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    Simon Peng Keller, de l'Université de Zurich et l'abbé François Xavier Amherdt, de l'Université de Fribourg, ont ouvert quelques pistes pour la pastorale des malades © Maurice Page

    La pastorale des malades face aux nouveaux défis

    Dès les origines, le soin de malades a été un élément essentiel de la mission de l'Eglise. Aujourd'hui, cette vocation est un nouveau défi. Quelque 120 personnes, venues de toute la Suisse, se sont retrouvées pour en débattre le 9 novembre 2019, à l'Université de Fribourg.

    L'injonction de Jésus: "J'étais malade et vous m'avez

    visité" servait de titre à cette journée d'étude organisée par la

    Commission pastorale de la Conférence des évêques suisses (CES) et la Faculté de

    théologie de l'Université de Fribourg.

    La pastorale auprès des personnes malades est l'un des plus

    anciens ministères de l'Eglise. Mais aujourd'hui l'évolution de la médecine et

    des soins change constamment les conditions de l'accompagnement des malades et

    des mourants, a d'emblée remarqué l'abbé François-Xavier Amherdt. Pour le

    professeur de théologie pastorale, cette mission ne concerne pas seulement les aumôniers

    spécialisés dans la santé mais tous les membres des communautés chrétiennes. Il

    s'agit de donc de trouver le moyen de créer ou de rétablir des réseaux entre

    professionnels et bénévoles et entre la pastorale spécialisée et celle des

    paroisses.

    L'Eglise comme hôpital de campagne

    Reprenant l'image du pape François sur l'Eglise comme un

    hôpital de campagne, le professeur Amherdt invite à penser la pastorale des

    malades comme un 'lieu théologique' de la rencontre, de l'écoute et de

    l'espérance vécue dans la prière. "Si le Christ s'identifie au malade, en

    rencontrant les malades, nous rencontrons le Christ". Cette démarche doit

    se faire dans une approche globale de la personne qui relie le corps, le cœur,

    l'âme et l'esprit.

    Célébration de l'onction des malades.
    Célébration de l'onction des malades. @ B. Hallet

    Il s'agit aussi de valoriser le rôle et la place des malades

    et des personnes âgées. De reconnaître leur apport à la communauté. Ou encore

    une fois pour reprendre le pape François de ramener les périphéries vers le

    centre. Il s'agit de même de redévelopper les liens entre les générations.

    De tout temps, l'Eglise s'est préoccupée des malades à

    travers des confréries, des fraternités et des congrégations religieuses à

    travers d'innombrables figures de saintes et de saints. Aujourd'hui encore elle

    reste le principal acteur du domaine de la santé dans le monde.

    Collaborer avec les instances sociales

    Cette pastorale des malades doit se faire en collaboration

    avec les instances sociales. L'Eglise peut ainsi contribuer de diverses

    manières au maintien des personnes malades et âgées et malades à domicile, par

    exemple par des visites régulières, par le soutien aux proches aidants, par

    divers services de la vie quotidienne, et enfin par des échanges et un partage

    de la foi lorsque le moment est favorable. Il faut pour cela créer des groupes

    de visiteurs et accompagnateurs à qui on apportera une formation soignée et un

    suivi.

    La mission de salut

    Simon Peng Keller, professeur de 'spiritual care' à l'Université

    de Zurich, a rappelé la mission de salut de l'Eglise. Dans les évangiles, Jésus

    guérit de nombreux malades. Leur guérison n'est pas seulement physique, mais

    touche l'entier de leur être. Et Jésus les réintègre dans la communauté. La

    guérison et la proclamation du salut sont ainsi intimement liées. L'Eglise ne

    doit pas céder sa responsabilité à d'autres, elle ne peut pas se retirer de ce

    domaine.

    Pour le professeur zurichois, la pastorale des malades se

    trouve aujourd'hui face à des choix. Elle doit d'un côté professionnaliser ses

    services d'aumônerie tout en mettant en valeur l'engagement des bénévoles. Il

    faut donc réfléchir aux meilleurs moyens de mettre en réseau les diverses

    options. Le soin des malades ne doit pas être un travail solitaire.

    Le malade au centre de la communauté

    Un autre défi consiste aussi à mieux intégrer la pastorale

    des malades dans la liturgie de l'Eglise. Même si l'Eglise a des rituels pour

    les malades, la plupart des ses prières s'adressent aux bien-portants. Les

    malades ne devraient pas seulement constituer un 'groupe-cible' mais être

    considérés comme une partie intégrante de la communauté.

    "Ne pensez jamais que vous êtes un fardeau", dit le pape aux malades" @ Fickr/Ali-Eminov/ CC BY-NC 2.0

    Ces deux impulsions de départ ont été développées dans

    divers ateliers au cours de la journée. Face aux nouveaux défis, les questions restent

    nombreuses et difficiles. Comment adapter les réponses et les pratiques de

    l'Eglise notamment face aux changements d'attitude face à la maladie et à la

    mort?  Comment répondre à l'évolution

    démographique et au manque de personnel soignant ? Comment l'Eglise peut-elle

    trouver sa place dans une société toujours plus sécularisée? L'offre de

    l'Eglise est-elle encore crédible? Ou trouver les ressources pour lancer de

    nouveaux projets? Le débat est loin d'être clos. (cath.ch/mp)

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