Soudan: le diocèse de Khartoum appelle à l'aide pour les déplacés
L’évêque auxiliaire de Khartoum, au Soudan, Mgr Daniel Marco Kur Adwok, a lancé un appel à l’aide internationale pour les personnes déplacées à l’intérieur du pays ou dans les Etats voisins, suite à la guerre civile qui a éclaté en avril 2023.
Pour Mgr Adwok, tout le monde essaie de quitter Khartoum du fait de la dégradation continue de la sécurité. «Il y a un énorme besoin d’aide tant au Soudan que dans les pays voisins, pour accueillir les personnes fuyant le conflit», a-t-il indiqué dans son appel relayé par Caritas internationalis.
Selon un bilan provisoire du Bureau des Nations-Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) du 7 juin 2023, plus 780 personnes ont été tuées dans les affrontements entre les deux camps, depuis le début des hostilités, et plus de 5’800 autres blessées dans tout le pays. En outre, près de 1,5 million de personnes ont été déplacées à l’intérieur du Soudan, ainsi que dans les sept pays voisins. Le Soudan du Sud a déjà accueilli plus de 100’000 réfugiés. Beaucoup s’y rendent du fait de la proximité des deux pays, des liens familiaux et du coût de la vie moins élevé que dans les autres pays.
Mais les pays voisins du Soudan accueillent déjà d’importantes populations de réfugiés. Leurs économies ne sont pas en mesure de soutenir dans de bonnes conditions les nouveaux arrivants, soulignent les organisations humanitaires.
Des combats opposent, depuis le 15 avril, les Forces armées du Soudan (SAF) dirigées par le général Abdelfattah al-Burhan, aux Forces de soutien rapide (RSF), avec à leur tête, le général Mohamed Hamdan Dagalo, pour le contrôle du pouvoir. Les deux Généraux, respectivement n° 1 et n°2 du régime, s’étaient alliés en avril 2019 pour renverser le régime de l’ex-président Omar el-Béchir qui dirigeait le pays depuis 1989. IBC
Situation humanitaire «désastreuse»
Caritas Soudan n’a pas la capacité de faire face à la situation des personnes déplacées, a fait remarquer Mgr Adwok. Il a rappelé que la Caritas locale était inactive depuis dix ans et venait juste de relancer ses activités. «Nous avons besoin de soutien et d’expertise pour aider les personnes dans le besoin», a-t-il souligné. Il a déploré «la crise croissante de cette guerre et des échecs répétés, de tentatives de cessez-le-feu réclamés par les acteurs internationaux». Cette situation entrave l’acheminement des aides alimentaires, médicales ou logistiques des organisations humanitaires.
La situation humanitaire est qualifiée de «désastreuse», en raison des pénuries de nourriture, d’eau et de carburant, ainsi que de la hausse du coût de la vie, a rapporté le Haut- Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). De plus, la saison des pluies qui approche pourrait encore compliquer la mobilité des personnes fuyant le pays. (cath.ch/ibc/com/rz)