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    Le pape François se recueille devant le tombeau du roi Baudouin © Vatican Media

    Le Premier ministre belge dénonce des propos 'inacceptables' du pape

    S’exprimant le 3 octobre 2024, devant le Parlement belge, le Premier ministre Alexander De Croo a qualifié d’«inacceptables» les propos tenus par le pape François sur l’avortement lors de sa visite en Belgique. Alors que ces déclarations provoquent une vive polémique – et un certain malaise au sein de l’épiscopat belge -, le Premier ministre a invité le nonce apostolique pour une explication.

    «Le pape a fait certaines déclarations qui ne sont pas acceptables », a déploré le Premier ministre belge, peut-on lire sur le site Cathobel qui rapporte les vifs échanges tenus hier à la Chambre à propos de la visite du pape en Belgique.

    Durant son déplacement à Bruxelles, le pape François a rendu hommage au roi Baudouin, souverain qui avait choisi en 1990 de «quitter son poste de roi pour ne pas signer une loi meurtrière», avait-il confié dans la crypte royale de l’église Notre-Dame de Laeken, samedi matin.

    Le lendemain, lors de la messe célébrée devant près de 40’000 fidèles, il avait annoncé le lancement de la cause de béatification du roi défunt. Et dans l’avion de retour pour Rome, le pape François avait martelé qu’«un avortement est un homicide» et qualifié les médecins qui pratiquent des avortements de « tueurs à gage ».

    «Aucune leçon à recevoir»

    Ces propos ont généré la colère de certains députés, rapporte Cathobel. «Il décide de s’immiscer dans un débat national qui fait l’objet de discussions intenses au Parlement fédéral», a par exemple dénoncé la député Ecolo Sara Schiltz, en faisant allusion aux discussions en cours pour un allongement du délai légal pour avorter jusqu’à 18 semaines.

    La député socialiste Caroline Désir a demandé au Premier ministre s’il avait convoqué le nonce apostolique pour dénoncer les propos du chef de l’Église catholique, arguant que le pape avait «instrumentalisé sa visite pour déverser ses positions les plus rétrogrades et patriarcales au sujet des femmes».

    Outre les propos spécifiques à l’avortement, la visite du pape a aussi été marquée par sa rencontre à l’Université catholique de Louvain, où il a été vivement interpellé sur le rôle et la place de la femme dans l’Église et la société. Déçue par la réponse du pontife, l’UCLouvain a fait part dans un communiqué, diffusé immédiatement après la rencontre, de son «incompréhension et sa désapprobation» quant à la position «déterministe et réductrice» du pape.

    Dans sa réponse devant le Parlement, le premier ministre a expliqué avoir invité le nonce apostolique Mgr Franco Coppola. « Nous n’avons aucune leçon à recevoir sur la façon dont nos parlementaires votent démocratiquement des lois », a-t-il argué, assurant que «le temps où l’Église dictait la loi dans notre pays est, fort heureusement, loin derrière nous».

    Il a ensuite exigé du respect pour les médecins «qui font leur travail dans les limites d’un cadre légal» et pour les femmes «qui doivent pouvoir disposer librement de leur corps, là aussi sans immixtion de l’Église !».

    La colère de médecins et le malaise d’évêques belges 

    En Belgique, plusieurs médecins ont condamné les paroles du chef de l’Église catholique. Le recteur de l’université VUB et de l’hôpital universitaire UZ de Bruxelles les a jugées insultantes à l’égard du personnel médical et des citoyens belges. Jan Danckaert a aussi déploré qu’un chef d’État étranger s’arroge le droit d’attaquer une loi dans un autre pays. Il a appelé le gouvernement fédéral à demander des comptes à l’ambassadeur du pape en Belgique.

    Les paroles du pape sur l’avortement ont provoqué des réactions au delà du Plat Pays. En Italie par exemple, l’Ordre des Médecins de Turin a écrit aux ministres italiens de la Santé et des Affaires étrangères pour obtenir une réaction. L’expression qualifiant les médecins pratiquant des avortements de «tueurs à gage» est pour l’Ordre une «marque d’infamie sur la profession médicale».

    Au sein de l’épiscopat belge aussi, les propos du pape n’ont pas fait l’unanimité. Sur le site du diocèse de Namur, on peut lire ainsi la réaction de Mgr Warin au sujet du discours du pape sur la place des femmes et  sur l’avortement. «Il a suscité la polémique. Il faut accepter notre société comme elle est. Le témoignage chrétien doit être plus humble. Je me doute que le pape n’écrit pas tous ses discours mais il faut tenir compte du contexte du pays dans lequel on se trouve».

    «Les évêques n’ont jamais demandé la béatification du roi Baudouin », a pour sa part confié Mgr Guy Harpigny, évêque du diocèse de Tournai. Se disant en phase avec le fond du propos du pontife sur l’avortement, il a néanmoins considéré que «traiter ceux qui sont médecins, gynécologues, de ‘tueurs à gage’… C’est un peu fort».

    Il a en outre renvoyé les propos du pape à un niveau moral. « Il n’a pas à faire des remarques sur ce qui se passe en Belgique au niveau du Parlement. Ça, ce n’est pas pour lui ».

    Dimanche dernier, devant 40.000 fidèles, le chef de l’Église catholique a demandé expressément aux évêques de s’investir dans la cause de béatification de leur ancien monarque. « Nous allons obéir évidemment, nous sommes évêques », a indiqué Mgr Guy Harpigny. (cath.ch/imedia/hl/mp)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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