Pour le cardinal Burke, le synode
Vatican

Le cardinal Burke passe le Synode sur l'avenir de l'Église au vitriol

Dans la préface d’un livre, le cardinal américain Raymond Leo Burke passe au vitriol le Synode sur l’avenir de l’Église lancé par le pape François en 2021. Alors que Rome s’apprête à accueillir la première session universelle de cet événement en octobre prochain, le cardinal estime que l’adjectif «synodal» est un «slogan» dissimulant «une révolution […] pour changer radicalement la compréhension que l’Église a d’elle-même».  

Le cardinal Burke, connu pour être le représentant du versant traditionaliste de l’Église catholique au sein du Collège des cardinaux, ne mâche pas ses mots dans la préface de l’ouvrage intitulé Le processus synodal: une boîte de Pandore – 100 Questions & 100 Réponses. Pour lui, l’idéologie à l’œuvre derrière le Synode «est déjà, depuis quelques années, mise en pratique dans l’Église en Allemagne, répandant largement la confusion et l’erreur, et leur fruit, la division – voire le schisme». Il dit craindre «que la même confusion, la même erreur et la même division ne s’abattent sur l’Église universelle».  

Signé de Julio Loredo, président de l’association italienne «Tradizione Famiglia Prioprieta», et José Antonio Ureta, président de l’organisation française «Avenir de la culture», et diffusé en huit langues, le livre de 130 pages offre une critique en règle du processus synodal, qui cache, selon les auteurs, un projet de réforme de l’Église qui la mènerait à sa «destruction».

L’ouvrage est publié en français par la Société française pour la défense de la Tradition Famille et Propriété (TFP). L’organisation, émanant du Brésil, a fait l’objet d’une prise de distance de la part de l’Église catholique en France notamment. Le nom de l’association figure par ailleurs dans le rapport d’une commission d’enquête sur les sectes menée par l’Assemblée nationale en 1995.

Ancien préfet du Tribunal de la Signature apostolique, le cardinal Raymond Burke a été nommé patron de l’Ordre de Malte en 2014, mais il a été mis sur la touche en 2017 après sa gestion d’une crise qui avait traversé l’ordre hospitalier. Le 19 juin dernier, le pape François l’a remplacé par le cardinal Gianfranco Ghirlanda, pourtant âgé de 80 ans.

Il est l’une des voix les plus ouvertement critiques du pontificat de François, duquel il a pris ses distances lors des synodes sur la Famille (2014 et 2015), puis lors du Synode sur l’Amazonie (2019). En 2019, il dénonçait un «agenda homosexuel» à l’œuvre derrière le fléau des abus, et il disait craindre que le pape ne soit en train de diriger l’Église vers un «schisme». (cath.ch/imedia/ak/bh)

Pour le cardinal Burke, le synode
23 août 2023 | 10:24
par I.MEDIA
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