La Fédération suisse des communautés israélites (FSCI) et la Plateforme des Juifs Libéraux de Suisse (PJLS) se prononcent toutes deux pour l’extension de la norme pénale contre le racisme soumise au vote le 9 février 2020.
Dans un communiqué publié
le 22 janvier 2020 à Zurich, la FSCI et la PJLS rappellent que le peuple suisse
votera sur l’extension de la norme pénale contre le racisme, dont il avait été
décidé par le Conseil national et le Conseil des Etats qu’elle devait également
protéger contre les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle. Une
décision contre laquelle l’Union démocratique fédérale (UDF) a lancé le
référendum, rejointe par les délégués de l’Union démocratique du centre (UDC) et des chrétiens de droite.
En décembre 2018, les
deux chambres du Parlement fédéral avaient adopté l'initiative parlementaire
déposée par le conseiller national Mathias Reynard (PS) préconisant une
extension de la norme pénale contre le racisme (art. 261bis CP). Ce dernier
demandait que celle-ci soit complétée de caractéristiques relevant de
l’orientation sexuelle, notent la FSCI et la PJLS.
Une mesure de protection contre la discrimination
Adopté par le peuple,
entrée en vigueur en 1995, la norme pénale contre le racisme offre une
protection efficace contre la discrimination. Elle protège toute personne
discriminée, menacée ou abaissée d’une façon qui porte atteinte à la dignité
humaine en raison de sa race, de son appartenance ethnique ou de sa religion,
relèvent les organisent juives suisses.
L’article 261bis CP
interdit les manifestations spécifiques et particulièrement graves de ce type
d’exclusion ayant lieu dans l’espace public. "La norme pénale protège
aussi, en particulier, les membres de la communauté juive contre les
débordements et les actes publics de dénigrement".
Herbert Winter, le
président de la FSCI, est formel: "L’article 261bis a fait ses preuves.
N’ayant pas uniquement pour effet de sanctionner les formes de discrimination
les plus répugnantes, il joue également un rôle de prévention et de dissuasion,
contribuant ainsi aux efforts de prévention et de sensibilisation dirigés
contre les phénomènes de haine, d’exclusion et de diffamation".
Extension à l’orientation sexuelle
L’extension de la norme
pénale contre le racisme prévoit d’englober désormais également les discriminations
fondées sur l’orientation sexuelle. "Pour en avoir fait l’expérience, les
juifs et les juives savent combien il est important d’être protégés de la haine
et de la discrimination et, par voie de conséquence, de prendre clairement
parti pour les groupes de la société qui sont exposés à ces phénomènes".
L’exclusion n’est pas, en
effet, qu’une affaire de couleur de peau, de religion ou d’ethnie. "Nous
nous élevons contre toute forme de discrimination visant des personnes que leur
appartenance à certains groupes de la société expose à la haine et à
l’exclusion", souligne encore Herbert Winter. "Si les deux
organisations faîtières des juifs suisses soutiennent l’extension de l’article
261bis CP, c’est bien parce qu’elle renforce la dignité humaine et fait barrage
à la discrimination". (cath.ch/be)