Le président mongole Ukhnaagiin Khürelsükh et le pape François sur la place Sükhbaatar | © Vatican Media
Dossier

«Les catholiques peuvent contribuer à la prospérité de la Mongolie»

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Les catholiques sont «prêts à apporter leur contribution à la construction d’une société prospère et sûre» en Mongolie, a assuré le pape François aux autorités mongoles dans le Palais d’État d’Oulan-Bator, le 2 septembre 2023. Il a salué le choix fait par la Mongolie de se libérer de toute arme atomique.

Par Camille Dalmas, I.Media, à Oulan-Bator

Accueilli en grande pompe sur la place Sükhbaatar par le président Ukhnaagiin Khürelsükh, le pape s’est rendu avec son hôte devant la massive statue de Gengis Khan qui trône devant le Palais du gouvernement d’État pour un temps d’hommage au père de la nation mongole. Les deux hommes se sont rendus à l’intérieur du bâtiment pour une rencontre privée d’environ une demi-heure, avant de rejoindre la salle Ihk Mongol où l’attendaient une centaine de représentants des autorités, de la société civile et de la diplomatie.

Le président mongol a assuré que le rapprochement du Saint-Siège et de la Mongolie constituait pour cette dernière un «nouveau pilier» dans leur politique «d’amour de la paix» et de défense du pluralisme religieux. Il a souligné la convergence des deux États en matière de sécurité alimentaire, de défense de l’environnement et de diplomatie en faveur de la paix, rappelant notamment la participation active de son pays aux opérations des casques bleus pour le compte des Nations unies ces dernières années.

Le pape rend hommage à la Mongolie

Le pontife a ensuite pris la parole pour rendre un hommage appuyé à l’histoire, aux valeurs et aux traditions de la Mongolie et de son «peuple qui connaît bien le sens et la valeur du chemin». Pour en décrire les richesses, il a insisté sur l’habitat traditionnel des mongols, les ›ger’ – yourtes typiques du pays.

Ces maisons, ouvertes sur «le vaste horizon» des steppes par leur porte et sur «l’éternel ciel bleu» par la fenêtre du toit, sont une clé pour comprendre la «profonde connotation spirituelle» de l’identité mongole, a expliqué le pape. Il a vanté la tradition de respect du pluralisme religieux et de la liberté de culte en Mongolie depuis l’époque des khans, et la façon dont ce pays a «surmonté, sans effusion de sang, l’idéologie athée pendant la période communiste» entre 1921 et 1991.

La liberté de pensée et de religion, a insisté l’évêque de Rome, est un remède à l’«individualisme oublieux des autres et des bonnes traditions que nous avons reçues». Dans la lignée de son encyclique Fratelli tutti – qui était distribuée en langue mongole à l’entrée de la salle – il a ensuite défendu un modèle de société fondé sur la «valeur essentielle d’harmonie et de synergie entre croyants de diverses confessions».

La contribution spirituelle des catholiques pour la paix

François a ensuite plaidé devant le gouvernement pour «une législation clairvoyante et attentive aux besoins concrets» des catholiques, qui leur permette d’«offrir sans difficulté leur contribution humaine et spirituelle à la Mongolie». Il a en particulier rappelé l’importance des négociations en cours en vue de la signature d’un accord bilatéral entre la Mongolie et le Saint-Siège.

Le pape a souligné que les catholiques sont «prêts à apporter leur contribution à la construction d’une société prospère et sûre». Ils sont porteurs d’une «tradition spirituelle noble et féconde qui a contribué au développement de nations entières dans de nombreux domaines de la vie humaine», a vanté le pontife.

Mongolie sans arme nucléaire

Le pape François a enfin vanté l’héritage de paix laissé par les Mongols, soulignant que celui-ci se retrouvait dans le choix de ce pays pourtant entouré par la Russie et la Chine d’être «exempt d’arme nucléaire»; ou encore avec l’abolition de la peine de mort en 2017.

Un engagement pour la paix volontariste, a salué le pape, qui trouve son origine dans la «pax mongolica» que Gengis Khan sut imposer à ses territoires immenses. Il l’a expliqué par la capacité qu’avaient eu les Mongols à «reconnaître les excellences des peuples qui composaient l’immense territoire impérial, et à les mettre au service du développement commun».

Le pontife a enfin remis en cadeau au président mongol le fac-similé d’une lettre envoyée par le grand khan Guyuk au pape Innocent IV en 1246, premier contact officiel entre ces deux mondes. L’original de cette missive, un rouleau rapporté par des frères franciscains à Rome, est conservé dans la bibliothèque vaticane. (cath.ch/imedia/cd/gr)

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