Le pape encourage le «Pacte éducatif africain»
L’Afrique «a tout ce qu’il faut pour être un continent capable de tracer des chemins d’avenir», a affirmé le pape François, le 1er juin 2023. Il s’exprimait devant les membres de la «Fondation Internationale Religions et Sociétés» venus lui présenter le «Pacte éducatif africain». Le pontife a enjoint à mettre en avant les valeurs traditionnelles de l’Afrique telles que «l’hospitalité, l’accueil, la solidarité».
Lors de cette audience, le pape s’est réjoui de cette initiative née dans la foulée d’un symposium international organisé en novembre 2022 à Kinshasa par la Fondation Internationale Religions et Sociétés. Fondation elle-même créée après un colloque belgo-rwandais qui a eu lieu à Butare en 2017. Le Pacte africain se veut une déclinaison du Pacte éducatif global lancé au Vatican en 2019, sous l’égide du dicastère pour la Culture et l’éducation. «Vous êtes les premiers à réaliser un Pacte éducatif continental», les a félicités le pontife.
Le «Pacte éducatif africain» se décline en 40 propositions d’action concernant quatre axes: l’organisation interne de l’Église, les écoles catholiques, le partenariat avec les États et les universités catholiques. Trois cardinaux africains sont impliqués dans ce projet: le cardinal Fridolin Ambongo Besungu, archevêque de Kinshasa (RDC), le cardinal Antoine Kambanda, archevêque de Kigali (Rwanda) – tous les deux présents à l’audience – et le cardinal Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui (République centrafricaine).
Les jeunes, la richesse de l’Afrique
Comme il le fait régulièrement, le pape François a illustré l’esprit du Pacte éducatif devant ses hôtes, en se référant à un fameux proverbe de la sagesse africaine: «Pour éduquer un enfant, il faut tout un village». Il a souligné que l’éducation était la responsabilité de tous et non seulement «du papa et de la maman». «Dans l’éducation il faut risquer davantage et le faire en chœur», a-t-il insisté.
Dans son discours, le Saint-Père a salué le dynamisme religieux de l’Afrique, «actuellement le continent qui voit le plus s’accroître le nombre de chrétiens et de catholiques». «Il y a la foi ici», a-t-il lancé, en s’inspirant de l’aphorisme africain «Je suis parce que nous sommes», pour ajouter «Je suis parce que nous sommes et nous croyons».
«Votre richesse ce sont eux, les jeunes», a assuré le pontife aux pasteurs du «plus jeune continent du monde». Et de confier avoir été «frappé du niveau d’intelligence de ces jeunes», lors d’une rencontre en ligne avec des universitaires africains. «Je vous exhorte à écouter la voix des jeunes et leurs idées, sans autoritarisme», a-t-il ajouté.
Des ressources naturelles et des cerveaux
Après «les politiques d’éducation de masse qui ont caractérisé les premières décennies du post-colonialisme, il est temps désormais de travailler avec les gouvernements locaux pour une meilleure qualification de l’éducation», a encore déclaré le pape, souhaitant une bonne formation des enseignants.
L’évêque de Rome a aussi exprimé sa confiance dans l’Afrique qui «a tout ce qu’il faut pour être un continent capable de tracer des chemins d’avenir». Non seulement de par ses «grandes ressources minérales», ses «progrès économiques et ses processus de paix», mais aussi par ses valeurs traditionnelles telles que «l’hospitalité, l’accueil, la solidarité».
Mentionnant de grandes figures d’hommes d’État comme le Sud-africain Nelson Mandela (1918-2013) et le Tanzanien Julius Nyerere (1922-1999), le pape François a conclu avec les mots de Pline l’Ancien: «Ex Africa semper aliquid novi», «De l’Afrique surgit toujours quelque chose de nouveau». (cath.ch/imedia/ak/rz)