L’appauvrissement de la population augmente à un rythme effréné au Liban, selon des participants au sommet chrétien tenu le 28 janvier 2020 au siège du patriarcat maronite à Bkerké. A cette occasion, les chefs des Eglises chrétiennes au Pays du Cèdre ont demandé de donner sa chance au nouveau gouvernement du Premier ministre Hassan Diab.
Les
ecclésiastiques appellent l’ensemble du monde politique à entreprendre avec
décision la voie des réformes structurelles nécessaires à faire sortir le pays
de la crise économique qui le suffoque actuellement.
Ils
ont, par la même occasion, exhorté la
classe politique à accompagner d’un esprit positif l’action du cabinet dans la
lutte contre la corruption et le recouvrement des fonds publics pillés. Les
chefs des Eglises ont également appelé les contestataires, qui manifestent contre
la corruption et l'inaction du pouvoir partout dans le pays depuis octobre
dernier, à évaluer avec objectivité l'action du nouveau gouvernement "composé
de technocrates".
Bientôt la moitié de la population sous le seuil de pauvreté
Au Liban, la pauvreté a augmenté de 60% ces cinq
dernières années. Un Libanais sur trois aujourd’hui a de la peine à joindre les
deux bouts, en particulier les personnes âgées. 50% de la population risque de
se retrouver vivant sous le seuil de pauvreté en 2020, d'après une étude de la
Banque Mondiale.
Selon le "média citoyen" Libnanews du 28 janvier 2020, le nouveau
ministre des Finances Ghazi Wazni, a rencontré la semaine dernière des
délégations de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International (FMI) et
serait à la recherche d’un prêt à taux réduit de 4 à 5 milliards de dollars,
afin de financer l’achat de produits de première nécessité au Liban. Un nombre
de plus en plus élevé de personnes nécessiteuses viennent demander de l’aide dans
les paroisses, qui n’ont pas toujours les moyens de répondre aux sollicitations,
note le 29 janvier 2020 le quotidien francophone L'Orient-Le Jour.
De plus en plus de sans-logis
Dans les supermarchés, les prix prennent l'ascenseur, tandis que l’accès à la santé est de plus en plus difficile pour ceux qui n'ont pas d'argent. Le nombre des sans-logis s’accroît de manière effrayante, les gens ne parvenant plus à payer leurs loyers, un phénomène perçu notamment dans les zones les plus pauvres de Tripoli, la deuxième ville du Liban, à quelque 85 kilomètres au nord de Beyrouth.
Au cours du sommet organisé à Bkerké à l’invitation
du patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, les patriarches et chefs des Eglises
chrétiennes orientales ont mis l’accent
sur la nécessité de remédier à la crise financière et socio-économique. Les patriarches
grec-catholique, syriaque-catholique, syriaque-orthodoxe, arménien-catholique, ainsi
que le catholicos arménien et divers évêques, ont pris part aux délibérations.
Appui aux manifestations pacifiques
Dans un communiqué lu à l’issue du sommet par le
vicaire patriarcal, Mgr Antoine Aucar, les chefs des Eglises ont dit espérer
que le nouveau cabinet parvienne à gagner la confiance des Libanais et plus
particulièrement celle des jeunes, ainsi que la confiance de la communauté
internationale et des pays donateurs.
Les responsables religieux ont également exprimé
leur appui aux manifestants pacifiques qui réclament les réformes, mais ils ont
clairement condamné le chaos dans les rues et sur les places, notamment à
Beyrouth, "qui risque de détourner le mouvement de ses nobles objectifs".
Défendant le droit légitime de manifester, ils ont par contre fustigé ceux qui attisent la violence et commettent
des actions "barbares", considérant que "l’effusion de sang et le
saccage des biens publics et privés ne représentent pas le bon chemin vers le
salut national". (cath.ch/fides/orj/ani/be)