La proposition d’un rite amazonien montre la “complémentarité” des cultures pour aborder l’Evangile, a considéré Mgr Rino Fisichella, président du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, le 18 octobre 2019.
Membre du synode pour l’Amazonie, le prélat s’exprimait au cours d’une conférence de presse de présentation des rapports des circoli minori (cercles mineurs).
Pour le Père
Giacomo Costa, secrétaire de la Commission d’information, la présentation des
rapports des douze circoli minori a permis de “se rendre compte des pas
qui ont été faits”. Ces rapports ont également permis de mettre en évidence des
propositions très concrètes sur lesquelles les Pères synodaux devront
s’exprimer, se sont réjouis à l’unisson le président du Conseil pontifical pour
la promotion de la nouvelle évangélisation et Mgr Mário Antônio da Silva,
évêque de Roraima (Brésil),
Parmi ces
propositions tangibles, Mgr Fisichella a souligné celle de créer un ‘rite
amazonien’. Pour lui, les rites sont l’expression de l’évangélisation. “Quand
l’Evangile rencontre une culture, il s’inculture”, a-t-il insisté. Cette
proposition, a-t-il estimé, rend tangible la nécessaire complémentarité des
cultures pour aborder l’Evangile. “Aucune culture ne peut penser épuiser a elle
seule le mystère que nous contemplons”, a-t-il ainsi soutenu.
Ce rite amazonien
serait un rite entier et non seulement liturgique, a-t-il spécifié. C’est par
exemple le cas du rite zaïrois qui est en réalité plutôt une forme zaïroise du
rite romain. Un rite amazonien pourrait ainsi donner aux différentes cultures
amazoniennes une “unité” dans laquelle se reconnaître, a poursuivi Mgr
Fisichella. Il s’agit ainsi également de l’organisation des communautés
catholiques amazoniennes, a considéré Mgr Da Silva.
Péché écologique
Concernant la
suggestion de reconnaissance d’un ‘péché écologique’, Mgr da Silva a expliqué
qu’il ne s’agissait pas tant de dresser un catalogue des comportements
recouverts par ce péché, mais plutôt à appeler à une “conversion sincère” face
à une certaine “avidité”. Mgr Fisichella a pour sa part, semblé regretter ce
terme, invitant à voir le péché comme un “comportement fondamental de repli de
l’homme sur lui-même devant Dieu et ses manifestations plutôt que de multiplier
les typologies de péchés“.
Par ailleurs, Mgr
da Silva a tenu à rappeler l’importance du long cheminement engagé depuis
l’annonce en 2017 du synode pour l‘Amazonie. Ce nouveau chemin s’inscrit dans
la continuité de “chemins déjà battus” – notamment ceux des martyrs du passé.
Il a aussi signifié son désir de partager les conclusions du synode avec les
populations qui l’ont initié. De plus, il a estimé que ce chemin synodal était
une opportunité non seulement pour l’Amazonie, mais pour le monde entier, “pour
que le synode puisse battre dans le cœur de chacun”.
Il existe ainsi un
risque de “déception universelle” si l’assemblée synodale ne parvient pas à
trouver de nouveaux chemins, a mis en garde Sœur Daniela Adriana Cannavina,
représentante de l'Union internationale des supérieures générales (UISG). Pour
elle une logique de “coresponsabilité entre pasteurs et laïcs” doit être
trouvée. Celle-ci doit se faire sans cléricalisme et inclure la femme. Pour la
religieuse, il s’agit donc aussi “d’aider les prêtres futurs à avoir [un]
regard féminin”. (cath.ch/imedia/cd/xln/bh)