Le pape François a dénoncé l'“intrusion” des magistrats dans des domaines qui ne leur appartiennent pas, notamment, en ce qui concerne les prétendus “nouveaux droits”, notamment celui de mourir. Le pontife s'exprimait, le 29 novembre 2019, devant les membres du centre d'étude Rosario Livanito, du nom d'un juge anti-mafia italien assassiné en 1990.
En Italie ou dans d'autres démocraties, les juges semblent parfois plus préoccupés de prononcer
des sentences pour “assouvir des désirs toujours nouveaux” et parfois “sans
limites objectives", a relevé le pape. Rosario Livatino avait au contraire
défendu le “don divin” que représente la vie, qu'aucun droit positif ne devrait
être en mesure de “violer ou de contredire”. L'actualité de ce magistrat reste ainsi
entière, a-t-il e indiqué.
Inconnu du grand public, Rosario Livatino a été
assassiné en Sicile par la mafia en 1990. Travaillant dans un tribunal de
banlieue, ce magistrat “irréprochable”, selon le pontife argentin, était alors
âgé de 38 ans. Cet homme qui a vécu avec “cohérence” sa vie de foi, a salué le
pontife argentin, et son engagement professionnel peut être considéré comme un exemple
par tous ceux qui travaillent dans le domaine juridique.
Par ses convictions religieuses, celui que le pape
Jean Paul II avait défini comme un "martyr de la justice et indirectement
de la foi" a laissé un exemple lumineux de la manière dont la foi peut
être pleinement exprimée dans le service à la communauté civile et à ses lois. Il
a montré aussi comment l’obéissance à l’Eglise peut être combinée à
l’obéissance à l’Etat, en particulier dans e service de l’application et du
respect de la loi.
Le centre d'études Rosario Livatino a été créé en
2015, 25 ans après l'assassinat du juge sicilien. Il est composé de juristes –
magistrats, avocats, professeurs d'université, notaires – désireux de prendre
exemple sur le magistrat d'Agrigente, dont le processus de béatification est en
cours. (cath.ch/imedia/pad/mp)