Protection des mineurs: la Commission pontificale communique
Réunie en assemblée plénière du 20 au 22 septembre 2023, la Commission pontificale pour la protection des mineurs a tenu à rendre compte publiquement de ses travaux. D’ici la fin du mois, elle publiera un rapport intermédiaire sur la lutte contre les abus sexuels. Des lignes directrices universelles devraient être publiées en 2024.
L’ordre du jour de cette rencontre, explique le communiqué du 23 septembre, était d’évaluer les progrès réalisés, un an après le renouvellement des membres de l’organe et son nouveau mandat confié par le pape François. En recevant les membres le 5 mai dernier, le pontife avait encouragé cette commission fondée en 2014 à poursuivre ses travaux, malgré une crise interne après la démission brutale d’un des membres, le père Hans Zollner, parti en pointant du doigt de graves défaillances.
Le jésuite dénonçait entre autres le manque de transparence au sein de cette instance, et des dysfonctionnements structurels. La semaine passée, dans sa note de fin d’assemblée, la commission présidée par le cardinal Sean O’Malley – auquel le pape François a rendu hommage le 25 septembre devant une délégation du Centre de recherche et de formation pour la protection des mineurs (Ceprome) – détaille les progrès réalisés.
Les membres ont ainsi approuvé un plan du rapport annuel sur l’état des lieux international de la lutte contre les abus dans l’Église, demandé par le pape. Le plan sera publié sur le site web de la commission d’ici la fin du mois de septembre 2023, et le premier rapport annuel au printemps 2024.
Divers intervenants extérieurs ont été par ailleurs entendus. Davin Smolin, professeur de droit constitutionnel à l’Université Samford aux États-Unis, a notamment parlé de « l’applicabilité du concept de justice transitionnelle au travail de l’Église dans la lutte contre les abus sexuels ». Ce terme technique désigne le traitement des séquelles sociétales des violations à grande échelle des droits de l’homme. La commission entend intégrer dans son rapport annuel cette façon de traiter les exactions massives.
Un groupe de défense des victimes fondé au Royaume-Uni, LOUDfence, a également fait vivre aux membres de la commission une liturgie de commémoration, autour de témoignages écrits de victimes. Les représentants de cette association ont été reçus à Sainte-Marthe par le pape, qui a salué leur organisme comme un « signe d’espoir ».
La commission a examiné par ailleurs les résultats de l’enquête mondiale sur le cadre des lignes directrices universelles (UGF) publiée en mai 2023. Plus de 300 réponses et 700 suggestions lui sont déjà parvenues pendant cette phase de consultation qui se clôturera en mars 2024.
Les membres ont aussi commencé à travailler sur la deuxième phase de l’UFG qui consistera à fournir « des critères clairs » aux Églises locales pour rendre efficaces les politiques et procédures de lutte contre les abus.
Une aide particulière à l’Afrique
La commission informe avoir accueilli depuis le début de l’année 13 conférences épiscopales lors de leurs visites ad limina à Rome. Des entrevues qu’elle juge utile pour « identifier les lacunes » et offrir une assistance au niveau local par le biais des quatre groupes régionaux de la Commission (Afrique/Madagascar, Amériques, Asie/Océanie et Europe).
Les membres de la Commission ont également fait le point sur le programme « Memorare », mécanisme de financement de la lutte contre les abus parrainé par des donateurs qui se sont engagés à fournir 2,5 millions de dollars pour les zones de l’Église aux ressources limitées. Vingt Églises locales – comprenant des conférences épiscopales et des conférences de religieux – ont exprimé leur désir de se prévaloir du programme, indique la note.
La commission se prévaut d’une attention particulière « aux besoins de l’Afrique ». Au cours de la réunion, a été signé un protocole d’accord avec l’Église de la République centrafricaine, deuxième accord de ce type après celui signé avec le Rwanda en mai dernier. (cath.ch/imedia/ak/mp)