Un accord sur une date commune de Pâques est encore improbable | © Mazur/catholicnews.org.uk
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La Commission théologique internationale (CTI) pour une date commune de Pâques

La Commission théologique internationale (CTI) a publié le 3 avril 2025 un document consacré au Concile de Nicée, en cette année qui célèbre son 1700e anniversaire. Ils rappellent par ailleurs l’importance pour l’Église de retrouver une date commune pour la célébration de Pâques.

«La foi de Nicée, dans sa beauté et sa grandeur, est la foi commune à tous les chrétiens», peut-on lire dans ce document intitulé Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur 1700e anniversaire du concile œcuménique de Nicée 325-2025. Les 124 paragraphes de réflexion autour de ce «concile idéal» ont été rédigés par une sous-commission de la CTI présidée par le prêtre français Philippe Vallin et composée de deux évêques, de trois prêtres ainsi que de deux théologiennes. Il a été approuvé par le pape François à la fin de l’année dernière.

Le Concile de Nicée a été convoqué en 325 par l’empereur Constantin pour résoudre diverses questions dont celle portant sur l’identité de Jésus. Il a rassemblé à Nicée – dans l’actuelle Turquie – et pour la première fois des évêques de tout «l’Oikoumenē», c’est-à-dire, de toute la terre habitée. C’est en cela qu’il est dit «œcuménique».

Réaffirmation des trois Personnes divines

Comme le rappelle le document de la CTI, ce concile a légué au christianisme le «Symbole» de Nicée. Ce «Credo», qui sera affiné cinquante ans plus tard avec le Concile de Constantinople, réaffirme l’unicité de Dieu et la présence de trois Personnes divines: Dieu Père tout-puissant, Jésus Christ, le Fils de Dieu, l’unique engendré, et l’Esprit Saint […] qui avec le Père et le Fils est coadoré et coglorifié.

Pour les auteurs du document, «le symbole de Nicée est l’expression, la mise en mots, d’un accès inouï, assuré et pleinement salvifique de Dieu, offert par l’événement Jésus-Christ». Nicée est aussi un «événement ecclésial», expliquent les auteurs du texte qui y voient une étape «fondamentale dans le processus de structuration de l’Église».

L’espérance d’une date de Pâques commune

Le document consacre deux pages à la question de la date de Pâques. Ses auteurs rappellent qu’une des visées de Nicée fut justement d’établir une date commune pour Pâques.

Les 318 pères de ce concile avaient souhaité faire coïncider la célébration de la résurrection du Christ avec le retour du printemps, le premier dimanche suivant la pleine lune après l’équinoxe de printemps. En 1582, pour corriger le décalage progressif du calendrier julien par rapport aux saisons, Grégoire XIII proposa une réforme qui fut appliquée en Occident et marqua une rupture supplémentaire avec l’orthodoxie.

Pour la CTI, «la divergence des chrétiens à propos de la fête la plus importante de leur calendrier crée des dommages pastoraux à l’intérieur des communautés, jusqu’à diviser des familles, et suscite le scandale auprès des non-chrétiens».

«Malheureusement aucune date commune ne fait jusqu’à nos jours l’objet d’un accord unanime», poursuivent les auteurs du document. Ils rapportent que le pape François, le patriarche de Constantinople et d’autres chefs d’Églises «ont de nombreuses fois» appelé à cette unification.

En 2025, par coïncidence des calendriers julien et grégorien, les chrétiens célébreront la fête de Pâques le même jour, à savoir le 20 avril. «Ne serait-ce pas une occasion providentielle à saisir pour continuer»?, s’interroge la commission. Elle rappelle qu’il y a 60 ans, le concile Vatican II assurait déjà ne pas s’opposer à l’introduction d’un nouveau calendrier.

Un accord peu probable

En janvier 2025, le pape François a rappelé que «l’Église catholique est disposée à accepter la date [de Pâques, ndlr] que tous voudront faire, la date de l’unité».

Malgré des déclarations de principe favorables de plusieurs responsables chrétiens, dont le patriarche copte orthodoxe d’Alexandrie Tawadros II, il apparaît encore peu probable que les Églises s’entendent prochainement sur une date commune.

Certains observateurs avisés doutent que les orthodoxes se rallient massivement au calendrier grégorien. Ils n’imaginent pas non plus que Rome puisse revenir au calendrier julien, jugé notamment trop imprécis. La possibilité de retenir une troisième voie reste délicate dans la mesure où le monde orthodoxe apparaît aujourd’hui extrêmement divisé. (cath.ch/imedia/hl/rz)

Un accord sur une date commune de Pâques est encore improbable | © Mazur/catholicnews.org.uk
3 avril 2025 | 17:59
par I.MEDIA
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