et spirituelles adaptées aux différents contextes socioculturels».

    Une «décentralisation salutaire»

    L’étendue du pouvoir des conférences épiscopales est actuelleement défénie pae la lettre apostolique Apostolos suos de Jean Paul II en 1996. Si dans ce texte, le pape polonais a fortement limité les pouvoirs des conférences ds évêques, il a dans le même temps reconnu l’existence de quelques compétences doctrinales,  a rapporté à I.MEDIA le père Dario Vitali, coordinateur des experts théologiens.

    Jean Paul II rappelle que les conférences épiscopales sont compétentes quand elles sont en communion avec le pape – de la même façon que l’est tout évêque. Dans le droit canonique, les conférences épiscopales se voient reconnaître une autorité doctrinale particulière en matière de traduction des Saintes Écritures et d’édition du catéchisme.

    C’est cette forme d’autonomie que certains membres veulent voir accrue, pour pouvoir faire face plus facilement à un problème qui apparaîtrait localement. «Ce qui ne veut pas dire qu’une conférence épiscopale pourrait définir des dogmes», assure le Père Vitali. Mais “en fonction du contexte dans lequel se trouve une conférence épiscopale, elle peut adapter le langage à ce contexte, selon la logique du Concile Vatican II”.

    Pour le théologien italien, tel est le sens de l’appel à une «décentralisation salutaire» du pape François dans son exhortation apostolique Evangelii Gaudium (2013), expression qu’il reprend dans la constitution apostolique Praedicate Evangelium (2022). Le pontife, dans ce texte qui réforme l’administration centrale de l’Église, la Curie romaine, insiste cependant sur le fait que cette décentralisation concerne les questions «qui ne touchent pas l’unité de doctrine, de discipline et de communion de l’Église».

    «Il faut rendre aux conférences épiscopales des compétences sur des matières qu’elles connaissent bien», a estime le Père Vitali. Une position qui ne semble pas avoir fait consensus au sein de l’assemblée lorsqu’elle a été abordée dans la matinée du 16 octobre, confie un membre, qui assure à I.MEDIA qu’elle a provoqué «moins de débats que de réticences ».

    Une certaine réticence au sein de l’Assemblée

    «Plusieurs intervenants ont évoqué la nécessité de préserver l’unité de l’Église et ont mis en garde contre l’attribution de compétences doctrinales aux conférences épiscopales», a rapporté Sheila Pires, secrétaire de la commission pour l’Information, lors d’une conférence de presse le 16 octobre. Pour plusieurs d’entre eux, «une foi fragmentée rendrait l’Église fragmentée», alors que «l’unité est très importante», a-t-elle témoigné.

    Des interventions ont notamment cité comme exemple de rupture de l’unité la réception de Fiducia supplicans, une déclaration de décembre 2023 du dicastère pour la Doctrine de la foi qui autorise les bénédictions non liturgiques des couples homosexuels, et qui n’a pas été appliquée en Afrique après la demande des évêques africains. D’autres ont demandé que l’autorité doctrinale souhaitée soit définie plus clairement.

    La Mozambicaine Sheila Pires a aussi expliqué qu’une partie des participants a incité les plus réticents à distinguer la foi «qui reste la même» de «la formulation des vérités de la foi». Pour certains d’entre eux, une forme de décentralisation est possible si elle va de paire avec une bonne coordination avec Rome avant de prendre des décisions.

    Concernant l’accroissement de l’autorité des conférences épiscopales, I.MEDIA a appris que le Père Gilles Routhier, expert théologien canadien, est intervenu pour défendre l’idée que cela pouvait permettre aux Conférences épiscopales d’enseigner d’une manière qui favorise l’inculturation. Même si un expert (qui n’a pas le droit de vote NDLR)  est autorisé à parler, il s’agit d’un cas « très rare », note un témoin du synode. Il s’agirait de fait de la première intervention de ce type dans ce Synode.

    D’autres structures synodales pour remplacer les conférences épiscopales?

    Sheila Pires a aussi confié que certains membres avaient évoqué la possibilité de remplacer les conférences épiscopales par d’autres structures synodales, intégrant des laïcs. Cette idée de corps intermédiaire représentatif a notamment été défendue par la théologienne Myriam Wijlens, professeur hollandaise de droit canonique à l’université allemande d’Erfurt, lors d’un forum théologique organisé le 16 octobre.

    Ces propositions font écho à la création d’un ‘conseil synodal’ votée par le Chemin synodal allemand en 2023. Ce conseil synodal, que la majorité des évêques allemands ont annoncé vouloir mettre en place en 2026, serait constitué d’évêques, de prêtres et de laïcs élus démocratiquement qui pourraient participer à la gouvernance des diocèses et peser dans les décisions de la conférence épiscopale. Le Vatican s’est opposé avec force et à plusieurs reprises à cette mesure, considérant qu’elle remettait en cause l’autorité de l’évêque.

    Quid des conférences continentales ?

    Enfin, une autre question abordée par l’assemblée synodale a été celle des conférences épiscopales continentales. Ces organismes ont pris une importance plus nette lors de ce Synode puisqu’une phase entière de réflexion s’est déroulée à cette échelle.

    Paolo Ruffini, préfet du dicastère pour la Communication, a souligné la volonté « de renforcer les Conférences épiscopales en tant que niveaux de collégialité intermédiaire » et a affirmé que la conférence continentale pourrait « être le bon endroit pour tisser la synodalité ». (cath.ch/imedia/cd/mp)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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