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    Nigeria Les religieux chrétiens sont visés par les extrémistes musulmans de Boko Haram, mais également par des bandes criminelles armées © Mike Blyth/wikipediacommons/CC)

    Nigeria: Bilan mitigé de la charia, 20 ans après

    L’introduction de la charia (loi islamique) dans 12 Etats à majorité musulmane du Nigeria a franchi ses deux décennies, avec un bilan mitigé: succès pour les uns, échec pour les autres.

    La charia est recommandée par le Coran pour les musulmans. Elle régit la vie

    dans la société tant sur plan religieux, que politique, social et individuel.

    Son application stricte peut entraîner des châtiments corporels, des

    amputations, la lapidation, en fonction de la nature des délits ou crimes.

    Le 27 octobre 1999, Ahmed Sani Yerima, gouverneur de l’Etat de Zamfara, au

    nord, a décidé d’instaurer

    la charia dans cette partie de la fédération . Approuvée par le

    parlement local, la décision est entrée en vigueur le 1er janvier

    2000.  Depuis, 11 autres Etats l’ont rejoint, provoquant des violences

    interconfessionnelles. Plus de 10'000 personnes ont été tuées dans ces

    troubles, des mosquées, églises, et autres biens religieux ont également été

    incendiés lors des violences.

    Une situation qui ne s'améliore pas

    Pour Atta Barkindo, directeur du Catholic Kukah Center (TKC), une

    organisation chrétienne pour le dialogue interreligieux "nous étions

    profondément inquiets. Personne ne savait quelles conséquences cette décision

    aurait. Nous venions tout juste de sortir d'une dictature, et il y avait

    beaucoup de colère", a-t-il déclaré à la Deutsche Welle (la Voix de l’Allemagne)

    Selon lui, malgré l’application de la charia, la situation en matière de

    sécurité, de système éducatif et d'infrastructures dans le nord du Nigéria ne

    s'est guère améliorée, au cours des 20 dernières années. Dans les Etats de

    Zamfara, Katsina et Kaduna, les populations risquent fort de devenir les

    victimes de bandits. Les élèves passent moins de temps à l'école.

    En outre, l'introduction de la charia n'a pas empêché des groupes islamistes

    radicaux, tels que Boko Haram, de gagner en influence. Elle n'a pas non plus

    fait baisser la corruption généralisée dans la région. "La charia a fait

    que nous diviser davantage dans ce pays", a-t-il estimé. Il a déploré le

    repli des communautés sur elles-mêmes, car "aujourd'hui, la religion et

    l'appartenance ethnique déterminent l'accès au pouvoir, aux ressources et aux

    privilèges".

    Mener une vie conforme aux principes de l'islam

    En revanche, pour Halima Jibril, présidente de la Fédération des

    associations de femmes musulmanes au Nigeria (FOMWAN), grâce à la charia, "les

    familles se sont rapprochées,  les hommes prennent mieux soin de leurs

    femmes et de leurs enfants, la vente et la consommation de l’alcool sont

    interdites, bien qu'il existe encore des moyens de contourner cette mesure,

    dans des bars illégaux, dans des emballages dissimulés".

    La charia oblige aussi l'Etat à soutenir ses citoyens, afin qu'ils

    "puissent mener une vie conforme aux principes de l'islam. Ce qui veut

    dire qu’un niveau de vie de base doit être garanti, afin que personne ne soit

    forcé de commettre un vol. Or, jusqu'à présent, aucun système de protection

    sociale de ce type n'existe dans le nord du Nigéria, a-t-elle reconnu.  (cath.ch/ibc/mp)

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