Nigeria: les évêques rejettent un projet de loi sur l’éducation chrétienne
Les évêques catholiques du Nigeria rejettent une proposition de loi sur la mise en place d’un Conseil national sur l’éducation chrétienne, visant à développer, réglementer et approuver les programmes ou contenus d’enseignement à tous les niveaux de l’éducation chrétienne, y compris les séminaires de formation des religieux.
Cette proposition de loi du Sénat est parrainée par six parlementaires aux noms à consonance musulmanes et chrétiennes. Elle prévoir notamment que le président du Conseil national soit nommé par le président la république fédérale. Il serait choisi parmi les cinq blocs qui constituent l’Association chrétienne du Nigeria qui sont : le Conseil chrétien du Nigeria (CCN), le Secrétariat catholique du Nigéria (CSN), la Communauté chrétienne pentecôtiste du Nigéria (CPFN) / Communauté pentecôtiste du Nigéria (PFN), et l’Organisation des églises instituées africaines (OAIC) du Nigeria. Ce président serait, à son tour, responsable de la nomination des membres du Conseil d’administration de la nouvelle instance.
Il existe déjà un Conseil national sur l’éducation islamique dans le pays. La création d’un autre pour l’éducation chrétienne a été recommandée en 2019, par un sommet sur l’éducation, organisé par l’Association des écoles chrétiennes du Nigeria. Selon la Conférence des évêques catholiques du Nigeria (CBCN), dans un communiqué du 27 juin 2023, les raisons qui ont justifié cette recommandation étaient liées au fait que puisque les musulmans disposaient d’un Conseil national de l’éducation, financé par l’Etat, il était souhaitable que les chrétiens aient le leur.
Violation du caractère laïc de l’Etat
Pour la CBCN, le projet tel qu’il avait proposé au départ, ne prévoyait pas la réglementation des programmes d’enseignement théologiques, ni à avoir quoi ce soit avec les institutions théologiques. «C’est après que de nouveaux éléments, qui ne sont certainement pas dans l’intérêt de l’Eglise, ont été rajoutés à texte initial », a-t-elle déploré. Or, telle qu’elle est rédigée, le projet de loi, qui remonte au mois de à mars, violerait l’article 10 de la Constitution de 1999, proclamant le caractère laïc de l’Etat. Il définit aussi les relations entre l’Etat et les confessions religieuses.
Ce projet de loi est «inutile et irréalisable, en raison des différences doctrinales des écoles chrétiennes, en plus de menacer leur autonomie juridique au profit de l’Etat», a encore dénonce la CBCN.
Elle estime que si un Conseil national de l’éducation chrétienne doit être mis en place, celui-ci devrait tenir compte des différences doctrinales entre les confessions chrétiennes, et placé sous le contrôle total de l’association chrétienne du Nigeria, mais pas de l’Etat». (cath.ch/ibc/mp)