Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • no_image
    Le Père Josef Toufar mourut en 1950 sous la torture de la police secrète communiste tchécoslovaque © DR archives

    Le prêtre tchèque Josef Toufar, victime des communistes, réhabilité

    Le Père Josef Toufar, un des premiers martyrs du communisme en Tchécoslovaquie a été officiellement réhabilité par la justice de son pays, le 10 octobre 2024. Le prêtre avait torturé à mort par la police secrète dans l’affaire dite du «miracle de Cihost» en 1950. Sa cause en béatification a été ouverte en 2013.

    Mort en 1950 sous la torture, Josef Toufar a été officiellement réhabilité, le 10 octobre, par un jugement du tribunal régional de Hradec Kralové, rapporte La Croix. La justice tchèque a reconnu que le prêtre, accusé par la police secrète communiste d’activités anti-étatiques avait été illégalement arrêté et détenu.

    L’avocat qui représentait le prêtre décédé, dont aucun des proches n’est encore en vie, s’est félicité de cette décision. “Aujourd’hui, l’injustice commise à son égard a été réparée sur le plan juridique. Il a été moralement purifié », a réagi Lubomir Müller, qui fut lui-même arrêté par la sûreté de l’Etat.

    Héros d’un film de propagande malgré lui

    Josef Toufar, mort à l’âge de 47 ans est le premier d’une longue liste de 173 prêtres tchécoslovaques tués par les communistes entre 1950 et 1953. Son histoire est assez surréaliste.

    Il est en effet le protagoniste principal de l’affaire dite du ’miracle de Cihost’. Le 11 décembre 1949, dans l’église de Cihost, un village de la région de Vysocina, un crucifix se serait mis à bouger sur l’autel pendant l’homélie du prêtre. La police secrète, la StB, mise au courant, avait alors accusé le prêtre d’avoir manigancé un faux miracle pour inciter les croyants à s’opposer à l’idéologie communiste.

    Josef Toufar fut arrêté, emprisonné et brutalement torturé. Dans un contexte de rapports exacerbés entre le régime et l’Eglise, le pouvoir avait décidé de se servir de l’affaire pour organiser un procès exemplaire. Le prêtre devait alors figurer dans un court métrage de propagande prétendant reconstruire le miracle selon la logique de la police secrète. Josef Toufar aurait élaboré un mécanisme ingénieux et l’aurait manipulé lui-même pendant la messe. Toujours selon la propagande cette mise en scène d’un ’miracle’ faisait partie d’une conspiration de la CIA et du Vatican.

    Au moment du tournage, le prêtre, épuisé par les tortures, n’avait pas pu jouer son rôle et avait été remplacé par un figurant. Tourné la nuit pour éviter la curiosité des fidèles, le film avait ensuite été largement diffusé dans tout le pays. Entre-temps Josef Toufar avait succombé aux tortures et avait été jeté dans une fosse commune dont il a été exhumé en 2014. Sa cause en béatification a été ouverte en 2013. Il repose aujourd’hui dans l’église de la paroisse de Cihost dont il avait été le curé.

    Cette histoire, au-delà de son aspect religieux, a donné lieu à diverses interprétations littéraires et artistiques dont un opéra monté en 2013 au Théâtre national tchèque.  (cath.ch/cx/mp)

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus