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    Le Père Hans Zollner est l'un des organisateurs du sommet sur la protection des mineurs © wikimedia/Rebecski/CC BY-SA 4.0

    Père Hans Zollner: "Le célibat n'est pas la cause des abus sexuels"

    Les raisons de la mauvaise conduite des prêtres qui ont abusé sexuellement de mineurs sont profondes et complexes, mais globalement le célibat n'en est pas la cause, estime le Père Hans Zollner. Le directeur du Centre pour la protection de l’enfance de l’Université pontificale grégorienne s'est penché depuis de nombreuses années sur la problématique de l'abus.

    Le Père Zollner fait remarquer que selon les statistiques un

    prêtre commet le premier abus en moyenne à l'âge de 39 ans. Pour le jésuite, ce

    fait démontre donc que le célibat en soi n'en est pas la cause, car il le vit

    depuis 15 ou 20 ans avant de commettre le premier abus.

    Dans une interview à la chaîne de TV catholique ETWN, il

    souligne en outre que plus de 90% des abus sexuels sont commis par des personnes

    qui ne vivent pas le célibat, c'est-à-dire dans les familles, les associations

    sportives ou autres. En outre, au moins 95% des prêtres n'ont jamais commis

    d'abus sur mineurs.

    Sortir de l'insatisfaction

    Même si tous les rapports scientifiques et gouvernementaux

    du monde entier relèvent que le célibat ne produit pas en soi de comportements

    abusifs ni de violences sexuelles, ils s'accordent aussi pour dire qu'il peut

    être un facteur de risque lorsqu'il n'est pas vécu de manière intégrée ou

    acceptée, admet le théologien et psychologue.

    Après le "printemps" des premières années de

    sacerdoce, un prêtre peut se sentir isolé, manquer de bonnes amitiés, de

    contact avec l'évêque et souffrir d'une surcharge de travail. Il peut alors chercher

    un moyen de sortir de son insatisfaction, par l'argent, une vie confortable ou

    une interaction sexuelle avec un mineur, explique-t-il. Il est donc important

    d'investir non seulement dans la formation initiale, mais aussi permanente. Il

    est fondamental que les prêtres, les religieux et religieuses soient formés sur

    la manière dont on peut vivre ses émotions, ses désirs et sa sexualité d'une

    manière suffisamment intégrée et mature.

    Pas plus de 10% de pédophiles parmi les abuseurs

    Selon le Père Zollner, les pédophiles au sens propre,

    c'est-à-dire les personnes attirées exclusivement par les enfants ne

    constituent pas plus de 10% des cas. Il s'agit de personnes qui ont de la

    difficulté à communiquer avec des gens du même âge ou qui sont très instables

    sur le plan émotionnel.

    Dans 90% des cas, les abus sexuels ne sont donc pas d'ordre

    pathologique. Ils sont plutôt liés à une dynamique psychologique de

    découragement, de dépression, de peur et d'isolement qui se produit au cours

    des années de la vie sacerdotale, surtout si le prêtre n'a pas une vie

    spirituelle vraiment fructueuse.

    L'homosexualité ne conduit pas à l'abus

    Pour le jésuite, tout comme le célibat, une tendance

    homosexuelle ne conduit pas à l'abus sur mineur. Mais il faut néanmoins

    considérer que le nombre de cas d'abus homosexuels sur mineur est beaucoup plus

    élevé chez les prêtres que dans la société en général. Surtout si l'on examine

    les années 1970 à 1990.

    Hans Zollner explique cette prévalence par le fait que pendant

    ces années, les institutions d'Eglise n'étaient pas mixtes. Il n'y avait pas

    d'enfants de chœur de sexe féminin, les écoles de filles n'étaient  dirigées par des prêtres, généralement les religieux

    masculins ne s'occupaient pas des filles. Ils avaient ainsi beaucoup moins

    d'occasions de maltraiter une fillette ou une adolescente. Les gens autour

    d'eux se méfiaient aussi davantage d'un prêtre qui rencontrait des filles que

    s'il allait avec des garçons.

    A partir de son expérience de psychothérapeute, il a trouvé

    des prêtres qui avaient abusé d'une manière homosexuelle, mais qui ne se

    considéraient pas homosexuels au sens strict du terme, c'est-à-dire qu'ils

    n'étaient pas attirés exclusivement par des personnes du même sexe. "Je

    crois que beaucoup d'entre eux auraient pu vivre une vie plus dévouée si, dans

    la formation sacerdotale, une plus grande attention avait été portée à

    l'intégration de la sexualité et à la maturité de la sexualité en général. Parce

    que dans leurs relations familiales, dans la façon dont ils ont découvert leur

    sexualité à l'adolescence, ils étaient très limités dans leur expression, et dans

    la rencontre avec l'autre sexe. Ils avaient donc une peur exagérée des femmes."

    (cath.ch/acip/mp)

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