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    Réunion des patriarches et évêques catholiques du Liban en séance extraordinaire à Bkerké le 8 juin © nna-leb.gov.lb

    Le Liban en crise s'appauvrit dangereusement, dénoncent les Eglises

    L’appauvrissement de la population augmente à un rythme effréné au Liban, selon des participants au sommet chrétien tenu le 28 janvier 2020 au siège du patriarcat maronite à Bkerké. A cette occasion, les chefs des Eglises chrétiennes au Pays du Cèdre ont demandé de donner sa chance au nouveau gouvernement du Premier ministre Hassan Diab.

    Les

    ecclésiastiques appellent l’ensemble du monde politique à entreprendre avec

    décision la voie des réformes structurelles nécessaires à faire sortir le pays

    de la crise économique qui le suffoque actuellement.

    Ils

    ont, par la même occasion, exhorté la

    classe politique à accompagner d’un esprit positif l’action du cabinet dans la

    lutte contre la corruption et le recouvrement des fonds publics pillés. Les

    chefs des Eglises ont également appelé les contestataires, qui manifestent contre

    la corruption et l'inaction du pouvoir partout dans le pays depuis octobre

    dernier, à évaluer avec objectivité l'action du nouveau gouvernement "composé

    de technocrates".

    Bientôt la moitié de la population sous le seuil de pauvreté

    Au Liban, la pauvreté a augmenté de 60% ces cinq

    dernières années. Un Libanais sur trois aujourd’hui a de la peine à joindre les

    deux bouts, en particulier les personnes âgées. 50% de la population risque de

    se retrouver vivant sous le seuil de pauvreté en 2020, d'après une étude de la

    Banque Mondiale.

    Selon le "média citoyen" Libnanews du 28 janvier 2020, le nouveau

    ministre des Finances Ghazi Wazni, a rencontré la semaine dernière des

    délégations de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International (FMI) et

    serait à la recherche d’un prêt à taux réduit de 4 à 5 milliards de dollars,

    afin de financer l’achat de produits de première nécessité au Liban. Un nombre

    de plus en plus élevé de personnes nécessiteuses viennent demander de l’aide dans

    les paroisses, qui n’ont pas toujours les moyens de répondre aux sollicitations,

    note le 29 janvier 2020 le quotidien francophone L'Orient-Le Jour.

    De plus en plus de sans-logis

    Dans les supermarchés, les prix prennent l'ascenseur, tandis que l’accès à la santé est de plus en plus difficile pour ceux qui n'ont pas d'argent. Le nombre des sans-logis s’accroît de manière effrayante, les gens ne parvenant plus à payer leurs loyers, un phénomène perçu notamment dans les zones les plus pauvres de Tripoli, la deuxième ville du Liban, à quelque 85 kilomètres au nord de Beyrouth.

    Le catholicos Aram 1er, chef de l'Eglise apostolique arménienne de Cilicie,
    Le catholicos Aram 1er, chef de l'Eglise apostolique arménienne de Cilicie, @ Jacques Berset

    Au cours du sommet organisé à Bkerké à l’invitation

    du patriarche maronite, Mgr Béchara Raï, les patriarches et chefs des Eglises

    chrétiennes orientales ont  mis l’accent

    sur la nécessité de remédier à la crise financière et socio-économique. Les patriarches

    grec-catholique, syriaque-catholique, syriaque-orthodoxe, arménien-catholique, ainsi

    que le catholicos arménien et divers évêques, ont pris part aux délibérations.

    Appui aux manifestations pacifiques

    Dans un communiqué lu à l’issue du sommet par le

    vicaire patriarcal, Mgr Antoine Aucar, les chefs des Eglises ont dit espérer

    que le nouveau cabinet parvienne à gagner la confiance des Libanais et plus

    particulièrement celle des jeunes, ainsi que la confiance de la communauté

    internationale et des pays donateurs.

    Les responsables religieux ont également exprimé

    leur appui aux manifestants pacifiques qui réclament les réformes, mais ils ont

    clairement condamné le chaos dans les rues et sur les places, notamment à

    Beyrouth, "qui risque de détourner le mouvement de ses nobles objectifs".

    Défendant le droit légitime de manifester, ils ont par contre fustigé ceux qui attisent la violence et commettent

    des actions "barbares", considérant que "l’effusion de sang et le

    saccage des biens publics et privés ne représentent pas le bon chemin vers le

    salut national". (cath.ch/fides/orj/ani/be)

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