«Merci de tout cœur», confie le pape suite à son hospitalisation
Le pape François a fait son premier enseignement public depuis son retour de l’hôpital, à l’occasion de l’Angélus dominical qu’il a récité debout depuis la fenêtre du Palais apostolique du Vatican, le 18 juin 2023. Dans son enseignement, il a exhorté les fidèles à faire confiance à un Dieu qui se fait présent surtout «au moment où on est le plus faible».
La dernière prise de parole publique du pape François remontait au 7 juin. Il avait alors assuré l’audience générale sur la place Saint-Pierre avant de rejoindre la polyclinique Gemelli de Rome pour y subir une opération à l’abdomen nécessitant une anesthésie générale et 10 jours d’hospitalisation.
Ce dimanche, c’est un pape souriant qui est apparu à la fenêtre du Palais apostolique donnant sur la place Saint-Pierre où s’étaient rassemblés des milliers de fidèles. Avec une voix sans doute plus fragile que par le passé, le pape a tenu à exprimer immédiatement sa «gratitude» pour toutes les personnes qui ont pu lui manifester «amitié» et «affection» durant son hospitalisation. «Cette proximité humaine et cette proximité spirituelle ont été pour moi d’une grande aide». Et de lancer à la foule: «Merci à tous, merci à vous, merci de tout cœur».
L’enfant qui se sent protégé «n’a pas peur et apprend à s’ouvrir»
Dans sa catéchèse qu’il a prononcée debout, le pape de 86 ans a insisté sur la proximité de Dieu avec l’humanité. «Dieu n’est pas distant, mais il est Père, il te connaît et il t’aime», a-t-il souligné. Il a assuré que c’est «souvent au moment où on est le plus faible que l’on peut sentir plus fortement sa présence».
Prenant l’image d’un enfant rassuré par la présence de son père, le pape a raconté que l’enfant qui se sent protégé «n’a pas peur et apprend à s’ouvrir» à un monde qui lui semblait autrefois mystérieux. Et d’en conclure: «Si nous voulons être de bons apôtres, nous devons être comme des enfants: nous asseoir ‘sur les genoux de Dieu’».
Enfin, le pape a invité les chrétiens à témoigner de la proximité de Dieu, sans dire «beaucoup de mots», mais en accomplissant «beaucoup d’actes d’amour et d’espérance au nom du Seigneur». Comme il le répète régulièrement: «Le témoignage gratuit» et le service forment le «cœur de l’annonce».
Le pape devrait pouvoir aller aux JMJ
Depuis son retour au Vatican le 16 juin, le pape a repris son travail, rencontrant par exemple dès le vendredi le métropolite Antoine, le ‘ministre des Affaires étrangères’ du Patriarcat de Moscou. Cette semaine, le pape doit recevoir notamment les présidents brésilien Luiz Inácio Lula da Silva et cubain Miguel Díaz-Canel. En revanche, il ne pourra pas assurer la traditionnelle audience générale du mercredi matin.
Rassurant, le chirurgien du pape, Sergio Alfieri, a confié à Vatican News que le pontife devrait faire attention à respecter le processus de cicatrisation durant un mois pour reprendre tous ses engagements de la meilleure des façons. Il a estimé que le voyage du pape argentin à Lisbonne début août à l’occasion des JMJ n’était pas menacé. «Le pape pourra désormais tout faire, plus fort et mieux qu’avant», a-t-il assuré.
Naufrage en Méditerranée
A l’occasion de l’Angélus, le pape François a redit sa «douleur» devant le drame survenu au large des côtes grecques avec la mort de près de 80 migrants. «Il semble… il semble que la mer était calme». C’est avec la voix chevrotante que le pape François s’est désolé de la nouvelle tragédie qui a eu lieu en Méditerranée, au large des côtes du Péloponnèse. Dans la nuit du 13 au 14 juin, une embarcation transportant plusieurs centaines d’exilés a coulé, provoquant la mort d’au moins 78 personnes.
Évoquant la journée mondiale du réfugié organisée par les Nations unies le 20 juin prochain et alors que les polémiques enflent au sujet de la responsabilité des États européens en matière d’assistance aux migrants naufragés, le pape a lancé cet appel: «J’implore que tout soit toujours mis en œuvre pour éviter de telles tragédies».
Pour la paix en Ouganda
«Je prie aussi pour les jeunes étudiants victimes de l’attaque brutale survenue contre une école dans l’ouest de l’Ouganda», a confié le pape. Il a évoqué une «guerre» qui a lieu «partout». «Prions pour la paix», a-t-il exhorté. Au moins 41 personnes ont été assassinées dans la nuit de vendredi à samedi après l’assaut d’un lycée de la ville de Mpondwe, frontalière de la République démocratique du Congo. Selon l’AFP, les autorités ougandaises incriminent les membres des Forces démocratiques alliées, une milice islamique qui a prêté allégeance au groupe État islamiste.
Lors de son voyage en République démocratique du Congo, début février, le pape François avait lancé des appels à la paix dans cette région d’Afrique dévastée par les conflits entre milices armées. Il avait rencontré plusieurs victimes de la barbarie de ces groupes et écouté leurs abominables témoignages.
Prière pour l’Ukraine martyrisée
À la fin de l’Angélus, le pontife n’a pas oublié de mentionner la guerre en Ukraine, comme il le fait quasiment systématiquement depuis le début de l’invasion russe en février 2022. «Persévérons dans la prière pour la population de l’Ukraine martyrisée», a-t-il confié, rappelant que ce peuple «souffre tant».
Cette déclaration intervient alors que la diplomatie du Saint-Siège poursuit ses efforts en matière de paix et d’aide humanitaire. Au début du mois, l’envoyé du pape, le cardinal Matteo Maria Zuppi, s’est rendu à Kiev pour rencontrer notamment le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
La mission spéciale du cardinal membre de Sant’Egidio pourrait maintenant l’emmener à Moscou même si aucune confirmation n’a encore été faite. Vendredi, le pape François a reçu en audience privée le métropolite Antoine de Volokolamsk, président du département des relations ecclésiastiques extérieures du Patriarcat de Moscou. (cath.ch/imedia/hl/rz)