Les terroristes de Boko Haram, un groupe d'inspiration salafiste, ont exécuté le pasteur Lawan Andimi, président de l'Association chrétienne du Nigeria (CAN) dans l'Etat d'Adamawa, au nord-est du pays, a annoncé la presse nigériane le 21 janvier 2020.
Ce n'est pas la première fois que des responsables
de la CAN, la principale association œcuménique du pays fondée en 1976, sont la
cible des djihadistes. Les terroristes affiliés à l'Etat islamique ont infesté l'Etat fédéral d'Adamawa, tout comme les
Etats de Borno et de Yobe.
Ces attaques ont provoqué plus de deux millions de
déplacés internes et des centaines de milliers de réfugiés dans les pays
voisins. Depuis juillet 2009, début des troubles suite au meurtre par la police
de Mohammed Yusuf, fondateur de Boko
Haram, à Maiduguri, les attaques du groupe islamiste ont causé la mort de près
de 30'000 personnes.
Vidéo de revendication
Quelques jours après son enlèvement par des djihadistes qui avaient attaqué la ville de Michika le 3 janvier 2020, le pasteur, dans une vidéo diffusée le 6 janvier par les terroristes, avait supplié Ahmadu Fintiri, gouverneur de l'Etat d'Adamawa, et le président nigérian Muhammadu Buhari, de lui porter secours.
Natif de l'Etat de Borno, le pasteur Lawan Andimi,
marié et père de famille, avait été pris en otage dans la ville de Michika, où
il exerçait son ministère.
"Enfants soldats"
La province d'Afrique de l'Ouest de l'Etat islamique a publié quelques jours auparavant une vidéo montrant un chrétien exécuté par un "enfant soldat" de l'organisation terroriste âgé d'une dizaine d'années. Dans une vidéo diffusée par l'agence Amaq, sa plateforme d'information, l'Etat islamique avait revendiqué cet assassinat.
A l'époque de Noël, le groupe Etat islamique a publié une vidéo montrant l'assassinat de 11 chrétiens capturés au cours des semaines précédentes dans l'Etat de Borno, au nord-est du Nigeria. Les terroristes ont déclaré que ces exécutions faisaient partie de leur campagne "pour venger" la mort de leur leader et de leur porte-parole Abu Bakr al-Baghdadi et Abul-Hasan Al-Muhajir, tués en Syrie à la fin du mois d'octobre 2019.
Instaurer le "califat islamique"
Les images de l'exécution des otages par fusillade
et décapitation ont été diffusées le 26 décembre, coïncidant volontairement avec
les célébrations de Noël. Le
nom de Boko Haram, la
dénomination du groupe terroriste, abrégée en langue haoussa, peut être traduit
par "l'éducation occidentale est un péché". Le but de ces djihadistes
salafistes est d'éradiquer l'influence occidentale, d'instaurer un califat islamiste
dans les régions qu'ils contrôlent et d'y appliquer la charia, le droit
islamique. (cath.ch/be)