Pionnier du mouvement œcuménique, le pasteur zurichois Adolf Keller est commémoré le 27 février 2020 lors d'une célébration commune du Conseil de l’Eglise évangélique réformée de Suisse (EERS) et du Comité permanent sur le consensus et la collaboration du Conseil œcuménique des Eglises (COE). Adolf Keller est une personnalité fondatrice commune des deux organisations.
Un passionnant retour
vers les origines: l'EERS et le COE rendent hommage ensemble lors d’un colloque
au travail visionnaire du pasteur Adolf Keller (1872-1963). Il y a cent ans, ce
pionnier du mouvement œcuménique avait ouvert la voie aussi bien à la
Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS, aujourd'hui EERS) qu’au COE.
Le 27 février, l’EERS et
le COE organisent conjointement un séminaire à la chartreuse d’Ittingen (TG)
consacré à la personne et à l’œuvre d’un ancêtre commun exceptionnel: le
pasteur zurichois Adolf Keller. Après la Première Guerre mondiale, les Eglises
américaines souhaitèrent restaurer leurs relations avec les Eglises
européennes. Dans cette optique, elles invitèrent un représentant de la Suisse,
qui était considérée comme un pays neutre.
"Le plus célèbre œcuméniste de son temps"
La "Conférence des Eglises" d’alors
envoya aux Etats-Unis une personnalité habituée aux voyages et polyglotte, le
pasteur Adolf Keller. En 1919, ce dernier y fit la connaissance du "Federal
Council of Churches". A son retour, il évoqua l’idée de créer une
structure comparable pour les Eglises réformées en Suisse. C’est ainsi que la
Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) vit le jour en 1920.
Pendant 20 ans, le plus célèbre œcuméniste de son temps allait marquer de son
empreinte cette institution.
Adolf Keller soutint
également le travail du mouvement du Christianisme pratique (Life and Work),
qui représentait les débuts du mouvement œcuménique et donna naissance en 1948
au COE. D’autre part, il s’engagea en faveur de la création d’un centre de
formation œcuménique en Suisse.
A l'origine de l’Institut œcuménique de Bossey
Celui-ci prit la forme en
1946 de l’Institut œcuménique de Bossey. "Davantage de communion d’Eglises
en Suisse et davantage de communion d’Eglises dans le monde, telle était la
préoccupation première d’Adolf Keller. Cela nous inspire aujourd’hui encore",
relève Gottfried Locher, président de l’EERS.
De la FEPS à l'EERS
Cent ans après la
fondation de la FEPS, les Eglises réformées de Suisse se sont transformées en "Eglise
évangélique réformée de Suisse" (EERS), dans le but d’améliorer et intensifier
leur action commune dans la société et dans le monde du XXIe siècle. Le Synode
suisse représente aussi une importante avancée en faveur de la cohésion des Eglises
suisses.
Le Comité permanent sur
le consensus et la collaboration du COE travaille depuis 20 ans sur la délicate
question d’une "formation de l’opinion consciencieuse" au sein d’un
organe qui représente des Eglises et des contextes extrêmement divers. Il a
développé et étudié à cet effet de nombreuses méthodes de recherche de
consensus. L’EERS a invité ce Comité du COE à tenir sa réunion ordinaire cette
année en Suisse afin d’approfondir ensemble l’héritage commun et les tâches
futures, note l'EERS dans un communiqué publié le 26 février 2020.
(cath.ch/eers/be)