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    Mgr Saad Sirop Hanna déclare sa solidarité avec les jeunes musulmans et chrétiens qui manifestent ensemble contre la corruption des autorités en Irak, le 24 novembre 2019, au centre paroissial de Berne-Bethléem © Jacques Berset

    L'évêque chaldéen Saad Sirop dénonce le "régime corrompu" de Bagdad

    Les chrétiens irakiens, face à une islamisation croissante de la société, émigrent en masse. Ils ne se sentent plus les bienvenus dans leur propre pays, confie Mgr Saad Sirop Hanna, visiteur apostolique pour les fidèles chaldéens en Europe. L'ancien évêque auxiliaire de Bagdad met cependant beaucoup d'espoir dans les manifestations contre la corruption des autorités irakiennes.

    Depuis l'éclatement des

    troubles en Irak, début octobre 2019, et une sanglante répression, plus de 350 personnes

    ont trouvé la mort dans la capitale Bagdad et dans les villes chiites du sud de

    l'Irak. Dans une interview accordée à cath.ch, lors de son passage en Suisse le

    24 novembre 2019, Mgr Saad Sirop Hanna dénonce la politique répressive du gouvernement

    du Premier ministre Adel Abdel-Mehdi, au pouvoir depuis les élections

    législatives de mai 2018.

    Fanatisme croissant des islamistes

    "Nombre de chrétiens

    veulent rester au pays, mais ils réclament un Etat basé sur le droit, le

    respect des gens, l'égalité, pas la discrimination. Le pays manque d'un concept

    en matière de droits de l'Homme. Les chrétiens se heurtent au fanatisme

    croissant des islamistes qui veulent imposer la charia, le droit islamique, à

    la société, dans tout le Moyen-Orient. C'est le cas même en Jordanie, mais là,

    le roi protège les minorités!"

    Le problème, note l'évêque chaldéen résidant à Stockholm, "c'est l'éducation... une grande partie des Irakiens rejettent le concept de démocratie!". Le visiteur apostolique, natif de Bagdad, déclare soutenir sans réserve le mouvement des jeunes qui manifestent dans le pays contre la corruption du pouvoir.

    "Ces jeunes manifestants sont l'espoir du pays"

    "Ces jeunes manifestants sont l'espoir du pays: ils dépassent les divisions ethniques et religieuses, c'est ce qui distingue ce mouvement d'autres protestations de rue au Moyen-Orient. Qu'ils soient musulmans chiites, sunnites, chrétiens, yézidis, sabéens... tous veulent une meilleure vie, de nouvelles autorités, car le gouvernement actuel ne représente pas le peuple! La corruption ronge l'Irak de l'intérieur".

    Sur son site, le cardinal Louis Raphaël Sako, patriarche de l'Eglise catholique chaldéenne, partage l'analyse de Mgr Saad Sirop Hanna. Il estime que ces manifestations sont un mouvement populaire pacifique qui n'a rien à voir avec les considérations des partis politiques et des mouvements sectaires.

    Discours vagues et promesses vides

    "Les jeunes qui

    manifestent sont désespérés par l'autorité politique en place. Depuis 2003, ils

    n'ont reçu, de la part de cette autorité, que des discours et des promesses. Au

    fil du temps, ils ont vu se répandre la corruption, la mentalité sectaire et la

    jouissance de la richesse du pays accaparée par quelques-uns, mais aussi

    l'aggravation de la pauvreté, du chômage, des mauvais services, sans parler de

    l'émigration des talents".

    Mgr Sako, patriarche de

    Babylone des chaldéens, avait apporté le 2 novembre 2019 son soutien aux

    manifestants qui protestent depuis déut octobre dans les rues de la capitale

    irakienne, réclamant la "chute du régime corrompu". Il s'était rendu à

    la tête d’une délégation d’ecclésiastiques sur la place Tahrir, épicentre de la

    lutte, où étaient rassemblées des dizaines de milliers de personnes, affirmant

    à cette occasion que «les cris des manifestants sont les cris du Christ !"

    (cath.ch/be)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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