Avec le suicide assisté, se diffuse une ”culture de mort”, a estimé le cardinal Giovanni Angelo Becciu, préfet de la Congrégation pour les causes des saints, rapporte le quotidien italien La Repubblica le 26 septembre 2019. Le haut prélat s’est exprimé alors que la Cour constitutionnelle italienne a jugé licite le suicide assisté sous certaines conditions.
Désormais, le suicide assisté n’est plus punissable à partir
du moment où est respecté le ”consentement éclairé” de la personne, a statué le
25 septembre la Cour constitutionnelle italienne. Cette aide concernera
seulement certains patients ”maintenus en vie par des traitements vitaux et
atteints d'une pathologie irréversible (...), mais pleinement en mesure de
prendre des décisions libres et conscientes”, précise-t-elle. Doit suivre une
modification de la législation par le Parlement.
Objection de conscience "licite"
Avec le suicide assisté, ”on court le risque de disséminer
la culture de mort” alors que l’homme est davantage appelé à ”défendre jusqu’au
bout” une culture de vie, a confié le cardinal Becciu à La Repubblica. En ce sens, a encore estimé le haut prélat,
l’objection de conscience pour les chrétiens est ”licite”.
Le préfet de dicastère s'est ainsi rangé à l'avis de la
Conférence épiscopale italienne. ”Doit être rejetée la tentation d'utiliser la
médecine (...) pour soutenir une possible volonté de mort du malade, en lui
fournissant l'assistance au suicide ou en causant directement sa mort avec
l'euthanasie”, ont fait savoir quant à eux les évêques italiens dans un communiqué
final du conseil permanent publié le 26 septembre. Les prélats italiens étaient
réunis à Rome du 23 au 25 septembre afin de réfléchir à l'engagement de
l'Eglise face à la souffrance.
Le 20 septembre dernier, le pape avait quant à lui appelé
les médecins italiens à adopter un code de valeurs afin de “donner sens“ à la
maladie. En premier lieu, la tentation – induite par des lois – “d'utiliser la
médecine pour soutenir une éventuelle volonté de mourir du patient peut et doit
être rejetée“, avait-il ajouté. Les médecins, avait-il encore insisté, doivent
s'interdire de fournir au malade toute aide au suicide ou de causer directement
sa mort par euthanasie.
Victoire de la désobéissance civile
Jusqu’à présent, le code pénal italien interdisait
formellement l’aide au suicide, prévoyant des peines comprises entre 5 et 12
ans de prison. Les juges constitutionnels ont été saisis suite au cas Marco
Cappato, un homme politique italien connu pour avoir conduit un célèbre DJ
italien en Suisse en 2017 pour l'aider à se suicider. Tétraplégique depuis un accident
de la route, DJ Fabo militait pour le droit de mourir. Sur Facebook, Marco
Cappato s'est réjoui de la ”victoire de la désobéissance civile”. (cath.ch/imedia/cg/rz)